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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
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Tribunal de commerce de Toulouse, le 12 janvier 2026, n°2025017933

Le tribunal de commerce de Toulouse, par un jugement du 12 janvier 2026, a renouvelé la période d’observation d’une société en redressement judiciaire. Une procédure avait été ouverte le 16 juin 2025, et une première prolongation ordonnée le 22 septembre 2025. À l’audience du 11 décembre 2025, le mandataire judiciaire a émis des réserves face au manque de documents comptables. Le dirigeant a indiqué une reprise d’activité en septembre 2025 et sollicité un délai pour produire un prévisionnel. La question de droit portait sur l’opportunité de renouveler la période d’observation pour six mois. Le tribunal a fait droit à cette demande, permettant à la société de préparer un plan de redressement.

L’opportunité du renouvellement fondée sur des perspectives sérieuses.

Le tribunal justifie sa décision par l’existence d’éléments positifs concrets pour la poursuite de l’activité. Il relève ainsi « que la société dispose actuellement d’une trésorerie positive et qu’aucune dette nouvelle n’a été signalée » (Motifs). Il constate également « que le dirigeant a indiqué que l’activité avait repris au mois de septembre 2025 » (Motifs). La valeur de cette motivation est de conditionner le renouvellement à des indices de viabilité et non à des certitudes. La portée de ce critère est d’éviter un maintien artificiel de la procédure sans perspective réelle de redressement.

La finalité du renouvellement au service de l’élaboration d’un plan.

Le tribunal précise que ce délai doit servir à finaliser la vérification du passif et à évaluer la rentabilité future. Il indique que la prorogation doit permettre « d’achever la procédure de vérification des créances afin de connaître précisément le montant du passif » (Motifs). Il ajoute qu’il faut « vérifier si cette dernière est en mesure d’atteindre un niveau de rentabilité suffisant pour pouvoir faire face à l’apurement de son passif » (Motifs). La valeur de cette exigence est de garantir que le plan soit fondé sur des données fiables et sincères. La portée de cette obligation impose au dirigeant de fournir une situation comptable certifiée par un expert-comptable.

L’encadrement strict du renouvellement par des obligations procédurales.

Le jugement assortit sa décision de mesures impératives pour le dirigeant de la société débitrice. Il lui impose de se présenter le 19 février 2026 devant le juge-commissaire avec une situation comptable visée par un expert-comptable. Il fixe également une audience au 26 février 2026 pour que le tribunal prenne connaissance du projet de plan. La valeur de ce dispositif est de permettre un contrôle judiciaire rapproché de l’évolution de la situation. La portée de ces obligations est de responsabiliser le dirigeant et d’éviter une prolongation sans suivi concret de la procédure.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».