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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
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Tribunal de commerce de La Rochelle, le 20 janvier 2026, n°2025008070

Le tribunal de commerce de La Rochelle, par un jugement du 20 janvier 2026, a prononcé le redressement judiciaire d’une société de commercialisation de logements neufs. Le gérant avait déclaré l’état de cessation des paiements le 30 décembre 2025, invoquant un passif exigible de 190 047 euros et un actif indisponible. La question centrale portait sur la caractérisation de la cessation des paiements et l’éligibilité de l’entreprise à une procédure de redressement. Le tribunal a constaté l’état de cessation des paiements et ouvert une procédure de redressement judiciaire sans administrateur.

La cessation des paiements est caractérisée par l’impossibilité de faire face au passif exigible avec l’actif disponible. Le tribunal relève que la société ne peut régler ses dettes immédiates, notamment les salaires impayés. Il fixe provisoirement la date au 31 décembre 2025, jour où la société n’a pas honoré ces salaires. Cette fixation provisoire permet de délimiter la période suspecte et de préserver les intérêts des créanciers.

La solution du tribunal s’inscrit dans la lettre de l’article L.631-1 du code de commerce. Le juge vérifie souverainement l’existence d’un passif certain, liquide et exigible face à un actif disponible insuffisant. La valeur de cette décision est d’appliquer strictement la définition légale sans égard aux causes conjoncturelles invoquées par le dirigeant.

Le redressement judiciaire est jugé possible car aucun élément ne permet de considérer le redressement comme impossible. Le tribunal écarte la liquidation en l’absence de preuve d’une situation irrémédiablement compromise. Il applique la procédure simplifiée sans administrateur judiciaire, en raison du faible chiffre d’affaires et du nombre réduit de salariés.

Cette ouverture du redressement judiciaire confère au débiteur une chance de poursuivre son activité sous période d’observation. Le tribunal privilégie la sauvegarde de l’entreprise, conformément à l’esprit du livre VI du code de commerce. La portée de cette décision est de rappeler que le redressement est la règle en l’absence de preuve d’impossibilité manifeste.

La cessation des paiements permet au tribunal d’ouvrir une procédure collective pour tenter de surmonter les difficultés. Le juge dispose d’un pouvoir souverain pour apprécier la viabilité du redressement au vu des éléments fournis. Cette décision illustre la fonction protectrice des procédures collectives envers l’entreprise et ses créanciers.

En fixant la date de cessation au 31 décembre 2025, le tribunal sécurise les actes passés pendant la période suspecte. Cette mesure préserve l’égalité entre les créanciers et permet d’éventuelles actions en nullité de la part du mandataire. La portée pratique est de donner un cadre temporel précis à la procédure.

Le choix du redressement judiciaire sans administrateur correspond à la taille modeste de l’entreprise débitrice. Cette solution allège les coûts de la procédure tout en maintenant un contrôle par le juge-commissaire et le mandataire. Le tribunal adapte ainsi la procédure à la réalité économique de la société concernée.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».