Le tribunal de commerce de Béziers, par un jugement du 21 janvier 2026, a ouvert une procédure de liquidation judiciaire simplifiée à l’égard d’une société commerciale spécialisée dans la vente de cigarettes électroniques. La société débitrice avait déposé une déclaration de cessation des paiements le 29 décembre 2025, invoquant une baisse d’activité liée à des problèmes de santé de son dirigeant et à la fermeture de la galerie marchande où se situait son local. Le tribunal a constaté que l’actif disponible était insuffisant pour faire face au passif exigible et que la société avait cessé toute activité depuis plus d’un an. La question de droit portait sur l’ouverture d’une procédure de redressement ou de liquidation judiciaire en l’absence de perspectives crédibles. Le tribunal a répondu en prononçant la liquidation judiciaire simplifiée, faute de possibilité de redressement.
I. L’état de cessation des paiements et l’impossibilité de redressement
Le tribunal a constaté que la société ne pouvait pas faire face à son passif exigible avec son actif disponible. Il ressort des pièces versées que “l’entreprise dont s’agit ne peut faire face au passif exigible avec l’actif dont elle dispose” (Attendu). Cette appréciation repose sur un passif estimé à 11 720,84 euros contre un actif mobilier de 9 498,58 euros, sans actif immobilier. Le redressement est qualifié de “manifestement impossible” (Motifs), car la société a cessé son activité et ne présente aucun plan crédible. La valeur de cette décision est de rappeler que la cessation des paiements doit être établie objectivement par le juge, sans se fonder sur la seule déclaration du débiteur. La portée est de sécuriser les créanciers en évitant un redressement illusoire lorsque l’exploitation a définitivement cessé.
II. L’ouverture de la liquidation judiciaire simplifiée et ses modalités
Le tribunal a ouvert une procédure de liquidation judiciaire simplifiée, conformément aux articles L641-2 et R641-10 du code de commerce. Il a fixé provisoirement la date de cessation des paiements au 21 juillet 2024, “cette date n’excédant point la période des 18 mois prévue par les dispositions de l’article L.631-8 du code commerce” (Motifs). La valeur de cette fixation est de déterminer avec précision la période suspecte pour d’éventuelles actions en nullité. Le juge a également ordonné la fermeture immédiate du fonds et désigné un commissaire de justice pour la vente des actifs. La portée de cette décision est de permettre une clôture rapide dans les six mois, conformément à l’article L644-5, afin de limiter les frais de procédure pour les créanciers.