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Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
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Tribunal de commerce de Béziers, le 10 septembre 2025, n°2025005717

Le tribunal de commerce de Béziers, statuant le 10 septembre 2025, a examiné une demande du liquidateur. Ce dernier sollicitait la fin du régime de liquidation judiciaire simplifiée. La vente du fonds de commerce était en cours mais ne pouvait s’achever dans les délais légaux. Le débiteur ne s’est pas présenté à l’audience, rendant la décision réputée contradictoire. Le tribunal a accédé à la demande et ordonné le retour au droit commun de la liquidation judiciaire.

Le cadre juridique de la mutation procédurale

Les conditions légales du retour au droit commun sont strictement encadrées. Le tribunal fonde sa décision sur l’article L644-6 du code de commerce. Ce texte permet au juge de mettre fin aux règles simplifiées par un jugement spécialement motivé. La motivation retenue ici est l’impossibilité de clôturer la procédure dans le délai légal. Cette impossibilité découle directement de la vente du fonds toujours en cours à cette date. Le tribunal constate également l’absence du débiteur aux débats, suivant une jurisprudence établie. « Que le débiteur ne s’est pas présenté ni fait représenter à l’audience. » (Tribunal de commerce de commerce de Narbonne, le 5 mars 2025, n°2024003791) Cette absence constitue un élément supplémentaire justifiant la mutation procédurale.

La portée de cette décision est significative pour la pratique des liquidations. Elle rappelle que la simplification procédurale n’est pas irréversible. Le juge conserve un pouvoir de modulation dans l’intérêt du bon déroulement de la procédure. L’impossibilité de respecter les délais courts du régime simplifié est une cause classique de retour au droit commun. « Attendu que des fonds sont encore à recouvrer et à répartir mais que les délais de la procédure de liquidation judiciaire simplifiée s’avèrent trop courts pour ce faire. » (Tribunal de commerce, le 7 avril 2025, n°2025000100) La décision souligne ainsi le caractère subsidiaire et temporaire de la procédure simplifiée.

Les conséquences pratiques de la décision

Les effets immédiats de la décision transforment radicalement la procédure. Le tribunal « Met fin a l’application des règles de liquidation judiciaire simplifiée » et « Décide le retour aux règles de droit commun ». Cela implique notamment l’application des articles L.640-1 et suivants du code de commerce. Le liquidateur est maintenu en fonction mais voit son cadre d’action élargi. Il dispose désormais d’un délai de douze mois pour déposer la liste des créances avec ses propositions. La décision prévoit aussi la mention aux registres et répertoires légaux pour assurer sa publicité.

La valeur de cet arrêt réside dans sa rigueur procédurale et son effet pratique. Il garantit la continuité de la liquidation en adaptant son régime aux nécessités constatées. Le retour au droit commun offre plus de souplesse temporelle pour finaliser les opérations complexes. La protection des intérêts des créanciers reste au cœur de la motivation judiciaire. Enfin, le rappel de l’exécution provisoire de droit assure l’efficacité immédiate de la décision. Cette mutation procédurale permet ainsi de préserver l’actif en liquidation dans l’intérêt collectif.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».