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Tribunal de commerce de Saint-Brieuc, le 17 décembre 2025, n°2025003296

Le Tribunal des activités économiques de Saint-Brieuc, par un jugement du 17 décembre 2025, s’est prononcé sur le sort d’une procédure de redressement judiciaire. Une société holding, déclarée en redressement judiciaire le 18 septembre 2024, avait fait l’objet d’une fusion absorption par une autre société le 14 novembre 2025. Le mandataire judiciaire sollicitait la clôture de la procédure après transfert du passif à la société absorbante. Le tribunal a choisi d’autoriser la poursuite d’activité jusqu’au terme de la période d’observation et de renvoyer l’affaire à une audience ultérieure. La question centrale était de savoir si la fusion absorption imposait la clôture immédiate de la procédure collective de la société absorbée.

La décision de maintenir la procédure ouverte malgré la fusion absorption constitue le cœur de la solution. Le tribunal estime qu’il a besoin de temps supplémentaire afin de voir l’issue de la procédure de la société absorbante. Cette position privilégie une approche prudente et globale de la situation financière du groupe.

La valeur de cette solution réside dans son refus de considérer la fusion comme un automatisme extinctif de la procédure collective. Le tribunal exerce son pouvoir souverain d’appréciation pour garantir la protection des intérêts des créanciers. Il ne se dessaisit pas tant que le sort de la société absorbante n’est pas connu.

La portée de ce jugement est notable car elle illustre la persistance de l’intérêt collectif des créanciers au-delà de l’opération de fusion. Le tribunal affirme que la disparition juridique de la société débitrice n’éteint pas nécessairement la procédure collective ouverte à son encontre.

Le tribunal fonde sa décision sur les avis concordants du juge commissaire et du ministère public. Ces avis, tous deux favorables à la poursuite d’activité, confortent la volonté de ne pas clore prématurément la procédure. La décision est ainsi collégiale et conforme aux intérêts de la procédure.

La valeur de ces avis est déterminante pour la légitimité de la décision. Le tribunal s’appuie sur l’expertise du juge commissaire et sur l’avis du parquet pour justifier un maintien provisoire. Cette méthode renforce la sécurité juridique de la solution adoptée.

La portée de cette consultation obligatoire est rappelée : le tribunal ne peut statuer sans ces éléments essentiels. Le jugement démontre que le respect du contradictoire et des avis requis conditionne la régularité de la décision.

Le tribunal renvoie l’affaire à une audience fixée au 4 mars 2026 pour examiner le sort de la société absorbante. Cette mesure de renvoi permet de différer la clôture définitive de la procédure initiale. L’objectif est de connaître l’évolution de la situation de la société AN-C avant toute décision irréversible.

La valeur de ce renvoi est de permettre une appréciation éclairée de l’issue de la procédure collective de la société absorbante. Le tribunal évite ainsi une clôture hâtive qui pourrait nuire aux créanciers. La solution est pragmatique et respectueuse du principe de continuité des procédures.

La portée de ce jugement est d’affirmer que la fusion absorption n’emporte pas automatiquement la clôture de la procédure de la société absorbée. Le tribunal des activités économiques se réserve le droit de suivre l’évolution de la nouvelle entité. Cette décision préserve l’efficacité de la procédure collective et la protection des créanciers.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».