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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Tribunal de commerce de Saint-Étienne, le 17 décembre 2025, n°2025F01534

Le tribunal de commerce de Saint-Étienne, par un jugement contradictoire du 17 décembre 2025, a ordonné la poursuite de la période d’observation d’une personne physique exploitant un fonds de commerce de restauration.
Cette décision fait suite à l’ouverture d’un redressement judiciaire le 22 octobre 2025 et à l’examen des capacités financières de l’entreprise.
La question de droit centrale portait sur la viabilité économique de l’activité pour permettre l’élaboration d’un plan de redressement.
Le tribunal a répondu par l’affirmative en constatant que l’entreprise dispose des capacités financières suffisantes pour poursuivre son activité jusqu’au 22 avril 2026.

La confirmation de la viabilité économique comme condition de la poursuite d’activité.

Le tribunal fonde sa décision sur une appréciation concrète des résultats de l’entreprise depuis l’ouverture de la procédure collective.
Il relève que « le chiffre d’affaires est de 12K€, que les résultats sont bénéficiaires, que la trésorerie est positive et qu’aucune nouvelle dette n’a été créée ».
Cette analyse des indicateurs financiers constitue le socle factuel permettant de justifier la prolongation de la période d’observation.
La valeur de ce contrôle réside dans la vérification de l’absence d’aggravation du passif pendant la phase initiale du redressement.
La portée de ce constat est de valider le maintien de l’entreprise sous la protection de la procédure sans basculer vers une liquidation judiciaire immédiate.

La soumission du maintien à un calendrier judiciaire strict pour la préparation du plan.

Le jugement fixe une échéance précise au 22 avril 2026 pour le retour de l’affaire devant le tribunal en chambre du conseil.
Il impose au dirigeant de déposer un rapport complet sur la situation économique et sociale au moins cinq jours avant cette audience.
Le tribunal exige également la communication d’un projet de plan quinze jours avant l’audience en cas de possibilité sérieuse de redressement.
Cette organisation procédurale démontre la volonté du juge de structurer la phase d’observation autour d’objectifs temporels contraignants.
La valeur de ce dispositif est d’éviter l’écoulement passif du temps et de responsabiliser le débiteur dans la construction de son plan.
La portée de cette décision est de conditionner la survie de l’entreprise à la démonstration rapide d’une perspective crédible de redressement.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».