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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Tribunal de commerce de Clermont-Ferrand, le 23 décembre 2025, n°2025011907

Le tribunal de commerce de Clermont-Ferrand, par un jugement du 23 décembre 2025, a ouvert une procédure de liquidation judiciaire simplifiée à l’encontre d’une société à responsabilité limitée exploitant une activité de rôtisserie et de menuiserie. La demande avait été formée par une créancière via le tribunal digital le 10 décembre 2025, après que la société débitrice eut été convoquée en chambre du conseil. La question de droit portait sur la réunion des conditions de la cessation des paiements et sur l’impossibilité manifeste d’un redressement. Le tribunal a fait droit à la demande en ouvrant la liquidation judiciaire immédiate, avec une procédure simplifiée.

I. La constatation de l’état de cessation des paiements

Le tribunal a vérifié que la société débitrice ne pouvait faire face à son passif exigible avec son actif disponible. Il relève que « le chiffre d’affaires du dernier exercice est inexistant » et que « l’actif disponible est inexistant » (Motifs). Le passif exigible est évalué à 1084,61 euros tandis que le passif à échoir atteint 16648,15 euros, confirmant l’insuffisance de trésorerie. La cessation des paiements est ainsi caractérisée au sens de l’article L. 631-1 du code de commerce, justifiant l’ouverture de la procédure collective. La date de cessation des paiements est fixée au 10 septembre 2025, conformément aux dispositions légales.

En retenant une demande via le tribunal digital, la décision illustre la modernisation des procédures collectives par la numérisation des actes de procédure. La recevabilité de la demande est admise sans contestation, ce qui souligne la souplesse procédurale accordée aux créanciers pour saisir la juridiction commerciale. Cette solution s’inscrit dans la volonté de faciliter l’accès à la justice économique tout en respectant le contradictoire. La valeur de ce point est de confirmer que la dématérialisation n’altère pas les garanties fondamentales du procès.

II. L’impossibilité manifeste de redressement justifiant la liquidation immédiate

Le tribunal estime que « le redressement de l’entreprise est manifestement impossible » (Motifs) au vu des éléments fournis. L’absence de salarié et l’absence de chiffre d’affaires démontrent l’absence totale d’activité économique viable, rendant tout plan de redressement illusoire. En conséquence, la liquidation judiciaire est prononcée directement, sans phase d’observation préalable, conformément à l’article L. 640-1 du code de commerce. La procédure simplifiée est également retenue en application des articles L. 641-2 et suivants.

La portée de cette décision est de rappeler que le juge dispose d’un pouvoir souverain pour apprécier l’impossibilité de redressement, sans être tenu par une période d’observation. En désignant un liquidateur et un juge-commissaire, le tribunal assure la continuité des opérations de liquidation dans un délai contraint de douze mois. Cette solution garantit une célérité procédurale conforme à l’objectif de désendettement rapide du débiteur et de désintéressement des créanciers.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».