Cabinet Kohen Avocats · Paris

—

Maître Reda KOHEN intervient en droit immobilier, droit des sociétés et droit des affaires à Paris. Première analyse : 80 € TTC, réponse personnelle sous 24 heures.

100 % confidentiel · Secret professionnel · Sans engagement

Article généré par une intelligence artificielle, selon un processus conçu et contrôlé par le cabinet

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

Barreau de Paris Immobilier, sociétés, affaires Fiche CNB avocat.fr
Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Chaudière en location : qui doit payer l’entretien annuel et que risque le locataire sans attestation en 2026

Octobre est le mois où les chauffagistes ne décrochent plus. Les rendez-vous d’entretien s’espacent, les devis de dépannage d’urgence gonflent, et la chaudière, rallumée après des mois d’arrêt, rappelle qu’elle n’a pas vu de technicien depuis deux ans. Pour un locataire, cette négligence n’est pas seulement un risque de panne un soir de grand froid : c’est une obligation annuelle écrite dans le Code de l’environnement, un papier à conserver deux ans, et un motif qui a déjà conduit un tribunal à résilier un bail et à ordonner l’expulsion.

La réponse tient en trois points. D’abord, l’entretien annuel concerne toutes les chaudières de 4 à 400 kW au gaz, au fioul ou au bois, et c’est en principe au locataire de le commander et de le payer chaque année civile, avec une attestation remise sous quinze jours. Ensuite, l’absence d’entretien ne coûte aucune amende, mais elle se paie autrement : retenue sur le dépôt de garantie, refus possible de l’assureur après un sinistre, et refus d’accès au technicien sanctionné jusqu’à la résiliation du bail. Enfin, ni le bailleur ni l’assureur ne gagnent à tous les coups : l’exclusion de garantie doit être formelle et limitée, et le manquement du locataire ne suffit pas sans lien avec le dommage, comme l’a rappelé une cour d’appel au printemps 2026.

Réserve importante avant d’entrer dans le détail : chaque logement dépend du bail signé, qui peut mettre l’entretien à la charge du bailleur, et du type d’installation, individuelle ou collective. Les décisions citées sont rappelées avec leurs références exactes et ne promettent aucun résultat pour un autre litige. Les contrats signés priment sur toute analyse générale, et seul le juge tranche en cas de désaccord.

I. Un entretien obligatoire, un payeur désigné et un papier à garder

A. Toutes les chaudières de 4 à 400 kW, chaque année civile, par un professionnel qualifié

Le champ de l’obligation est large et ne dépend ni de l’âge de l’appareil ni de son usage réel pendant l’année. Le Code de l’environnement dispose que Les chaudières alimentées par des combustibles gazeux, liquides ou solides dont la puissance nominale est supérieure ou égale à 4 kW et inférieure ou égale à 400 kW font l’objet d’un entretien annuel dans les conditions fixées par le présent paragraphe. Gaz, fioul, bois, charbon ou multicombustible : dès lors que la puissance entre dans la fourchette, l’entretien annuel s’impose, que la chaudière ait beaucoup tourné ou soit restée à l’arrêt. La page officielle du service public, vérifiée le 19 mai 2025, le résume sans détour : En tant que locataire, vous devez faire réaliser un entretien annuel de la chaudière.

Qui commande et qui paie ? Pour une chaudière individuelle, la règle est posée ainsi : Lorsque le logement, le local, le bâtiment ou partie de bâtiment est équipé d’une chaudière individuelle, l’entretien est effectué à l’initiative de l’occupant, sauf, le cas échéant, stipulation contraire du bail. L’entretien des chaudières collectives est effectué à l’initiative du propriétaire ou du syndicat des copropriétaires de l’immeuble. En location d’un logement à chaudière individuelle, c’est donc au locataire de prendre rendez-vous et d’en assumer le coût, sauf si le bail en dispose autrement, clause qu’il faut vérifier avant de se disputer. En chauffage collectif, la charge bascule : le propriétaire ou le syndicat des copropriétaires organise l’entretien, dont le coût remonte ensuite dans les charges récupérables selon les règles habituelles de la copropriété. Cette répartition explique les litiges d’automne : le locataire d’un studio chauffé au gaz individuel qui n’a rien commandé depuis l’état des lieux est déjà en faute, tandis que le copropriétaire qui attend tout du syndic doit vérifier que le contrat d’entretien collectif existe et couvre bien son bâtiment.

