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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Tribunal de commerce de Nice, le 17 septembre 2025, n°2025RG01931

Le Tribunal de commerce de Nice, le 17 septembre 2025, prononce la liquidation judiciaire d’une société. Celle-ci avait déclaré son état de cessation des paiements. Le tribunal, statuant sur le fondement de l’article L640-1 du code de commerce, constate l’impossibilité de redressement. Il ouvre ainsi la procédure de liquidation et fixe la date de cessation des paiements.

La caractérisation de l’état de cessation des paiements

Le tribunal vérifie d’abord les conditions d’ouverture de la procédure collective. Il relève que la société se trouve dans l’impossibilité de faire face à son passif. Cette appréciation est essentielle pour déclencher le régime de la liquidation judiciaire.

L’exigence d’un passif certain et exigible

La décision s’appuie sur l’existence d’un passif exigible au jour de son examen. Le tribunal note que « la débitrice se trouve dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible ». Cette formulation rappelle le critère légal de la cessation des paiements. Elle souligne la nécessité d’un déséquilibre financier actuel et avéré.

La jurisprudence exige en effet un passif certain pour caractériser cet état. « N’étant pas justifié de l’existence d’un passif exigible au jour où la cour statue, l’état de cessation des paiements n’est pas constitué » (Cour d’appel de Paris, le 12 mars 2024, n°23/15068). Le jugement commenté applique strictement ce principe. Il écarte ainsi toute ouverture de procédure sur la base d’un simple risque futur.

La constatation de l’impossibilité de redressement

Le tribunal examine ensuite les perspectives de survie de l’entreprise. Il fonde sa décision sur une appréciation in concreto de la situation économique. Les éléments fournis par le débiteur lui permettent de statuer sur le sort de l’entreprise.

L’absence de perspective de continuation

Le juge estime que le redressement est manifestement impossible. Il motive sa décision par « les élements présentés par l’entreprise ». Cette brève mention suffit à justifier le prononcé de la liquidation. Elle montre que le tribunal a exercé son pouvoir souverain d’appréciation des preuves.

La décision évite ainsi toute ouverture inutile d’une procédure de redressement. Elle respecte l’économie du droit des entreprises en difficulté. Le prononcé direct de la liquidation protège les créanciers d’une aggravation du passif. Il traduit une application pragmatique des textes par le juge du fond.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».