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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
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Tribunal de commerce de La Roche, le 14 janvier 2026, n°2026000075

Le tribunal de commerce de La Roche-sur-Yon a rendu un jugement le 14 janvier 2026 arrêtant le plan de sauvegarde de la société débitrice. Une procédure de sauvegarde avait été ouverte le 15 janvier 2025 à l’égard de cette entreprise exerçant une activité de coiffure et de vente de produits capillaires. Le projet de plan a été soumis au tribunal après un rapport du mandataire judiciaire et une audience en chambre du conseil. La question centrale était de savoir si les perspectives de redressement justifiaient l’adoption d’un plan de sauvegarde. Le tribunal a répondu par l’affirmative en arrêtant le plan proposé.

I. La confirmation des perspectives sérieuses de redressement

Le tribunal fonde sa décision sur l’existence de perspectives sérieuses de redressement pour la société débitrice. Il ressort des explications recueillies en chambre du conseil qu’il existe des perspectives sérieuses de redressement et d’apurement du passif et constatant que le projet de plan de redressement a été établi conformément aux dispositions des articles L.626-2 et L.631-19 du Code de commerce (Attendu unique). Cette appréciation souveraine du tribunal sur la viabilité du projet constitue le cœur du contrôle de l’homologation. La valeur de cette solution est de rappeler le rôle central du juge dans l’évaluation des capacités de l’entreprise à honorer ses engagements. La portée de cette analyse est de conditionner l’arrêt du plan à une démonstration concrète de la faisabilité économique.

Le tribunal valide également la compatibilité des prévisions d’évolution avec les possibilités de l’entreprise. Considérant que, dans les conditions du projet de plan de continuation présenté, les prévisions d’évolution de l’activité, les modalités de maintien et de financement de la société débitrice, ainsi que du règlement du passif, aux conditions définies par le Plan, constituent des objectifs compatibles avec les possibilités de l’entreprise (Considérant unique). Ce contrôle de proportionnalité assure que les efforts imposés ne compromettent pas la pérennité de l’activité. Le sens de cette appréciation est de garantir un équilibre entre le désintéressement des créanciers et la survie de l’entreprise.

II. L’aménagement concret des modalités d’exécution du plan

Le jugement organise un apurement du passif sur une durée de dix ans avec des remboursements progressifs. Le tribunal arrête le paiement de la totalité des créances à 100 % en 10 annuités progressives à compter de la date anniversaire de l’adoption du plan (Synthèse des réponses à la consultation des créanciers). Cette durée maximale légale permet d’étaler l’effort de remboursement sans sacrifier les intérêts des créanciers. La valeur de cette solution est d’offrir un cadre prévisible et sécurisé pour l’exécution du plan. Sa portée est de contraindre la société à un respect strict de l’échéancier sous peine de résolution.

Le tribunal prend acte de l’engagement des dirigeants de mensualiser les dividendes et nomme un commissaire à l’exécution. Il prend acte de ce que Monsieur [I] [S] et Monsieur [V] [Y], cogérants, se sont engagés à mensualiser les dividendes du plan (Personne tenue de l’exécution du plan). Par ailleurs, il nomme la SCP MJURIS prise en la personne de Maître [L] [O], Commissaire à l’exécution du plan avec mission de le mettre en œuvre et d’en surveiller l’exécution (Désignation du Commissaire à l’exécution du plan). Le sens de ces mesures est d’assurer un suivi rigoureux de l’exécution du plan. La portée de ces dispositions est de responsabiliser les dirigeants et de garantir un contrôle judiciaire continu.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».