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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
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Tribunal de commerce de Toulouse, le 3 février 2026, n°2025021383

Le Tribunal de commerce de Toulouse, par un jugement réputé contradictoire du 3 février 2026, a été saisi par une société bailleresse d’une demande en paiement contre une société locataire défaillante. La locataire avait souscrit un contrat de location longue durée pour un véhicule, puis cessé de payer ses loyers et restitué le bien avec un kilométrage excessif. La question de droit portait sur le bien-fondé de la créance incluant l’ajustement des loyers pour dépassement kilométrique. Le tribunal a fait droit à l’intégralité des demandes de la bailleresse.

La force obligatoire du contrat justifie la condamnation au paiement des loyers impayés.

Le tribunal rappelle que le contrat de location constitue la loi des parties, comme le prévoient les articles 1103 et suivants du code civil. La bailleresse a produit les factures impayées des mois de juin et juillet 2024, pour un montant total de 1 593,24 euros. La locataire, bien que régulièrement assignée, n’a pas comparu et n’a pas contesté sa dette. Le juge a donc estimé la créance certaine, liquide et exigible, condamnant la débitrice à payer cette somme.

Cette solution classique réaffirme la force obligatoire des conventions en matière contractuelle. Elle rappelle que la simple absence de comparution du défendeur ne suffit pas à écarter la demande, dès lors que les pièces produites sont probantes. La portée de cette décision est de sécuriser le créancier dans ses droits, même en l’absence de débat contradictoire.

L’application des stipulations contractuelles autorise l’ajustement des loyers en fin de contrat.

Le tribunal se fonde sur l’article 13.3 des conditions générales pour valider la facture d’ajustement de 8 279,52 euros. Ce texte stipule qu’en fin de location, le loueur procédera à un ajustement des loyers prenant en compte la durée écoulée et le kilométrage effectué. Le véhicule a été restitué avec 97 034 kilomètres, soit un dépassement de près de 47 000 kilomètres par rapport au seuil contractuel de 50 000 kilomètres. Le juge retient que cette stipulation est claire et opposable à la locataire.

La valeur de cette décision est de donner plein effet aux clauses d’ajustement kilométrique, fréquentes dans les contrats de location. Elle écarte toute contestation sur leur validité, dès lors qu’elles sont précises et non abusives. La portée est de rappeler aux professionnels que le dépassement contractuel engage leur responsabilité financière, sans marge de négociation en l’absence de contestation.

Les pénalités contractuelles et légales complètent la condamnation en principal.

Le tribunal applique l’article 10.5 des conditions générales, qui prévoit des intérêts à trois fois le taux légal à compter de la mise en demeure. Il condamne également la locataire à verser 120 euros d’indemnité forfaitaire de recouvrement, conformément à l’article L.441-10 du code de commerce, pour trois factures impayées. Enfin, il alloue 1 500 euros sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile.

Le sens de cette solution est de sanctionner le retard de paiement par des pénalités dissuasives, comme le permet la loi. La valeur est de rappeler que le juge ne peut modérer ces clauses lorsqu’elles sont librement acceptées et conformes à la réglementation. La portée est d’inciter les débiteurs à respecter leurs échéances, sous peine d’un alourdissement significatif de leur dette.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».