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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
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Tribunal de commerce de Orléans, le 13 janvier 2026, n°2025006807

Le tribunal de commerce d’Orléans, par un jugement réputé contradictoire du 13 janvier 2026, ouvre une procédure de redressement judiciaire à l’encontre d’une société de construction. L’URSSAF Centre, créancière impayée, avait assigné la débitrice en cessation des paiements, cette dernière ne comparaissant pas. La question de droit portait sur la réunion des conditions légales d’ouverture d’un redressement judiciaire. La solution retient que la société est en état de cessation des paiements et qu’il y a lieu d’ouvrir la procédure.

I. L’état de cessation des paiements caractérisé par l’insolvabilité

Le tribunal constate que la créance de l’organisme social est demeurée impayée malgré des démarches infructueuses. Il résulte des pièces que « le débiteur la société SAS AC CONSTRUCTION n’est pas en mesure de faire face à son passif exigible avec son actif disponible » (Motifs). En l’absence de comparution, le juge se fonde sur les éléments fournis par le demandeur pour établir l’insolvabilité. Le sens de cette décision est de vérifier l’absence de trésorerie disponible pour payer les dettes certaines et liquides. Sa valeur est celle d’une appréciation souveraine des preuves par le tribunal de commerce. Sa portée est de conditionner l’ouverture de toute procédure collective à ce critère objectif.

II. Les mesures d’organisation de la période d’observation

Le tribunal fixe provisoirement la date de cessation des paiements au 13 juillet 2024, soit dix-huit mois avant le jugement. Il ouvre une période d’observation de six mois pour établir un bilan économique et social. Le juge nomme un mandataire judiciaire, un commissaire-priseur et un juge-commissaire pour encadrer la procédure. Le sens de ces nominations est d’assurer la transparence et la sauvegarde des intérêts collectifs des créanciers. Leur valeur réside dans le respect des dispositions impératives du code de commerce. Leur portée est d’offrir à l’entreprise une chance de redressement sous contrôle judiciaire, avec une conversion possible en liquidation.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».