Cabinet Kohen Avocats · Paris

Maître Reda KOHEN intervient en droit immobilier, droit des sociétés et droit des affaires à Paris. Première analyse offerte, réponse personnelle sous 24 heures.

100 % confidentiel · Secret professionnel · Sans engagement

Barreau de Paris Immobilier, sociétés, affaires Fiche CNB avocat.fr
Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Tribunal de commerce de Lille-Métropole, le 5 janvier 2026, n°2025018668

Le tribunal de commerce de Lille-Métropole, dans un jugement réputé contradictoire du 5 janvier 2026, a prononcé la liquidation judiciaire d’une société de montage de mobilier. La procédure a été initiée par l’URSSAF, créancière d’une somme de 2 678,78 euros pour des cotisations impayées depuis mai 2023. Le juge enquêteur et l’expert désignés ont constaté l’absence de coopération du dirigeant et un passif exigible de 89 099,74 euros. La question de droit portait sur l’existence de l’état de cessation des paiements et l’impossibilité d’un redressement. Le tribunal a répondu en ouvrant une liquidation judiciaire, fixant provisoirement la date de cessation des paiements au 6 juillet 2024.

La cessation des paiements est caractérisée par l’insuffisance de l’actif disponible.

Le tribunal constate que la société débitrice ne peut faire face à son passif exigible avec son actif disponible. Il relève que « la Sas L.D.O. [E] ne peut faire face à son passif exigible avec l’actif disponible » (Motifs du jugement). Cette constatation objective matérialise l’état de cessation des paiements défini à l’article L. 631-1 du code de commerce. La valeur de cette solution est de rappeler le critère essentiel de la trésorerie nette négative. Sa portée est d’écarter toute appréciation subjective pour ne retenir que la réalité comptable.

L’impossibilité manifeste de redressement justifie le prononcé immédiat de la liquidation.

Le juge estime qu’il y a lieu d’ouvrir une liquidation judiciaire vu l’impossibilité manifeste de redressement. Le passif exigible de 89 099,74 euros et l’absence de réponse du dirigeant aux courriers démontrent une situation irrémédiablement compromise. Le sens de cette décision est d’appliquer l’article L. 640-1 du code de commerce. Sa valeur est de sanctionner l’inertie du débiteur qui ne collabore pas à la procédure. Sa portée est de privilégier la liquidation directe pour éviter l’allongement inutile d’une procédure collective.

La fixation provisoire de la cessation des paiements assure la sécurité juridique des actions.

Le tribunal fixe provisoirement la date de cessation des paiements au 6 juillet 2024, soit environ dix-huit mois avant le jugement. Cette fixation provisoire permet de déterminer le point de départ de la période suspecte. Le sens de cette mesure est de préserver les droits des créanciers. Sa valeur est d’offrir une marge d’appréciation au liquidateur qui pourra la contester. Sa portée est de permettre l’exercice des actions en nullité de la période suspecte.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».