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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Tribunal de commerce de Saintes, le 18 décembre 2025, n°2025G00025

Le tribunal de commerce de Saintes, par un jugement du 18 décembre 2025, a ouvert une procédure de redressement judiciaire à l’encontre d’une entreprise individuelle à responsabilité limitée. Cette dernière, spécialisée dans l’entretien des parcs et jardins, avait initialement sollicité l’ouverture d’une sauvegarde avant de modifier sa demande. Les difficultés rencontrées, liées à des conditions météorologiques défavorables et à un conflit avec le prédécesseur du gérant, ont conduit à une perte de 80% des contrats. L’entreprise, qui emploie deux salariés, a reconnu être dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible. La question de droit portait sur la caractérisation de l’état de cessation des paiements et l’ouverture d’une procédure collective adaptée. Le tribunal a fait droit à la demande modifiée en ouvrant un redressement judiciaire.

I. L’ouverture du redressement judiciaire conditionnée par la cessation des paiements

Le tribunal constate d’abord que la condition légale de la cessation des paiements est remplie en l’espèce. Il relève que l’entreprise « se trouve dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible » (Motifs de la décision). Cette appréciation souveraine du juge du fond est fondée sur les informations recueillies en chambre du conseil et les pièces produites par le débiteur. La valeur de ce motif est de rappeler le critère essentiel de l’ouverture du redressement judiciaire, distinct de la sauvegarde. La portée de cette constatation est immédiate, car elle écarte la demande initiale de sauvegarde qui suppose l’absence de cessation des paiements.

Le tribunal fixe ensuite la date de cessation des paiements au 15 septembre 2025, conformément à la déclaration du débiteur. Cette fixation est opérée « sous réserve de l’éventuelle nécessité de la reporter » (Motifs de la décision), ce qui révèle la prudence du juge. La portée de cette date est cruciale pour déterminer la période suspecte et les éventuelles actions en nullité de la période. Le sens de cette réserve est d’ouvrir la possibilité d’un report ultérieur si des éléments nouveaux le justifient.

II. L’application d’une procédure simplifiée et les mesures conservatoires

Le tribunal opte pour une procédure de redressement judiciaire sans administrateur judiciaire, en raison de la taille modeste de l’entreprise. Cette décision est prise « eu égard au montant du chiffre d’affaires hors taxes et au nombre de salariés » (Motifs de la décision). La valeur de ce choix est de privilégier une gestion allégée et moins coûteuse pour une petite structure. La portée pratique est immédiate, le débiteur conservant la gestion de son entreprise sous la surveillance du seul mandataire judiciaire.

Enfin, le jugement ordonne diverses mesures destinées à assurer le bon déroulement de la période d’observation. Le tribunal exige notamment le dépôt d’un rapport par le chef d’entreprise pour justifier de ses capacités financières à poursuivre l’activité. La portée de ces injonctions est de responsabiliser le débiteur et de permettre au tribunal de contrôler l’évolution de la situation. Le sens de ces mesures est de garantir que la période d’observation serve véritablement à l’élaboration d’un plan de redressement.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».