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Arnaque crypto : liste noire AMF, PSAN et recours pour récupérer son argent

Le 22 avril 2026, l’Autorité des marchés financiers a publié une nouvelle mise en garde contre plusieurs sites proposant illégalement en France des services sur crypto-actifs. Depuis le début de l’année 2026, 23 noms ont été ajoutés à la liste des sites non autorisés selon cette communication de l’AMF.

Pour une victime, l’information arrive souvent trop tard. Le site fonctionne encore. Un faux conseiller répond encore sur WhatsApp ou par téléphone. Le tableau de bord affiche un solde rassurant. Puis le retrait devient impossible. Une taxe, une assurance, une vérification de conformité ou des frais de déblocage sont réclamés.

La question cherchée sur Google est simple : que faire après une arnaque crypto et peut-on récupérer son argent ? La réponse est plus nuancée. Il faut agir vite, documenter le dossier, cesser tout versement, vérifier le statut AMF/PSAN, déposer plainte et examiner les recours contre les intermédiaires qui ont reçu ou laissé partir les fonds.

Cet article concerne les particuliers, dirigeants, associés ou sociétés qui ont versé de l’argent vers une plateforme crypto, un faux investissement en actifs numériques, un prétendu broker ou un site figurant sur une liste noire AMF. Il vise aussi les proches qui découvrent les virements et cherchent une méthode de réaction immédiate.

Arnaque crypto : les réflexes dans les 24 premières heures

La première décision utile consiste à arrêter tout paiement. Les fraudeurs demandent souvent un dernier versement pour débloquer les gains, payer une taxe AMF, régler une assurance de transfert ou valider l’identité du client. Ces demandes doivent être traitées comme un signal d’alerte.

Il faut ensuite contacter la banque par un canal vérifié. L’objectif est de demander le rappel des virements, le blocage des moyens de paiement compromis, la surveillance des comptes et la remise des références d’opérations. Si des paiements par carte ont été effectués, la contestation doit être enclenchée immédiatement.

Le troisième réflexe est de sauvegarder les preuves avant que les sites disparaissent. Il faut conserver les URL, les captures d’écran du tableau de bord, les conversations, les courriels, les numéros de téléphone, les RIB, les adresses de portefeuilles crypto, les justificatifs de virements, les contrats reçus et les noms utilisés par les interlocuteurs.

Enfin, il ne faut pas répondre aux personnes qui proposent de récupérer les fonds contre paiement. L’AMF alerte régulièrement sur cette seconde fraude : après l’arnaque initiale, une personne se présente comme avocat, autorité publique, banque ou service de recouvrement et réclame encore de l’argent.

Liste noire AMF et liste blanche PSAN : comment vérifier la plateforme

La liste noire AMF recense des sites et acteurs signalés comme non autorisés. Elle est utile, mais elle n’est pas exhaustive. Un site absent de cette liste n’est donc pas automatiquement fiable.

La vérification doit se faire dans les deux sens :

  1. rechercher le nom commercial, le nom de domaine et les variantes d’orthographe dans les listes noires de l’AMF et d’Assurance Banque Épargne Info Service ;
  2. rechercher le prestataire dans la liste blanche des PSAN/PSCA autorisés ou agréés à fournir des services sur crypto-actifs en France ;
  3. comparer l’adresse du site, la société, le pays, les mentions légales et les coordonnées bancaires avec les registres officiels ;
  4. vérifier si l’interlocuteur utilise le nom d’une société réelle sans exploiter le bon domaine ou la bonne adresse de contact.

Le point décisif n’est pas seulement le logo affiché sur le site. Les escrocs copient des noms de sociétés, fabriquent de faux certificats, imitent des pages de conformité et utilisent des domaines très proches de ceux d’acteurs connus.

Depuis l’entrée progressive du cadre européen MiCA, les registres évoluent. Cela ne change pas le réflexe de base : un professionnel qui propose habituellement des services sur crypto-actifs en France doit pouvoir justifier d’un statut vérifiable. À défaut, l’investisseur doit considérer l’offre comme à haut risque.

Peut-on récupérer l’argent après une arnaque crypto ?

Il faut distinguer trois situations.

Lorsque l’argent est encore dans le circuit bancaire classique, un rappel de virement ou une contestation de paiement peut parfois aboutir. Plus la demande intervient tôt, plus les chances existent. Si les fonds ont déjà été transférés vers plusieurs comptes, convertis en crypto-actifs ou envoyés à l’étranger, la récupération devient plus difficile.

Lorsque les fonds ont été transformés en crypto-actifs, il reste possible de documenter les transactions grâce aux adresses de portefeuilles et aux historiques de plateformes. Cette traçabilité ne garantit pas le remboursement, mais elle peut aider l’enquête et l’identification des points d’entrée ou de sortie.

Lorsque la victime a elle-même validé les virements sous l’influence d’un faux conseiller, la responsabilité de la banque n’est pas automatique. Elle peut néanmoins être discutée si les opérations présentaient des anomalies fortes : montants inhabituels, virements répétés vers des bénéficiaires nouveaux, pays à risque, incohérence avec le profil du client, alertes non traitées ou absence de réaction après signalement.

Le dossier se joue donc sur la chronologie et les preuves. Il faut montrer ce qui a été demandé, quand les virements sont partis, comment la banque a réagi, à quel moment la fraude a été signalée et quelles diligences ont été sollicitées.

Déposer plainte : ce que le dossier doit contenir

La plainte ne doit pas être une simple phrase indiquant que l’argent a disparu. Elle doit permettre aux enquêteurs de comprendre le mécanisme.

