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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
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Tribunal de commerce de Saintes, le 22 janvier 2026, n°2026G00003

Le tribunal de commerce de Saintes, par un jugement du 22 janvier 2026, a ouvert une procédure de sauvegarde au bénéfice d’une société spécialisée dans la conception de mobiliers pour enfants. La dirigeante avait sollicité cette mesure après avoir rencontré des difficultés de trésorerie liées à un développement plus long que prévu. Elle ne se trouvait pas en cessation des paiements mais justifiait de difficultés insurmontables, ce qui constitue la condition centrale de l’article L.620-1 du code de commerce. La question de droit portait sur la recevabilité de la demande de sauvegarde en l’absence d’état de cessation des paiements. Le tribunal a répondu par l’affirmative en ouvrant la procédure et en désignant un mandataire judiciaire sans administrateur.

La condition d’ouverture de la sauvegarde repose sur l’existence de difficultés insurmontables hors cessation des paiements.

Le tribunal constate d’abord que la société ne se trouve pas en état de cessation des paiements, conformément aux informations recueillies. Il relève ensuite que l’entreprise justifie de difficultés au sens de l’article L.620-1 du code de commerce qu’elle n’est pas en mesure de surmonter. Cette motivation précise le champ d’application de la sauvegarde, distinct du redressement judiciaire. La valeur de cette solution est de rappeler que la sauvegarde est un outil préventif ouvert aux entreprises viables mais confrontées à des obstacles passagers. Sa portée pratique est d’encourager les dirigeants à agir avant la cessation des paiements, comme le montre le cas d’espèce.

Les modalités d’application de la procédure sont adaptées à la taille modeste de l’entreprise concernée.

Le tribunal écarte la nomination d’un administrateur judiciaire en raison du faible chiffre d’affaires et de l’absence de salariés. Il fixe une période d’observation de six mois et désigne un mandataire judiciaire chargé de vérifier les créances. Le sens de cette décision est d’alléger les contraintes procédurales pour les petites structures, conformément aux articles L.621-4 et R.621-11 du code de commerce. La valeur de cette approche est de favoriser la simplicité et la rapidité de la procédure. Sa portée est de démontrer que le tribunal adapte son dispositif à la réalité économique de l’entreprise débitrice.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».