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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Tribunal de commerce, le 18 septembre 2025, n°2025016991

Le tribunal de commerce, statuant en premier ressort, a ouvert une procédure de sauvegarde à l’égard d’une société commerciale. Il a constaté des difficultés insurmontables menaçant la cessation des paiements. La décision ordonne une période d’observation de six mois et impose le dépôt d’un rapport économique et social.

Les conditions légales de l’ouverture de la sauvegarde

Le contrôle des critères substantiels de la procédure
Le tribunal vérifie scrupuleusement les conditions de l’article L. 620-1 du code de commerce. Il constate que le débiteur justifie de difficultés qu’il n’est pas en mesure de surmonter. Ces difficultés sont de nature à le conduire à la cessation des paiements. La procédure doit faciliter la réorganisation pour poursuivre l’activité et maintenir l’emploi. Le juge apprécie souverainement la réalité et la gravité de ces difficultés. Cette appréciation conditionne l’accès à un traitement préventif des difficultés.

La portée d’une appréciation in concreto des difficultés
L’examen des éléments concrets permet d’anticiper une cessation de paiements future. Le tribunal ne se fonde pas sur un état de cessation actuel. Il recherche si les difficultés présentes rendent cette cessation probable. Cette analyse prospective est essentielle à la philosophie de la sauvegarde. Elle distingue cette procédure préventive des traitements curatifs. La jurisprudence confirme cette approche en l’absence de cessation constatée. « Attendu qu’il résulte des faits exposés que les difficultés rencontrées ne paraissent pas pouvoir être surmontées par le débiteur sans l’ouverture d’une procédure de sauvegarde » (Tribunal de commerce de Paris, le 1 avril 2025, n°2025019626). La décision commentée s’inscrit dans cette ligne jurisprudentielle constante.

Les modalités pratiques de mise en œuvre de la procédure

L’encadrement strict de la période d’observation
Le tribunal fixe une période d’observation de six mois pour analyser la situation. Il impose au débiteur le dépôt d’un bilan économique et social préalable. Le juge ordonne également la production d’états financiers certifiés et d’une situation de trésorerie. Ces documents doivent être visés par un expert-comptable pour garantir leur fiabilité. Le débiteur doit se présenter accompagné des représentants du personnel. Cette obligation renforce le caractère collégial de l’examen de la situation de l’entreprise.

La désignation des organes de la procédure et leurs missions
Le jugement nomme un juge-commissaire et un mandataire judiciaire pour superviser la procédure. Il invite les salariés à désigner un représentant conformément à la loi. Le mandataire judiciaire devra déposer la liste des créances dans un délai de huit mois. Le tribunal confie au débiteur lui-même la réalisation de l’inventaire de ses biens. Cet inventaire doit être établi dans un délai maximum de quinze jours. Ces mesures organisent un cadre rigoureux pour la conduite de la sauvegarde. Elles visent à assurer une information complète et transparente pour tous les acteurs.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».