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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
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Tribunal de commerce de Soissons, le 15 janvier 2026, n°2026000025

Le tribunal de commerce de Soissons, par un jugement du 15 janvier 2026, a ouvert une liquidation judiciaire simplifiée à l’encontre d’une société exploitant un fonds de restauration. La société débitrice avait déposé une demande en ce sens, se déclarant en cessation des paiements et dans une situation irrémédiablement compromise. La question de droit portait sur la réunion des conditions légales pour prononcer cette liquidation sans phase de redressement. Le tribunal a fait droit à la demande en ouvrant la procédure simplifiée.

L’état de cessation des paiements est caractérisé par l’insuffisance d’actif disponible face au passif exigible.

Les juges constatent que la société déclare un passif exigible de 29 372,94 euros et ne dispose d’aucun actif disponible pour y faire face. Cette situation correspond exactement à la définition de l’article L. 631-1 du code de commerce. La date de cessation des paiements est fixée au 30 septembre 2025, ce qui démontre l’ancienneté des difficultés. Cette appréciation souveraine des faits par le tribunal emporte une valeur probante forte pour la suite de la procédure. La portée de cette fixation conditionne le calcul des nullités de la période suspecte et la protection des créanciers.

L’impossibilité manifeste de tout redressement justifie l’ouverture directe de la liquidation judiciaire.

Le tribunal estime qu’il n’existe aucune possibilité de présenter un plan de redressement avec apurement du passif et qu’un plan de cession est illusoire. Cette appréciation repose sur l’absence de perspectives économiques viables pour l’entreprise, qui emploie seulement quatre salariés. En retenant que “le redressement est manifestement impossible” (Discussion), le juge écarte toute alternative à la liquidation. Cette décision a pour portée d’accélérer la procédure en évitant une période d’observation inutile, conformément à l’esprit des textes.

Les conditions légales de la liquidation judiciaire simplifiée sont réunies en l’espèce.

Le tribunal relève que l’actif ne comprend aucun bien immobilier, que l’effectif est inférieur à cinq salariés et que le chiffre d’affaires est inférieur à 750 000 euros. Ces éléments correspondent exactement aux seuils prévus par les articles L. 641-2 et D. 641-10 du code de commerce. La valeur de ce constat est d’éviter une procédure longue et coûteuse pour une petite entreprise sans patrimoine immobilier. La portée de cette simplification est de permettre une réalisation rapide de l’actif et une clôture accélérée de la procédure.

Le jugement prononcé constitue une application rigoureuse des textes régissant les procédures collectives des petites entreprises.

La décision illustre la volonté du législateur de traiter avec célérité les situations irrémédiablement compromises des très petites entreprises. En ouvrant directement une liquidation simplifiée, le tribunal évite des frais de justice disproportionnés par rapport à l’actif disponible. Cette solution protège les intérêts des créanciers en garantissant une distribution rapide du produit de la réalisation. La portée de ce jugement est de servir de modèle pour les cas similaires où le redressement est exclu d’emblée.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».