Le contenu de la visite n’est pas un simple coup d’œil. L’entretien annuel comporte, selon le texte : 1° La vérification de la chaudière et des installations destinées à la distribution et à la régulation de l’énergie thermique ainsi que, le cas échéant, leur nettoyage et leur réglage ; 2° L’évaluation du rendement de la chaudière et, sauf si les systèmes de chauffage et les besoins de chauffage n’ont pas changé depuis le dernier entretien, l’évaluation du dimensionnement du générateur de chaleur par rapport aux besoins de chauffage du bâtiment ou de la partie de bâtiment ; 3° La fourniture des conseils nécessaires portant sur le bon usage de la chaudière, sur les améliorations possibles de l’ensemble de l’installation de chauffage et sur l’intérêt éventuel du remplacement de celle-ci. Vérification, nettoyage, réglage, mesure de rendement et conseils de bon usage : le technicien ne se contente pas de constater que l’appareil démarre. Derrière le jargon du rendement et du dimensionnement se joue une question d’argent très concrète. Un technicien qui mesure un rendement dégradé ou une chaudière surdimensionnée par rapport aux besoins réels du logement met le doigt sur une surconsommation durable : l’appareil brûle plus de gaz ou de fioul que nécessaire, la facture grimpe chaque hiver, et l’usure s’accélère. Les conseils de bon usage et d’amélioration que le texte impose de fournir prennent alors tout leur sens : réglage des températures de départ, entretien des radiateurs et de la régulation, purge des émetteurs, voire remplacement d’un appareil vieillissant par un modèle adapté. Pour le locataire, ces conseils écrits sur l’attestation ou joints à celle-ci sont une monnaie d’échange avec le bailleur : ils documentent l’état de l’installation et fondent une demande de travaux d’amélioration, sans pour autant transférer au bailleur l’entretien courant qui reste dû. Pour le bailleur, ils signalent le moment où le remplacement devient plus rentable que la réparation, arbitrage qu’il a intérêt à trancher avant la panne de janvier plutôt que pendant.

C’est aussi le moment où se détectent les teneurs anormales en monoxyde de carbone, ce gaz invisible et inodore que le service public rappelle comme la raison d’être de l’entretien, avec les maux de tête, nausées et vertiges qui doivent alerter.

Le calendrier, enfin, est impitoyable et explique la ruée d’octobre : L’entretien doit être effectué chaque année civile, par une personne remplissant les conditions de qualification professionnelle prévues au II de l’article 16 de la loi n° 96-603 du 5 juillet 1996 relative au développement et à la promotion du commerce et de l’artisanat. En cas de remplacement d’une chaudière ou d’installation d’une nouvelle chaudière, le premier entretien doit être effectué au plus tard au cours de l’année civile suivant le remplacement ou l’installation. Chaque année civile, donc, et par un professionnel qualifié : ni le bricolage du dimanche ni le cousin chauffagiste non déclaré ne valent entretien. Pour une chaudière neuve installée en 2026, le premier entretien peut attendre 2027, mais pour toutes les autres, l’attestation 2026 doit dater d’avant le 31 décembre 2026. Un site spécialisé de l’énergie, dans un article mis à jour le 2 septembre 2026, décrit quatre mois inégaux pour décrocher l’attestation et des créneaux d’automne qui partent les premiers, avec un entretien courant autour de 170 euros contre un dépannage d’urgence bien plus coûteux. La demande mesurée en France sur la requête du problème culmine d’ailleurs chaque automne, avec un pic de 480 recherches en octobre 2025 : attendre novembre, c’est accepter le délai et le tarif de l’urgence.

