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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
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Tribunal de commerce de Pontoise, le 18 décembre 2025, n°2025F01197

Le tribunal de commerce de Pontoise, dans un jugement réputé contradictoire du 18 décembre 2025, était saisi par une caisse de congés intempéries du BTP d’une action en paiement de cotisations impayées contre une société adhérente défaillante. La demanderesse justifiait de l’adhésion de la défenderesse et de l’absence de déclarations et de versements pour la période de juillet 2024 à mars 2025. La question de droit portait sur la recevabilité et le bien-fondé de la demande en l’absence de comparution du débiteur. Le tribunal a fait droit à la demande en condamnant la société au paiement des sommes dues.

La force probante des pièces justificatives produites par la demanderesse.
Le tribunal a estimé que les éléments fournis par la caisse étaient suffisants pour établir sa créance. Il relève que « l’Association Congés Intempéries BTP fournit d’une part, le règlement intérieur auquel le défendeur est tenu de se conformer aux termes de son adhésion et d’autre part, les pièces justificatives à l’appui de sa demande de paiement des cotisations » (Sur la demande principale). En l’absence de contestation, ces documents non démentis emportent la conviction du juge.

La valeur de cette décision réside dans l’application du principe selon lequel le défaut de comparution ne dispense pas le demandeur de prouver le bien-fondé de sa prétention. La portée est ici de rappeler que la production du règlement intérieur et de l’état de créance certifié conforme constitue un faisceau de preuves suffisant pour fonder une condamnation. Le jugement confirme ainsi l’efficacité probatoire des documents émanant d’une caisse professionnelle face à un adhérent silencieux.

L’étendue de la condamnation incluant des provisions sur cotisations futures.
Le tribunal a prononcé une condamnation au titre des arriérés et a ordonné le paiement de provisions mensuelles pour les trois mois suivants. Il condamne la société à verser « la somme provisionnelle et mensuelle de 500 euros, à compter du 1er avril 2025 et pour une durée de trois mois, au titre des cotisations mensuelles à valoir » (Par ces motifs). Cette mesure anticipe le renouvellement de l’obligation contractuelle de déclaration et de paiement.

La valeur de cette disposition est d’assurer l’effectivité de la décision en évitant une nouvelle procédure pour des échéances immédiatement postérieures. Sa portée est importante car elle instaure une obligation de payer par anticipation, fondée sur la persistance du lien contractuel et l’inexécution antérieure. Le tribunal innove en quelque sorte en accordant une exécution provisoire non seulement sur le passé mais aussi sur un futur proche et certain.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».