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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Tribunal de commerce, le 29 septembre 2025, n°2025011214

Le tribunal de commerce, statuant en matière de redressement judiciaire, a été saisi de trois offres de reprise concurrentes pour une unité économique. Après une procédure d’examen détaillée, la juridiction a retenu l’offre présentée par une société spécialisée dans la sécurité. Elle a motivé son choix en application des critères légaux prévus à l’article L. 642-5 du code de commerce.

La primauté du critère de pérennité dans la sélection du repreneur

Le juge a opéré une analyse comparative approfondie des projets industriels. Il a écarté une offre en raison de sa faiblesse relative sur les garanties de pérennité à long terme. Une autre proposition a été rejetée pour son risque technologique majeur et l’hostilité du personnel. Le tribunal a ainsi mis en œuvre le critère légal qui impose de privilégier la viabilité future de l’activité. Cette approche garantit la préservation durable des emplois au-delà du simple reclassement immédiat.

L’adhésion du personnel constitue un facteur décisif de succès. Le rejet clair et réaffirmé par l’ensemble des salariés à l’offre de la société [A] SA conduit à fragiliser grandement la pérennité de ce projet de reprise. Cette considération a été déterminante dans le rejet de cette offre. La juridiction a ainsi reconnu que l’acceptation sociale est une condition sine qua non de la réussite d’une cession. Elle intègre pleinement la dimension humaine dans l’appréciation de la solidité du projet.

La mise en œuvre concrète des objectifs légaux de la cession

Le tribunal a vérifié le respect des obligations sociales et financières par le repreneur désigné. L’offre retenue prévoit la reprise intégrale des vingt-trois contrats de travail avec maintien des droits. Elle inclut aussi le paiement des congés payés acquis et le financement des départs en retraite. Ces engagements assurent une transition sociale sécurisée pour les salariés concernés. Ils traduisent une application stricte des impératifs de protection de l’emploi.

Le choix final s’est porté sur l’offre présentant les meilleures garanties d’exécution. Le tribunal a relevé la solidité du plan de développement à l’exportation et l’ajout de fabrications nouvelles. Il a aussi souligné le détail des investissements prévus et l’adhésion totale du personnel. Ces éléments répondent directement aux exigences légales de durabilité et de garantie. La décision illustre ainsi la recherche d’un équilibre entre tous les critères imposés par la loi.

Cette décision rappelle que le juge doit retenir l’offre la plus apte à assurer la continuité de l’exploitation. Elle affirme que la pérennité à long terme prime sur la seule considération du prix offert. L’hostilité du personnel devient un motif légitime d’écarter un repreneur pourtant compétent sur le plan technique. La portée de l’arrêt renforce le pouvoir souverain des juges dans l’appréciation des projets de reprise. Il consacre une approche globale et prospective du sauvetage de l’entreprise.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».