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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Tribunal de commerce de Saint-Quentin, le 19 septembre 2025, n°2025P00117

Le tribunal de commerce de Saint-Quentin, statuant le 19 septembre 2025, a été saisi par un organisme social pour l’ouverture d’une procédure collective. L’artisan, déjà concerné par une liquidation antérieure, invoquait une nouvelle activité pour rembourser ses dettes. Après une enquête préalable, le tribunal a constaté l’état de cessation des paiements et l’absence de perspective de redressement. Il a donc ouvert une liquidation judiciaire simplifiée obligatoire et immédiate sans maintien d’activité, en fixant la date de cessation des paiements au 19 mars 2024.

La caractérisation rigoureuse de l’état de cessation des paiements

La démonstration d’un passif exigible non couvert par l’actif disponible. Le tribunal fonde sa décision sur l’impossibilité pour le débiteur d’honorer son passif exigible. Il retient la créance de l’organisme social, certaine, liquide et exigible, comme un faisceau d’indices concordants. Le jugement énonce que « le débiteur est dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible » (Motifs). Cette approche objective, centrée sur la trésorerie, est conforme à la définition légale de la cessation des paiements. Elle écarte toute appréciation subjective de la situation économique du débiteur.

La confirmation par une enquête préalable et le rejet des allégations du débiteur. La décision s’appuie sur les conclusions d’un rapport d’enquête ordonné pour éclairer l’état de cessation. Elle écarte explicitement l’argument du dirigeant sur sa nouvelle activité, jugé insuffisant pour établir une perspective de redressement. La cour relève également que le débiteur est « un habitué des procédures collectives », une liquidation antérieure étant en cours de clôture. Cette investigation renforce le constat d’une insolvabilité durable et non temporaire, justifiant l’ouverture de la liquidation.

Le choix d’une procédure de liquidation judiciaire simplifiée obligatoire

L’application cumulative des critères légaux de la liquidation simplifiée. Le tribunal vérifie méticuleusement les seuils légaux pour appliquer la procédure simplifiée. Il mentionne que « les seuils prévus par l’article L.641-2 pour l’application obligatoire de la procédure de liquidation judiciaire simplifiée, sont fixés pour le chiffre d’affaires hors taxes à 750 000 € et pour le nombre de salariés à 5 » (Motifs). Il applique également les seuils de durée de l’article L.644-5. Cette vérification en deux temps est essentielle pour déterminer le régime procédural applicable et sa durée maximale, ici fixée à six mois.

La mise en œuvre d’une liquidation immédiate sans maintien d’activité. La décision écarte tout redressement ou cession, ouvrant une liquidation sans maintien d’activité. Elle précise que la procédure n’affectera que le patrimoine professionnel de l’artisan. La date de cessation des paiements est fixée rétroactivement, motivée par les dettes sociales impayées. Cette solution radicale est justifiée par l’absence totale de perspective, confirmant que « le redressement est manifestement impossible » au sens de l’article L. 640-1 du code de commerce. Elle vise une clôture rapide pour un passif dont l’issue est prévisible.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».