Cabinet Kohen Avocats · Paris

Maître Reda KOHEN intervient en droit immobilier, droit des sociétés et droit des affaires à Paris. Première analyse offerte, réponse personnelle sous 24 heures.

100 % confidentiel · Secret professionnel · Sans engagement

Barreau de Paris Immobilier, sociétés, affaires Fiche CNB avocat.fr
Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Tribunal de commerce de Clermont-Ferrand, le 18 décembre 2025, n°2025011835

Le tribunal de commerce de Clermont-Ferrand, dans un jugement du 18 décembre 2025, a ouvert une procédure de redressement judiciaire à l’encontre d’une société de transport sanitaire. La dirigeante de la société débitrice avait déposé une demande d’ouverture le 5 décembre 2025, après avoir constaté l’état de cessation des paiements. La société emploie treize salariés et présente un passif exigible de 24 000 euros, sans aucun actif disponible pour y faire face. La question de droit portait sur la réunion des conditions légales d’ouverture du redressement judiciaire. Le tribunal a répondu par l’affirmative en prononçant la mesure et en fixant provisoirement la date de cessation des paiements au 30 novembre 2025.

La recevabilité de la demande et l’état de cessation des paiements

Le tribunal a d’abord jugé recevable la demande d’ouverture de la procédure collective formée par la dirigeante. Il a constaté que la société ne peut faire face au passif exigible avec son actif disponible, caractérisant ainsi l’état de cessation des paiements. En effet, “l’actif disponible est inexistant” tandis que “le passif exigible, provisoirement évalué et sous toutes réserves, s’élève à 24.000 euros” (Jugement, motifs). Cette situation financière démontre l’impossibilité pour la débitrice de régler ses dettes immédiates avec ses liquidités. La solution retenue illustre la conception classique de la cessation des paiements au sens de l’article L 631-1 du code de commerce. Sa valeur est constante puisqu’elle applique strictement le critère de l’insuffisance d’actif disponible pour couvrir le passif exigible. La portée de cette appréciation est de rappeler que le tribunal ne peut ouvrir la procédure sans vérifier matériellement l’état d’insolvabilité.

Les mesures d’organisation et la désignation des organes de la procédure

Le tribunal a ensuite fixé la durée de la période d’observation à six mois et désigné les différents professionnels chargés d’assister la débitrice. Il a nommé un juge-commissaire, un mandataire judiciaire et un chargé d’inventaire pour réaliser les opérations prévues par le code de commerce. Cette organisation permet d’assurer le suivi de la période d’observation et la protection des intérêts des créanciers. La solution est conforme au droit commun des procédures collectives qui impose la nomination d’organes spécifiques dès l’ouverture. Sa valeur est donc purement appliquée, sans innovation jurisprudentielle notable. La portée de cette désignation est d’encadrer strictement la gestion de la période d’observation pour favoriser un éventuel redressement de l’activité économique.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».