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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
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Tribunal de commerce de Marseille, le 21 janvier 2026, n°2025P02084

Le Tribunal des Activités Économiques de Marseille, par un jugement contradictoire du 21 janvier 2026, ouvre une procédure de redressement judiciaire à l’encontre d’une entreprise individuelle à responsabilité limitée. L’Union de Recouvrement des Cotisations de Sécurité Sociale et d’Allocations Familiales avait assigné la débitrice pour obtenir cette mesure. La question centrale était de savoir si la société était en état de cessation des paiements justifiant l’ouverture d’une procédure collective. Le tribunal a répondu par l’affirmative en prononçant le redressement judiciaire.

I. La caractérisation de l’état de cessation des paiements

Le tribunal a constaté l’impossibilité pour la débitrice de faire face à son passif exigible avec son actif disponible. Il résulte des pièces et des informations recueillies que la société ne pouvait honorer ses dettes immédiates.

La valeur de cette décision réside dans l’appréciation concrète de la situation financière de l’entreprise. Le juge a relevé que la créance de l’organisme social s’élevait à environ 17 576 euros sans aucun paiement intervenu.

La portée de ce constat est immédiate puisqu’il fonde l’ouverture de la procédure collective. Le tribunal a expressément énoncé que la débitrice « est dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible » (Motifs).

II. Les conséquences pratiques de la décision d’ouverture

Le tribunal a désigné un mandataire judiciaire et un commissaire de justice pour inventorier le patrimoine de la société. Il a également fixé une période d’observation de six mois pour évaluer les capacités de redressement.

La sens de ces mesures est d’organiser la poursuite de l’activité sous contrôle judiciaire tout en protégeant les créanciers. La débitrice devra notamment produire des documents comptables lors d’une audience ultérieure.

La portée de cette décision est double pour la société débitrice. D’une part, elle conserve la gestion de son entreprise mais sous la surveillance des organes de la procédure, d’autre part, elle risque une conversion en liquidation judiciaire si ses capacités financières sont insuffisantes.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».