Le dossier doit préciser :

  1. la manière dont le premier contact a eu lieu : publicité, réseau social, téléphone, faux article, parrainage, application de rencontre, courriel ou recommandation ;
  2. les noms utilisés par les interlocuteurs et les coordonnées communiquées ;
  3. les sites, applications, tableaux de bord et espaces clients utilisés ;
  4. le montant total versé, opération par opération ;
  5. les banques, IBAN, comptes bénéficiaires, prestataires de paiement et plateformes crypto impliqués ;
  6. les adresses de portefeuilles, hash de transaction et confirmations reçues lorsqu’ils existent ;
  7. les demandes de paiement supplémentaires : impôt, taxe, assurance, frais de conformité, frais de retrait ;
  8. les démarches déjà faites auprès de la banque, de l’AMF, de SignalConso, de Pharos ou d’autres services.

La plainte peut être déposée auprès de la police ou de la gendarmerie, ou adressée au procureur de la République. Lorsque les montants sont élevés, lorsque plusieurs victimes sont identifiables ou lorsque la banque conteste toute responsabilité, un dépôt structuré avec pièces classées devient déterminant.

Banque, prestataire de paiement, faux conseiller : quels recours envisager ?

Le premier recours vise les auteurs de la fraude. En pratique, ils sont souvent anonymes, situés à l’étranger ou dissimulés derrière des sociétés écrans. Cela n’empêche pas de porter plainte, mais cela impose de travailler aussi sur les intermédiaires.

La banque de la victime doit être interrogée sur ses alertes et sur le traitement des opérations. Un établissement bancaire n’est pas l’assureur général de toutes les pertes. En revanche, il peut être mis en cause si les virements présentaient des signaux anormaux et si aucune réaction utile n’a été opposée.

Le prestataire de paiement bénéficiaire peut également être visé lorsque les fonds ont transité par un compte identifié. Il faut alors rechercher qui a ouvert le compte, dans quel pays, avec quels contrôles et si des alertes de fraude existaient.

Lorsqu’une vraie plateforme crypto a été utilisée comme point de passage, le sujet change. Il faut vérifier si le compte était au nom de la victime ou d’un tiers, si l’authentification a été compromise, si les ordres ont été donnés depuis l’espace client et si la plateforme a reçu une alerte avant la sortie des fonds.

Le droit applicable dépend de la nature de l’opération : virement bancaire, paiement carte, achat de crypto-actifs, conservation d’actifs numériques, service de transfert ou simple usurpation. C’est pourquoi le dossier doit être reconstruit opération par opération.

Les erreurs qui réduisent les chances de remboursement

La première erreur est de continuer à payer. Aucun versement supplémentaire ne doit être effectué pour débloquer un retrait.

La deuxième erreur est de supprimer les conversations par honte ou par peur. Les échanges sont souvent la meilleure preuve de la manipulation.

La troisième erreur est de déposer une plainte trop pauvre. Une plainte sans dates, sans RIB, sans captures et sans identité numérique des interlocuteurs ralentit le traitement du dossier.

La quatrième erreur est de confondre liste noire et preuve suffisante. Le fait qu’un site soit sur une liste noire aide le dossier, mais il faut encore prouver les virements, le lien avec le site et la perte.

La cinquième erreur est d’ignorer les délais bancaires. Les demandes de rappel, contestation et blocage doivent être formulées sans attendre.

Paris et Île-de-France : qui saisir en pratique ?

Pour une victime domiciliée à Paris ou en Île-de-France, la plainte peut être déposée auprès du commissariat ou de la gendarmerie compétente, ou envoyée au procureur de la République du tribunal judiciaire compétent.

En parallèle, la victime peut saisir sa banque par écrit, avec demande de rappel des fonds, conservation des logs, communication des références d’opérations et examen des alertes internes. Ce courrier doit être daté, précis et accompagné des premières pièces.

Lorsque la perte met en péril une entreprise, une trésorerie professionnelle ou le patrimoine d’un dirigeant, il faut aussi traiter les conséquences commerciales : découvert, rupture de financement, conflit entre associés, faute de gestion reprochée au dirigeant ou difficulté à honorer les fournisseurs.

Le cabinet peut intervenir dans ce cadre en droit des affaires et contentieux commercial, notamment lorsque l’arnaque crypto touche une société, un dirigeant, un compte professionnel ou un investissement présenté comme professionnel. Pour les sujets de contrats, société, responsabilité et contentieux, vous pouvez consulter notre page dédiée au droit des affaires à Paris.

Plan d’action concret

Dans un dossier d’arnaque crypto, la méthode doit être simple.

D’abord, figer les preuves. Ensuite, contacter la banque. Puis vérifier la liste noire AMF, la liste blanche PSAN/PSCA et les registres utiles. Après cela, déposer plainte avec un dossier complet. Enfin, analyser les responsabilités possibles des intermédiaires.

Le critère principal est la rapidité. Chaque jour augmente le risque de disparition du site, de fermeture des comptes bénéficiaires, de dispersion des fonds et de perte des traces techniques.

Si la somme est importante, il ne faut pas attendre la réponse pénale pour préparer l’action civile ou bancaire. Les deux voies peuvent avancer en parallèle.

Sources officielles consultées pour cette analyse : mise en garde AMF du 22 avril 2026 sur les crypto-actifs, listes blanches AMF PSAN/PSCA, fiches AMF sur les victimes d’arnaques et sur les arnaques aux crypto-monnaies, Code monétaire et financier, articles L.54-10-1 à L.54-10-7.

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Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».