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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
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Tribunal de commerce de Valenciennes, le 2 février 2026, n°2026000371

Le tribunal de commerce de Valenciennes, dans un jugement du 2 février 2026, a prononcé la liquidation judiciaire simplifiée d’une société de tatouage et de piercing. La procédure a été initiée par la déclaration de cessation des paiements du gérant, qui a comparu en chambre du conseil pour solliciter l’ouverture de cette procédure. La société, sans activité depuis le 31 octobre 2025, présente un passif exigible de 14 756,97 euros pour un actif disponible nul. La question de droit centrale portait sur la réunion des conditions légales pour ouvrir une liquidation judiciaire simplifiée. Le tribunal a répondu par l’affirmative, constatant l’absence de possibilité de redressement ou de cession.

L’état de cessation des paiements est caractérisé par l’impossibilité de faire face au passif exigible.

Le tribunal a constaté que la société se trouve dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible de 14 756,97 euros avec son actif disponible de 0 euros. Cette situation établit l’état de cessation des paiements au sens de l’article L.640-1 du code de commerce. La date de cessation des paiements a été fixée provisoirement au 10 octobre 2025, conformément à la déclaration du gérant. Ce constat fonde l’ouverture de la procédure collective, le débiteur ne disposant d’aucune trésorerie résiduelle.

Ce jugement illustre la rigueur de l’appréciation judiciaire de l’insolvabilité. Le tribunal s’appuie sur des données chiffrées précises, sans se contenter des seules déclarations du dirigeant. La valeur de cette décision réside dans son application stricte des critères légaux. Sa portée est limitée à la situation individuelle de la société concernée.

L’absence de toute perspective de redressement justifie le recours à la liquidation judiciaire simplifiée.

Le tribunal a relevé qu’il n’existe aucune possibilité de présenter un plan de redressement avec apurement du passif. Il précise que, de l’aveu même du chef d’entreprise, aucun plan de redressement par continuation d’entreprise n’est envisageable. La situation irrémédiablement compromise, combinée à l’absence de salariés et d’actif immobilier, a rendu la liquidation simplifiée applicable. Le jugement applique ainsi les articles L.641-2 et D.641-10 du code de commerce.

Cette solution reflète la volonté du législateur de simplifier les procédures pour les petites entreprises sans espoir de survie. En nommant un liquidateur et en fixant un délai de six mois pour la clôture, le tribunal accélère le traitement du passif. La portée de cette décision est pratique : elle montre l’efficacité de la procédure simplifiée pour les micro-entreprises. Le sens de l’arrêt est d’éviter des frais inutiles dans une situation sans issue.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».