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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
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Tribunal de commerce de Dijon, le 16 décembre 2025, n°2025007574

Le tribunal de commerce de Dijon, dans un jugement du 16 décembre 2025, a autorisé la poursuite d’activité d’une société en redressement judiciaire. Une procédure de redressement avait été ouverte le 14 octobre 2025, et l’affaire revenait devant la juridiction pour statuer sur la période d’observation. La question de droit portait sur l’appréciation des capacités de financement suffisantes justifiant cette poursuite. Le tribunal a fait droit à la demande en autorisant la poursuite jusqu’au terme de la période initiale.

La première condition légale de la poursuite d’activité est analysée par le tribunal comme une vérification des capacités financières. Le juge constate que l’entreprise semble disposer des moyens nécessaires pour continuer son exploitation. Il se fonde sur le rapport du mandataire et les éléments fournis par le débiteur.

La valeur de cette décision réside dans son application stricte de l’article L. 631-15 du Code de commerce. Le tribunal rappelle ainsi que la poursuite n’est pas automatique mais conditionnée à un financement suffisant. La portée est immédiate pour la société, qui obtient un sursis pour préparer son plan.

La seconde condition concerne la finalité de la période d’observation, qui doit permettre d’envisager un renouvellement. Le tribunal souligne que la poursuite autorisera l’analyse de documents comptables probants. Il s’agit d’une étape préparatoire à une éventuelle prolongation de six mois.

Le sens de cette motivation est d’inscrire la décision dans une logique de sauvegarde de l’entreprise. Le juge ne se contente pas d’une simple autorisation, il fixe un cadre temporel et probatoire. La portée est donc prospective, invitant le débiteur à produire des comptes solides.

Le tribunal rappelle enfin son pouvoir de contrôle continu tout au long de la période d’observation. Il peut ordonner la cessation partielle d’activité ou prononcer la liquidation judiciaire à tout moment. Cette précision vaut mise en garde contre un éventuel relâchement dans la gestion.

La valeur de ce rappel est pédagogique pour le débiteur et les organes de la procédure. Il souligne la souplesse et la rigueur du dispositif légal. La portée est dissuasive, car le tribunal conserve une épée de Damoclès sur la procédure.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».