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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Tribunal judiciaire de Paris, le 18 septembre 2025, n°2025017020

Le Tribunal judiciaire de Paris, le 18 septembre 2025, se prononce sur une demande de liquidation judiciaire. La société requérante invoque l’impossibilité de tout redressement. Le débiteur déclare un passif exigible et une trésorerie nulle. Le tribunal constate l’état de cessation des paiements. Il ouvre une liquidation judiciaire simplifiée et fixe provisoirement la date de cessation.

La qualification de la cessation des paiements

La caractérisation de l’état de cessation. Le tribunal fonde sa décision sur l’impossibilité de faire face au passif. « Il ressort des explications fournies et des documents versés que la SAS MMF est dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible, et se trouve donc en état de cessation des paiements. » (Motifs). Cette appréciation in concreto est immédiate au vu des déclarations. La jurisprudence confirme cette approche fondée sur l’absence de réserves de crédit. « qu’en l’état du refus de la société Vert Marine de poursuivre son soutien financier, la société débitrice ne dispose d’aucune réserve de crédit lui permettant de faire face à son passif exigible et se trouve en état de cessation des paiements » (Cass. Chambre commerciale financière et économique, le 15 novembre 2017, n°16-19.690). La portée est pratique, évitant une analyse économique approfondie.

La fixation provisoire de la date de cessation. Le tribunal use de son pouvoir d’appréciation face à une incertitude. « Au regard des seuls éléments d’information transmis par le débiteur et de l’impossibilité qui en résulte de déterminer précisément la date de cessation des paiements de la SAS MMF, il conviendra de fixer provisoirement celle-ci à la date du présent jugement. » (Motifs). Cette solution préserve les droits des créanciers en évitant une date antérieure fictive. Sa valeur est de sécuriser la procédure dès son ouverture. Elle permet une liquidation efficace malgré l’absence de données précises.

Le régime procédural de la liquidation ouverte

Le recours à la procédure simplifiée. Le tribunal applique le régime adapté aux petites structures. « il sera fait ainsi application de la procédure simplifiée prévue à l’article L. 644-1 du code de commerce. » (Motifs). Ce choix est conditionné par le respect de seuils légaux concernant l’actif et le chiffre d’affaires. Le sens est d’alléger les formalités pour les dossiers les moins complexes. La portée est économique, visant une gestion plus rapide et moins coûteuse de l’insolvabilité.

L’organisation des mesures de liquidation. Le jugement désigne les organes de la procédure et fixe un calendrier strict. Il ordonne un inventaire contradictoire et impose un délai de six mois pour le dépôt des propositions sur les créances. La clôture est envisagée dans un délai tout aussi bref. Cette célérité traduit la volonté d’une liquidation expéditive. La valeur réside dans l’encadrement rigoureux d’une procédure pourtant simplifiée. Elle assure une fin de vie ordonnée de la personne morale débitrice.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».