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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Tribunal de commerce, le 22 septembre 2025, n°2025017254

Le tribunal de commerce, statuant en premier ressort, a été saisi d’une demande d’ouverture d’une liquidation judiciaire. La société requérante, en cessation des paiements, présentait un passif exigible de 23 000 euros sans trésorerie. Le tribunal a ouvert la liquidation judiciaire et a retenu l’application du régime simplifié, fixant la date de cessation des paiements au 1er juillet 2025.

La caractérisation de l’état de cessation des paiements
Le constat de l’impossibilité de redressement
Le tribunal constate que le débiteur ne peut faire face à son passif exigible avec son actif disponible. Cette situation caractérise l’état de cessation des paiements, condition nécessaire à l’ouverture d’une liquidation. Le jugement relève spécifiquement l’incapacité à honorer des dettes locatives depuis une date précise. Cette analyse est conforme à la définition légale de la cessation des paiements, qui ne requiert pas l’existence d’un déséquilibre financier durable.

La consécration d’un état de fait objectif
La décision s’appuie sur les déclarations du débiteur et les pièces versées aux débats pour établir cet état. Elle retient une date certaine pour le début de la cessation, fondée sur un fait objectif de non-paiement. Cette fixation est essentielle pour déterminer la période suspecte et assurer la sécurité juridique des actes antérieurs. Le tribunal applique strictement les critères légaux sans effectuer une appréciation économique prospective.

Le choix de la procédure de liquidation judiciaire simplifiée
Les conditions d’application du régime dérogatoire
Le tribunal ordonne l’application de la procédure de liquidation judiciaire simplifiée. Il justifie ce choix par le respect de trois seuils prévus par le code de commerce. L’actif ne comprend pas de biens immobiliers, le nombre de salariés et le chiffre d’affaires sont inférieurs aux limites réglementaires. Ce contrôle permet de vérifier l’éligibilité à un régime procédural allégé et accéléré, destiné aux petites structures.

Les implications procédurales d’une liquidation simplifiée
Le prononcé entraîne des modalités d’exécution spécifiques, comme un délai de clôture contraint. « Dit que, conformément à l’article L. 644-5 du code de commerce, la clôture de la procédure de liquidation judiciaire devra être examinée par ce tribunal au terme du délai d’un an » (Motifs). Ce cadre temporel strict vise une liquidation rapide. La désignation d’un mandataire de justice pour un inventaire contradictoire garantit la transparence initiale de l’actif.

La décision illustre le contrôle judiciaire rigoureux des conditions d’ouverture d’une liquidation. Elle rappelle que la cessation des paiements est un constat de fait, indépendant de la cause des difficultés. Le recours au régime simplifié est conditionné au respect strict de critères chiffrés, assurant une application prévisible. Cette approche favorise une résolution efficiente des défaillances des très petites entreprises.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».