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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
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Tribunal de commerce de Compiègne, le 17 décembre 2025, n°2025P00562

Le Tribunal de commerce de Compiègne, par un jugement du 17 décembre 2025, a été saisi par un créancier d’une demande d’ouverture de redressement judiciaire à l’encontre d’un débiteur exerçant une activité commerciale. Ce dernier, bien que régulièrement assigné, n’a pas comparu à l’audience. Face à l’insuffisance des informations disponibles sur la situation du débiteur, la juridiction a ordonné une enquête préalable.

La question de droit portait sur la nécessité de recueillir des renseignements complets avant de statuer sur l’ouverture d’une procédure collective. Le tribunal a répondu en ordonnant une enquête pour éclairer sa décision future.

L’absence de renseignements suffisants sur la situation du débiteur fonde la mesure d’instruction ordonnée. Le tribunal constate qu’il “ne disposant pas de renseignements suffisants concernant la situation financière, économique et sociale de cette entreprise” (Motifs). Cette lacune justifie pleinement le recours à une enquête approfondie.

La portée de cette décision est de garantir une information complète avant toute ouverture de procédure. Elle rappelle le principe selon lequel une décision grave ne peut être prise sans éléments précis sur l’état du débiteur.

La désignation d’un juge commis et d’un expert permet une investigation technique et juridique approfondie. Le tribunal “commet à cet effet, M. [F] [R], juge de ce tribunal, qui pourra se faire assister d’un expert” (Dispositif). Cette délégation assure un examen spécialisé des comptes de l’entreprise.

La valeur de cette enquête est de préparer une décision éclairée sur l’ouverture du redressement judiciaire. Elle protège à la fois les intérêts du débiteur et ceux de ses créanciers en évitant une décision hâtive.

Le renvoi à une audience ultérieure et la communication du rapport garantissent le respect du contradictoire. Le tribunal “renvoie la cause à l’audience de la chambre du conseil du 21 Janvier 2026” (Dispositif). Ce délai permet aux parties de prendre connaissance des conclusions de l’enquête.

La portée de ce jugement est de différer la décision sur le fond pour mieux l’éclairer. Il s’inscrit dans une logique de prudence propre au droit des entreprises en difficulté, où l’information préalable est essentielle.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».