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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Tribunal de commerce de Angers, le 7 janvier 2026, n°2026000004

Le tribunal de commerce d’Angers, par un jugement du 7 janvier 2026, a ouvert une procédure de redressement judiciaire sans administrateur. Une société exploitant un restaurant-bar avait déposé une déclaration de cessation des paiements le 2 janvier 2026. Le tribunal a constaté que l’actif disponible était insuffisant pour couvrir un passif échu de 74 903 euros. La question centrale portait sur la réunion des conditions légales d’ouverture du redressement judiciaire. Le tribunal a répondu par l’affirmative en prononçant la mesure, fixant la période d’observation à six mois.

I. La compétence du tribunal et la cessation des paiements établie

Le tribunal a d’abord vérifié sa compétence matérielle en application de l’article L.621-2 du Code de commerce. Il a relevé que la société débitrice était commerciale tant par sa forme que par son objet social. Cette affirmation suffit à fonder la compétence exclusive du tribunal de commerce. La solution est classique et ne soulève aucune difficulté particulière en l’espèce. La valeur de ce rappel est de sécuriser la procédure dès son origine.

Ensuite, le jugement a caractérisé l’état de cessation des paiements de la société débitrice. Il résulte des motifs que « la SARL BF ANGERS ne dispose pas d’un actif disponible suffisant pour faire face à son passif échu déclaré de 74.903 euros » (Motivation). Cette constatation répond aux exigences de l’article L.631-1 du Code de commerce. La portée de cette appréciation est décisive car elle conditionne l’ouverture de toute procédure collective.

II. Le choix du redressement judiciaire et ses modalités pratiques

Le tribunal a écarté l’ouverture d’une liquidation immédiate en privilégiant le redressement judiciaire. La motivation révèle que la société emploie six salariés et projette de faire évoluer son fonds de commerce. Le redressement doit permettre de résilier le contrat de franchise jugé trop onéreux. La valeur de cette orientation est de favoriser le sauvetage de l’entreprise et la préservation des emplois.

Enfin, le jugement a fixé la durée de la période d’observation à six mois et désigné les organes de la procédure. Il a nommé un juge-commissaire, un mandataire judiciaire et un chargé d’inventaire pour réaliser les opérations légales. La portée de ces mesures est d’encadrer strictement la gestion de l’entreprise sous contrôle judiciaire. Le tribunal a également fixé une audience de suivi au 4 mars 2026 pour évaluer les capacités de financement.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».