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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Tribunal de commerce de Paris, le 17 mars 2026, n°2025017703

Le Tribunal de commerce de Paris, statuant le 17 mars 2026, est saisi d’une demande de liquidation judiciaire. Le débiteur déclare un passif exigible de 35 000 euros face à un actif disponible de 2 500 euros. Le tribunal constate l’état de cessation des paiements et ouvre une liquidation judiciaire simplifiée. Il fixe la date de cessation au 19 août 2025 et organise les modalités de la procédure.

La caractérisation de l’état de cessation des paiements

La définition légale et son application concrète

Le tribunal retient la définition classique de la cessation des paiements. Il constate que la société est dans l’impossibilité de faire face à son passif exigible avec son actif disponible. Cette approche est strictement conforme à l’article L. 631-1 du code de commerce. Elle se fonde sur une appréciation de la trésorerie disponible à un moment donné.

La fixation précise du point de départ de l’état

La décision identifie une date certaine pour le début de l’état de cessation. Elle retient le 19 août 2025, date à laquelle la société n’a pu faire face à son passif exigible. « il conviendra dès lors de fixer à cette date la cessation des paiements » (Motifs). Cette précision est cruciale pour déterminer la période suspecte. Elle permet d’éviter toute contestation ultérieure sur le point de départ de l’insolvabilité.

Le régime de la liquidation judiciaire simplifiée

Les conditions d’application du dispositif allégé

Le tribunal opte pour la procédure de liquidation judiciaire simplifiée. Cette qualification découle de la situation modeste du débiteur. Son actif ne comprend pas de biens immobiliers et son chiffre d’affaires est faible. « il sera fait ainsi application de la procédure simplifiée prévue à l’article L. 644-1 du code de commerce » (Motifs). Ce choix vise à accélérer et à réduire le coût de la procédure.

L’organisation procédurale et les délais contraints

Le jugement met en place un cadre procédural strict et rapide. Il désigne un mandataire de justice pour réaliser un inventaire sous quinze jours. Il impose au liquidateur de déposer ses propositions sur les créances dans un délai de six mois. La clôture de la liquidation est envisagée au plus tard six mois après l’ouverture. Cette célérité est caractéristique des procédures simplifiées pour les petites entreprises.

Cette décision illustre l’application rigoureuse des critères de la cessation des paiements. Elle rappelle que cet état est constitué par l’impossibilité de faire face au passif exigible avec l’actif disponible. La fixation d’une date précise est essentielle pour la sécurité juridique. Le recours à la procédure simplifiée démontre une adaptation aux réalités économiques des très petites entreprises. Ce dispositif permet une gestion plus efficiente des défaillances de faible ampleur.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».