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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
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Tribunal de commerce de Blois, le 19 décembre 2025, n°2025004020

Le tribunal de commerce de Blois, dans un jugement rendu le 19 décembre 2025, a autorisé le maintien de la période d’observation d’une société en redressement judiciaire jusqu’au 21 mai 2026. Une procédure de redressement judiciaire avait été ouverte le 21 novembre 2025 à l’encontre de cette société exploitant un fonds de commerce de restauration et de vente. Le mandataire judiciaire a rapporté que les difficultés sont nées de la crise du Covid-19 et d’un changement de consommation affectant l’attractivité du centre-ville. Le dirigeant souhaitant céder son fonds, des négociations avec le bailleur sont nécessaires pour permettre la recherche d’un repreneur. La question de droit portait sur la possibilité de prolonger la période d’observation au-delà de la durée initiale. Le tribunal a fait droit à cette demande, fixant un réexamen de l’affaire au 23 janvier 2026.

I. L’appréciation souveraine des perspectives de redressement

Le tribunal a fondé sa décision sur l’existence de négociations en cours pour la cession du fonds de commerce. Il relève que « le dirigeant souhaitant céder son fonds, des négociations avec le bailleur sont nécessaires pour permettre la recherche d’un repreneur » (Motifs). Cette appréciation concrète des chances de redressement justifie la prolongation exceptionnelle de la période d’observation. La valeur de cette solution réside dans la souplesse accordée au tribunal pour évaluer les circonstances particulières de l’espèce. Elle démontre que la simple volonté de céder, accompagnée de démarches actives, peut suffire à fonder une prorogation. La portée de ce jugement est de rappeler que le maintien de l’activité prime sur une clôture rapide de la procédure.

II. Le contrôle judiciaire renforcé de la durée de la période d’observation

Le tribunal a assorti sa décision d’un rappel de l’affaire à une date proche, le 23 janvier 2026, pour vérifier l’accord du bailleur. Cette mesure de contrôle traduit la volonté du juge de ne pas laisser la procédure s’éterniser sans résultat tangible. La portée de cette disposition est de soumettre la prolongation à une condition implicite de diligence du débiteur. En fixant un réexamen rapide, le tribunal s’assure que la période d’observation conserve son caractère temporaire et utile. La valeur de cette solution est d’équilibrer les intérêts du débiteur, des créanciers et de la continuité de l’activité économique.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».