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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Tribunal de commerce de Compiègne, le 7 janvier 2026, n°2025L01223

Le tribunal de commerce de Compiègne, dans un jugement du 7 janvier 2026, statue sur le maintien de la période d’observation d’une société civile immobilière en redressement judiciaire. Une procédure de redressement avait été ouverte le 10 décembre 2025, et le juge-commissaire a rendu un rapport favorable à la poursuite de l’activité. La question centrale portait sur la capacité financière de l’entreprise à poursuivre son exploitation en vue d’un plan de redressement. Le tribunal a décidé de maintenir la période d’observation jusqu’au 10 juin 2026, constatant que la société disposait des capacités nécessaires.

L’appréciation des capacités financières de l’entreprise constitue le fondement de la décision. Le tribunal a constaté que « l’exploitant semble disposer de capacités financières suffisantes pour poursuivre son activité » (Motifs). Cette formulation prudente indique une évaluation provisoire et non définitive de la situation financière du débiteur. La valeur de cette solution est de permettre la continuation de l’activité sans exiger une certitude absolue de succès. La portée de ce constat est de conditionner la poursuite de la procédure à une viabilité économique minimale.

Le contrôle du paiement des charges courantes renforce l’appréciation de la bonne gestion de l’entreprise. Le mandataire judiciaire a déclaré que la société était « à jour du règlement de ses charges d’exploitation et qu’aucune dette nouvelle n’est annoncée » (Motifs). Cette absence de dettes nouvelles constitue un indice fort de la capacité de l’exploitant à honorer ses obligations. La valeur de cet élément est de rassurer le tribunal sur la sincérité des efforts de redressement. La portée de ce contrôle est de prévenir l’aggravation du passif pendant la période d’observation.

L’office du tribunal se limite à vérifier la viabilité immédiate de l’entreprise sans se prononcer sur le plan futur. Le jugement maintient la période d’observation afin de « permettre à l’exploitant de déposer au greffe le projet de plan » (Dispositif). Cette solution offre un délai supplémentaire pour élaborer un plan de redressement concret et viable. La valeur de cette approche est de privilégier la sauvegarde de l’entreprise par une solution négociée. La portée de la décision est de fixer un calendrier strict pour la présentation du projet de plan.

La décision impose des obligations procédurales strictes pour garantir la transparence de la procédure. Le tribunal exige le dépôt d’un rapport sur la situation financière, économique et sociale de l’entreprise. Cette communication doit être faite au moins cinq jours avant l’audience aux différentes parties prenantes. La valeur de ces obligations est d’assurer un contrôle continu de la situation de l’entreprise. La portée de ces mesures est de responsabiliser l’exploitant dans la gestion de la période d’observation.

La dégradation éventuelle de la situation financière est anticipée par une clause de sauvegarde impérative. Le tribunal ordonne qu' »en cas de dégradation de la situation financière de l’entreprise et de difficultés de paiement, l’exploitant ou le mandataire judiciaire devront en faire rapport sans délai » (Dispositif). Cette disposition permet une réaction rapide du tribunal en cas de nouvel incident de paiement. La valeur de cette clause est de protéger les créanciers contre une aggravation du passif. La portée de cette mesure est de permettre une éventuelle conversion en liquidation judiciaire sans attendre l’échéance fixée.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».