Le tribunal de commerce de Douai, par un jugement du 16 décembre 2025, a ouvert une procédure de liquidation judiciaire simplifiée à l’encontre d’une société à responsabilité limitée. Saisi par requête du ministère public, le tribunal a constaté l’absence de la société, pourtant régulièrement convoquée, et l’absence de contestation du dirigeant. La question de droit portait sur la réunion des conditions légales pour prononcer une liquidation judiciaire simplifiée immédiate. Le tribunal a répondu par l’affirmative en ouvrant cette procédure.
I. L’état de cessation des paiements établi par le tribunal
Le tribunal a caractérisé l’état de cessation des paiements en relevant l’impossibilité pour l’entreprise de faire face à son passif exigible. Il ressort des pièces que l’entreprise se trouve dans l’impossibilité de faire face à son passif échu et exigible qui s’élève à 8 757 euros avec son actif disponible non identifié (Motifs). Cette constatation factuelle fonde la condition essentielle de l’ouverture de toute procédure collective. Le sens de cette motivation est de vérifier le critère objectif de la cessation des paiements prévu à l’article L.641-1 du code de commerce. La valeur de cette approche est de garantir que seules les entreprises insolvables accèdent à la protection de la procédure. La portée de cette décision est de rappeler que l’absence de contestation du débiteur ne dispense pas le juge de vérifier les éléments comptables.
II. L’application du régime simplifié de liquidation judiciaire
Le tribunal a constaté que la société remplissait les conditions pour bénéficier de la procédure simplifiée, faute de biens immobiliers et de seuils dépassés. Il apparait en outre que l’entreprise ne possède pas de bien immobilier et que le nombre de ses salariés et le montant de son chiffre d’affaires H.T. sont inferieurs aux seuils prévus (Motifs). Cette vérification permet d’appliquer un régime allégé, conforme aux articles L.641-2 et L.644-1 du code de commerce. Le sens de cette disposition est d’accélérer et de simplifier la liquidation pour les petites entreprises sans actif immobilier. La valeur de ce choix judiciaire est d’éviter des frais de procédure disproportionnés par rapport à l’actif disponible. La portée de ce jugement est de confirmer la compétence du tribunal pour ouvrir d’office une liquidation simplifiée sur requête du ministère public.