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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
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Tribunal de commerce de Grenoble, le 7 janvier 2026, n°2025F02737

Le tribunal de commerce de Grenoble, dans un jugement contradictoire du 7 janvier 2026, a prononcé la liquidation judiciaire simplifiée d’une société de menuiserie. Le dirigeant avait effectué une déclaration de cessation des paiements le 29 décembre 2025, convoquant ainsi la procédure. Les juges ont constaté l’état de cessation des paiements et l’impossibilité manifeste de tout redressement. La question de droit portait sur les conditions d’ouverture d’une liquidation judiciaire simplifiée. La solution retenue est l’ouverture de cette procédure simplifiée en application des textes applicables.

La constatation de l’état de cessation des paiements.

Le tribunal a fondé sa décision sur les informations recueillies en chambre du conseil auprès du gérant. Il relève que l’entreprise se trouve en situation de cessation des paiements par son impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible. Cette constatation, prévue à l’article L.640-1 du code de commerce, est le préalable nécessaire à toute procédure collective. En l’espèce, le débiteur a lui-même reconnu cette situation par sa déclaration, facilitant le travail du juge.

La valeur de cette motivation réside dans la vérification concrète des éléments comptables par le tribunal. Le juge ne se contente pas de la déclaration du débiteur mais exige des informations complémentaires pour établir la réalité de l’impossibilité de paiement. La portée de cette solution est de rappeler que l’état de cessation des paiements doit être objectivement caractérisé, même en présence d’une déclaration volontaire. Elle écarte toute automaticité et garantit un contrôle judiciaire effectif sur la situation financière réelle du débiteur.

L’ouverture de la liquidation judiciaire simplifiée.

Le tribunal prononce la liquidation judiciaire simplifiée en raison de l’absence d’actif immobilier et des critères de taille de l’entreprise. Il constate que l’entreprise n’a jamais employé plus de cinq salariés ni réalisé un chiffre d’affaires supérieur à 750.000 euros dans les six mois précédents. Conformément aux articles L.641-2 et D.641-10 du code de commerce, le redressement est jugé impossible, justifiant la procédure simplifiée.

La valeur de cette décision est d’appliquer strictement les critères légaux de la liquidation judiciaire simplifiée, qui vise les petites entreprises. Le tribunal fixe provisoirement la date de cessation des paiements au 31 octobre 2025, conformément à l’article L.641-1 du code de commerce. La portée de ce jugement est d’illustrer la rapidité de la procédure simplifiée, avec un délai de clôture examiné dans les douze mois. Il souligne également l’importance du rôle du liquidateur judiciaire et du juge-commissaire dans la gestion de la procédure.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».