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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Tribunal de commerce de Lille, le 17 juin 2024, n°2025007884

Le tribunal de commerce de Lille, statuant le 17 juin 2024, a été saisi d’une demande d’ouverture d’une procédure collective. Il a constaté l’état de cessation des paiements de la société et l’impossibilité manifeste de son redressement. Le tribunal a donc ouvert la liquidation judiciaire et fixé la date de cessation des paiements au 30 mars 2024.

La qualification juridique de la cessation des paiements

La définition légale et son application concrète

Le tribunal rappelle les conditions légales d’ouverture d’une liquidation judiciaire. Il constate que la société ne peut faire face à son passif exigible avec son actif disponible. Cette formulation reprend strictement les termes de l’article L631-1 du Code de commerce. La cour d’appel de Nancy a précisé que cette situation « s’apprécie au jour où la cour statue » (Cour d’appel de Nancy, le 10 septembre 2025, n°24/01465). Le tribunal applique donc ce critère au moment de son délibéré.

La portée de la fixation de la date de cessation

La décision fixe provisoirement la date de cessation au 30 mars 2024. Cette détermination est essentielle pour le déroulement de la procédure. Elle influence la période suspecte et l’opposabilité de certains actes. Le tribunal conserve ainsi un pouvoir souverain d’appréciation sur ce point de fait. Sa décision pourra être ultérieurement confirmée ou modifiée par le juge-commissaire.

Les conséquences procédurales de la qualification

L’ouverture de la liquidation judiciaire

Face à l’impossibilité de redressement, le tribunal ouvre la liquidation judiciaire. Il se fonde sur les articles L640-1 et suivants du Code de commerce. Cette décision entraîne la nomination d’un juge-commissaire et d’un liquidateur judiciaire. Le tribunal ordonne également la réalisation d’un inventaire par un commissaire de justice. Ces mesures visent à organiser la réalisation collective de l’actif.

La mise en œuvre des premières mesures de liquidation

Le tribunal désigne les organes de la procédure et définit leurs missions immédiates. Le liquidateur doit établir un rapport dans le mois suivant sa désignation. Le commissaire de justice doit dresser inventaire et réaliser la prisée des biens. Ces actes préparatoires sont indispensables à la bonne administration de la masse. Ils illustrent le passage d’une gestion entrepreneuriale à une liquidation sous contrôle judiciaire.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».