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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
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Tribunal de commerce de Nice, le 5 février 2026, n°2025RG02759

Le Tribunal de commerce de Nice, dans un jugement du 5 février 2026, a été saisi par l’organisme de recouvrement des cotisations sociales d’une demande d’ouverture de redressement judiciaire. La société débitrice, exerçant une activité de conseil en aménagement et décoration, n’a pas comparu à l’audience. La question de droit portait sur la réunion des conditions légales justifiant l’ouverture d’une telle procédure collective. Le tribunal a fait droit à la demande en constatant l’état de cessation des paiements.

La caractérisation de l’état de cessation des paiements comme condition du redressement.

Le tribunal a jugé que la débitrice se trouvait dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible. Il a fondé sa décision sur les pièces produites et les informations recueillies en chambre du conseil, formalisant ainsi le constat.

Cette solution constitue l’application directe de l’article L 631-1 du Code de commerce. Le jugement rappelle que la cessation des paiements est une condition nécessaire et suffisante pour ouvrir le redressement judiciaire, sans que le débiteur n’ait à comparaître.

La portée de cette décision est classique mais essentielle. Elle confirme que le juge apprécie souverainement la situation financière du débiteur au vu des éléments objectifs fournis par le créancier poursuivant, même en l’absence de la société débitrice.

Les mesures d’organisation et de gestion de la procédure collective ouverte.

Le tribunal a désigné un juge commissaire, un mandataire judiciaire et un huissier pour l’inventaire. Il a également fixé provisoirement la date de cessation des paiements au 12 mai 2025 et la fin de la période d’observation au 5 août 2026.

Ces nominations et délais constituent la mise en œuvre des articles L 631-7 et suivants du Code de commerce. Le jugement assure ainsi l’encadrement juridique et pratique de la procédure dès son ouverture.

La valeur de cette organisation est de garantir la transparence et la protection des créanciers. La fixation d’une date provisoire de cessation des paiements permet de déterminer la période suspecte pour d’éventuelles actions en nullité de la période suspecte.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».