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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
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Tribunal de commerce de Rennes, le 17 septembre 2025, n°2025L00415

Le Tribunal de commerce de Rennes, le 17 septembre 2025, statue sur une requête en conversion d’un redressement judiciaire en liquidation. Une société commerciale, préalablement placée en redressement, fait l’objet d’une demande de conversion par son administrateur judiciaire. Le tribunal, après audition et examen des rapports, constate l’impossibilité de redressement. Il prononce la liquidation judiciaire et nomme un liquidateur, mettant fin à la période d’observation.

Le constat de l’impossibilité manifeste de redressement

Le tribunal fonde sa décision sur une appréciation concrète de la situation économique. Il relève notamment la faiblesse de l’activité et l’ampleur du passif. Ces éléments objectifs rendent irréalisable l’élaboration d’un plan de continuation. « Attendu que l’activité est faible rendant impossible la présentation d’un plan de redressement et du niveau de passif à traiter » (Motifs). Cette analyse factuelle est déterminante pour qualifier la situation. Elle permet de vérifier la condition légale d’impossibilité de redressement exigée par le code. La décision illustre ainsi le contrôle judiciaire sur les éléments déclenchant la liquidation.

La chambre du conseil permet un examen approfondi de la situation du débiteur. Le juge recueille des informations complémentaires lors de cette audience. « Attendu qu’il résulte des informations recueillies par le Tribunal, notamment en chambre du conseil […] que l’entreprise débitrice se trouve dans l’impossibilité de poursuivre son activité » (Motifs). Cette procédure garantit le respect du contradictoire avant une décision grave. Elle offre au débiteur une ultime occasion de présenter ses observations. La méthode confirme le caractère éclairé et proportionné de la décision de conversion.

Les conséquences procédurales de la conversion prononcée

La décision entraîne une modification immédiate du cadre procédural applicable. Le tribunal met un terme à la période d’observation ouverte lors du redressement. Il nomme un liquidateur judiciaire et met fin aux fonctions de l’administrateur. « Met fin à la mission de la SELARL [V] & Associés […] en sa qualité d’administrateur judiciaire » (Dispositif). Cette substitution d’organes marque le passage à une logique de réalisation des actifs. La procédure change ainsi fondamentalement de nature et d’objectif. Elle passe d’une tentative de sauvegarde à une organisation du démantèlement.

Le jugement organise les modalités futures de la liquidation ouverte. Il fixe un délai pour l’examen de la clôture, conformément au code de commerce. « Dit que, conformément à l’article L. 643-9 al.1 du Code Commerce, le délai […] est fixé à 2 ans » (Dispositif). Cette mesure encadre la durée de la procédure pour en assurer l’efficacité. L’exécution provisoire est ordonnée pour éviter tout retard préjudiciable. La publicité du jugement assure la sécurité juridique des tiers. L’ensemble constitue un dispositif complet et conforme aux textes.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».