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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
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Tribunal de commerce de Meaux, le 12 janvier 2026, n°2025017300

Le Tribunal de commerce de Meaux, par un jugement réputé contradictoire du 12 janvier 2026, a ouvert une procédure de liquidation judiciaire simplifiée à l’encontre d’une société de négoce alimentaire. Un créancier, après une ordonnance d’injonction de payer impayée, avait assigné la débitrice en ouverture d’une procédure collective. La question de droit portait sur la réunion des conditions légales pour ouvrir une telle procédure simplifiée. La solution retient l’état de cessation des paiements et prononce la liquidation judiciaire simplifiée.

La caractérisation de l’état de cessation des paiements est au cœur de la décision.

Le tribunal constate que le passif exigible de la société débitrice s’élève à 5.485,66 euros. Il relève qu’ « aucun actif disponible permettant de faire face au passif exigible n’a pu être identifié » (Attendu). Cette absence totale d’actif disponible justifie le constat de cessation des paiements. La valeur de ce constat réside dans l’application concrète de l’article L. 631-1 du code de commerce. Sa portée est de rappeler que l’insuffisance d’actif liquide face à un passif certain caractérise l’état de cessation des paiements.

Le tribunal fixe provisoirement la date de cessation des paiements au 12 juillet 2024. Cette fixation est opérée « au vu des éléments recueillis » (Attendu). Le sens de cette mesure est de déterminer la période suspecte pour d’éventuelles actions en nullité. Sa valeur probatoire est provisoire, pouvant être modifiée ultérieurement par le juge-commissaire. La portée de cette fixation est de sécuriser les actes passés durant cette période.

Le choix de la liquidation judiciaire simplifiée repose sur des critères spécifiques.

Le tribunal estime que « les critères de la liquidation judiciaire simplifiée sont réunis » (Attendu). Il applique ainsi les dispositions des articles L. 641-2 et R. 641-10 du code de commerce. Le sens de ce choix est d’adapter la procédure à une situation où l’actif est faible ou inexistant. La valeur de cette décision est d’accélérer le traitement de la procédure pour réduire les coûts. Sa portée est de priver le débiteur de la possibilité d’un plan de redressement.

La procédure simplifiée implique des délais raccourcis et une mission allégée pour le liquidateur. Le tribunal impartit un délai de deux mois aux créanciers pour déclarer leurs créances. Il fixe également à six mois le délai de clôture de la procédure. Le sens de ces mesures est d’assurer une célérité propre aux procédures simplifiées. Leur valeur est de concilier l’efficacité de la procédure avec les droits des créanciers. Leur portée est de limiter la durée des opérations de liquidation judiciaire.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».