Le Tribunal de commerce de Saint-Étienne, par un jugement du 7 janvier 2026, a ouvert une procédure de redressement judiciaire à l’encontre d’une société exploitant un restaurant. L’URSSAF Rhône-Alpes, créancière d’une somme de 68 831,79 euros, avait assigné le débiteur défaillant. La question de droit portait sur la réunion des conditions légales de la cessation des paiements. La juridiction a prononcé le redressement judiciaire en application de l’article L.631-1 du code de commerce.
I. L’état de cessation des paiements caractérisé par l’insuffisance d’actif disponible
Le tribunal a constaté que le débiteur était dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible. La décision retient que « la SAS [W] NAPOLI se trouve dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible » (Discussion). Cette appréciation souveraine des juges du fond vérifie la situation financière réelle de l’entreprise. La valeur de ce constat réside dans son caractère objectif et non contesté par le dirigeant absent.
Le jugement fixe provisoirement la date de cessation des paiements au jour même du prononcé. Cette fixation au 7 janvier 2026 permet de délimiter la période suspecte antérieure à l’ouverture. La portée de cette mesure est d’éviter tout acte frauduleux accompli après cette date. Elle garantit l’égalité entre les créanciers dans le cadre de la procédure collective.
II. La mise en place d’une procédure allégée et d’une période d’observation
Le tribunal a désigné un mandataire judiciaire sans nommer d’administrateur, compte tenu de la taille de l’entreprise. La décision écarte l’administrateur judiciaire en raison du montant du chiffre d’affaires et du nombre de salariés. Cette solution simplifiée est conforme aux articles L.621-4 et R.621-11 du code de commerce. La valeur de ce choix est de réduire les coûts et les contraintes pour une petite structure.
Une période d’observation de deux mois est ouverte pour établir un bilan économique et social. L’échéance est fixée au 4 mars 2026 afin d’examiner les capacités de financement et l’opportunité d’une poursuite. La portée de ce délai est de laisser au débiteur une chance de présenter un plan de redressement. En cas d’échec, la liquidation judiciaire pourra être prononcée à cette audience de renvoi.