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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
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Tribunal de commerce de Bordeaux, le 28 janvier 2026, n°2025L05412

Le tribunal de commerce de Bordeaux, par un jugement du 28 janvier 2026, a statué sur la continuation d’exploitation d’une société en redressement judiciaire. Une procédure collective avait été ouverte le 2 décembre 2025, avec une période d’observation de six mois. À l’audience du 13 janvier 2026, le juge-commissaire, l’administrateur judiciaire et le mandataire judiciaire ont tous émis un avis favorable à la poursuite de l’activité. La question de droit portait sur les conditions de maintien de la période d’observation au-delà de son terme initial. Le tribunal a fait droit à cette demande en prolongeant la mesure jusqu’au 2 juin 2026.

I. Les conditions légales de la poursuite d’activité

Le tribunal fonde sa décision sur l’article L 631-15 du code de commerce, qui encadre la prolongation de la période d’observation. Il relève que la société dispose de capacités de financement suffisantes pour assurer la continuité de son exploitation. En cela, il vérifie la viabilité économique immédiate de l’entreprise, condition essentielle à toute prorogation.

La motivation du jugement reprend l’avis unanime des organes de la procédure, tous favorables à la mesure. Le juge-commissaire, l’administrateur et le mandataire judiciaire ont chacun donné un avis favorable à la poursuite de l’activité. Cette convergence renforce la légitimité de la décision prise par le tribunal.

Le sens de cette solution est de permettre à l’entreprise de surmonter ses difficultés sans liquidation immédiate. La valeur de l’arrêt réside dans l’application stricte des critères de l’article L 631-15, exigeant des perspectives sérieuses de redressement. La portée est de rappeler que la continuation d’exploitation n’est pas automatique, mais conditionnée à des éléments concrets.

II. L’appréciation souveraine des capacités de financement

Le tribunal dispose d’un pouvoir souverain pour évaluer la situation financière de la société débitrice. Il constate que celle-ci dispose de capacités de financement suffisantes pour la poursuite de la période d’observation. Cette appréciation factuelle est au cœur de la décision, écartant tout risque d’aggravation du passif.

Le jugement ne précise pas la nature exacte des financements disponibles, mais se fonde sur les observations de la société et des organes de la procédure. Il résulte de ce qui précède que la société CG SAUMUR SAS dispose de capacités de financement suffisantes pour la poursuite de la période d’observation précédemment déterminée (Motifs du jugement). Cette formule clé fonde juridiquement la prorogation accordée.

Le sens de cette solution est de privilégier la sauvegarde de l’entreprise lorsque des moyens existent. Sa valeur est de rappeler que le tribunal exerce un contrôle concret sur la trésorerie et les perspectives de l’entreprise. La portée de l’arrêt est d’encourager les débiteurs à démontrer leur capacité à financer la période d’observation.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».