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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
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Avocat au Barreau de Paris

Tribunal de commerce de Roanne, le 17 septembre 2025, n°2025L00262

Le Tribunal de commerce de Roanne, le 17 septembre 2025, statue sur une requête en liquidation judiciaire simplifiée. Le liquidateur sollicite un report du délai de clôture en raison de sanctions envisagées. Le tribunal accueille la demande et met fin au régime simplifié. Il proroge le délai de clôture jusqu’au 18 mars 2026.

La modulation du régime procédural simplifié

La faculté de retrait du cadre simplifié

Le tribunal use de son pouvoir discrétionnaire pour quitter le régime de liquidation simplifiée. Il motive spécialement sa décision par la perspective de sanctions contre l’ancien dirigeant. Cette approche confirme la nature optionnelle et révisable de ce cadre procédural allégé. Le juge conserve ainsi un contrôle adaptatif sur le déroulement de la liquidation.

« Attendu qu’il y a lieu de mettre fin à l’application des dispositions relatives à la liquidation judiciaire simplifiée » (Motifs). Cette décision rejoint une jurisprudence constante sur la réversibilité du dispositif. « Attendu que selon les dispositions de l’article L. 644 – 6 du Code de Commerce, à tout moment, le tribunal peut décider, par un jugement spécialement motivé, de ne plus faire application des dérogations prévues en matière de liquidation judiciaire simplifiée » (Tribunal de commerce de commerce de Pau, le 7 mars 2025, n°2024003969). La portée est claire : le simplifié n’est pas un carcan définitif.

La prorogation du délai de clôture

Le report lié à des investigations complémentaires

Le tribunal proroge le délai initial de clôture pour permettre la poursuite des investigations. Cette mesure est directement justifiée par la perspective de sanctions contre le dirigeant. Elle illustre la nécessaire adaptation des délais procéduraux aux impératifs de l’instruction. La clôture de la liquidation est ainsi subordonnée à l’exhaustivité des vérifications.

« Proroge jusqu’au 18 Mars 2026 le délai au terme duquel la clôture de la procédure (…) devra être présentée » (Dispositif). Le report trouve son fondement dans la nécessité de poursuivre l’instruction sur la gestion. « Attendu que la poursuite des opérations de liquidation judiciaire est nécessaire dans la mesure où la citation du dirigeant en application de sanctions est envisagée » (Tribunal de commerce de commerce de Créteil, le 9 avril 2025, n°2025L00717). La valeur est de lier le calendrier procédural aux diligences du liquidateur.

La conciliation des impératifs contradictoires

L’équilibre entre célérité et approfondissement

La décision opère un subtil équilibre entre deux logiques procédurales antagonistes. Elle quitte le régime simplifié pour favoriser un examen approfondi des faits. Elle compense cependant cette complexification par un report substantiel du délai de clôture. Le juge cherche ainsi à concilier la recherche de la vérité avec une issue procédurale dans un temps raisonnable.

La recherche d’une instruction complète et efficace

Le juge privilégie manifestement l’approfondissement des investigations sur la rapidité de la procédure. La perspective de sanctions justifie un renforcement des moyens d’instruction et du temps alloué. Cette orientation garantit une instruction complète des responsabilités potentielles du dirigeant. Elle témoigne de la primauté donnée à la sanction des fautes de gestion sur la célérité formelle.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».