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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
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Tribunal de commerce, le 13 janvier 2026, n°2026P00049

Le tribunal de commerce compétent, par un jugement contradictoire du 13 janvier 2026, a ouvert une procédure de liquidation judiciaire à l’encontre d’une société à responsabilité limitée exploitant un salon de thé. Le débiteur avait déclaré lui-même son état de cessation des paiements le 16 décembre 2025, sans être en mesure de proposer un plan de redressement. La question de droit portait sur la réunion des conditions légales justifiant l’ouverture d’une telle procédure et le recours à la procédure simplifiée. La juridiction a constaté l’état de cessation des paiements, ouvert la liquidation judiciaire et ordonné l’application de la procédure simplifiée.

I. La caractérisation de l’état de cessation des paiements

Le tribunal a constaté que la société débitrice se trouvait dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible. Il relève que « l’actif disponible peut être évalué, au vu des déclarations du dirigeant à 1.200,00 euros » tandis que « le passif, provisoirement évalué et sous toutes réserves, s’élève à 2.394,00 euros, echus et exigibles » (Motivation). Cette insuffisance d’actif disponible, corroborée par l’absence d’actif immobilier et un chiffre d’affaires dérisoire de 319 euros pour des pertes de 19.637 euros, établit la cessation des paiements.

La valeur de cette décision réside dans son appréciation concrète de la situation financière, fondée sur les propres déclarations du dirigeant et les pièces produites. La portée est de rappeler que la simple disproportion entre actif disponible et passif exigible suffit à caractériser l’état de cessation des paiements, sans nécessité de rechercher d’autres éléments. Cette solution confirme l’application classique de l’article L. 631-1 du code de commerce, le juge disposant d’un pouvoir souverain d’appréciation.

II. L’ouverture d’une procédure de liquidation judiciaire simplifiée

Le tribunal a retenu l’impossibilité manifeste de tout redressement, la société ayant indiqué qu’elle considérait « que sa situation était trop compromise pour qu’une solution de redressement puisse être envisagée » (Motivation). Il a ainsi ouvert une liquidation judiciaire en application des articles L. 640-1 et suivants, tout en ordonnant la procédure simplifiée prévue aux articles L. 644-1 et suivants. Les seuils légaux n’étant pas atteints, la clôture interviendra dans un délai maximal de six mois.

La portée de cette solution est de permettre un traitement rapide et allégé des petites entreprises sans actif immobilier ni salarié, conformément à la volonté du législateur. En fixant la date de cessation des paiements au jour de la déclaration, le tribunal assure une sécurité juridique quant au point de départ des actions en comblement de passif. Ce jugement illustre la mise en œuvre efficiente des procédures collectives pour les micro-entreprises en situation irrémédiablement compromise.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».