Le périmètre ne s’arrête pas aux chaudières classiques. Le service public précise que Cette obligation concerne aussi les pompes à chaleur et appareils de chauffage avec ventilation. Les occupants équipés d’une pompe à chaleur air-eau ou d’un système ventilé sont donc soumis au même rythme annuel, avec la même attestation à conserver. Et l’enjeu affiché de cette visite dépasse le rendement énergétique : L’entretien de la chaudière vise à éviter les risques d’intoxication au monoxyde de carbone. Ce gaz est invisible et inodore. Il provoque des maux de tête, des nausées et des vertiges et peut être mortel. Il naît d’un équipement mal entretenu combiné à une mauvaise aération du logement. En cas de soupçon, la conduite officielle tient en trois gestes : En cas de soupçon d’intoxication, vous devez aérer votre logement, arrêter les appareils à combustion et appeler les secours. Ces phrases expliquent pourquoi les juges prennent le défaut d’entretien au sérieux : derrière le papier manquant, il y a un risque vital que le droit ne traite pas à la légère, même sans amende.

B. L’attestation sous quinze jours, deux ans de conservation et le dépôt de garantie en gage

L’entretien sans preuve ne vaut rien en cas de litige, et le texte organise cette preuve : La personne ayant effectué l’entretien établit une attestation d’entretien, dans un délai de quinze jours suivant sa visite. L’attestation est remise au commanditaire de l’entretien mentionné à l’article R. 224-41-5 , qui doit la conserver et la tenir à la disposition des agents mentionnés à l’article L. 226-2 du présent code et à l’ article L. 1312-1 du code de la santé publique pendant une durée minimale de deux ans. Quinze jours pour l’établir, deux ans pour la garder, et une présentation possible aux agents de contrôle de l’environnement et de la santé publique. Les spécifications techniques et le contenu exact de l’attestation sont renvoyés à un arrêté interministériel : Les spécifications techniques et les modalités de l’entretien annuel, notamment le contenu de l’attestation mentionnée à l’article R. 224-41-8 , sont fixées par arrêté des ministres chargés de la construction, de l’énergie et de la santé. Concrètement, le locataire réclame ce document à chaque visite, vérifie qu’il mentionne bien son adresse et la date, et le classe avec son bail : c’est lui qui le produira au bailleur, à l’assureur ou au juge.

Car le bailleur a un moyen de pression direct et légal. Le service public l’écrit noir sur blanc : si vous ne présentez pas une attestation d’entretien, votre bailleur peut retenir le montant de l’entretien sur le dépôt de garantie. Pas besoin d’aller au tribunal pour cela : à la sortie des lieux, l’absence d’attestation autorise la retenue du coût de l’entretien non fait. Le même texte précise l’autre versant, souvent découvert trop tard : En cas d’accident avec une chaudière mal entretenue, l’assureur peut également refuser de vous indemniser. Ce refus n’est toutefois pas automatique, comme on le verra : il dépend de la police signée et du lien entre le défaut d’entretien et le sinistre.

L’état des lieux de sortie concentre la plupart des litiges sur factures. Le bailleur qui retient le coût de l’entretien sur le dépôt de garantie doit pouvoir justifier la somme, en pratique par la facture du professionnel mandaté après le départ du locataire, et respecter les délais de restitution du solde. Le locataire qui présente une attestation de moins d’un an couvrant l’année civile en cours coupe court à cette retenue, à condition que le document corresponde bien au logement et à la période : une attestation d’un précédent logement ou d’une année antérieure ne prouve rien. Quand chacune des parties produit ses pièces, le débat se déplace vers la vétusté et l’usure normale, que le bailleur ne peut pas facturer, et vers les grilles de vétusté annexées au bail lorsqu’elles existent. D’où l’intérêt, pour les deux camps, de photographier l’installation à l’entrée et à la sortie et de dater chaque échange : en matière de charges et de retenues, le dossier le mieux documenté l’emporte presque toujours.

Du côté du bailleur, l’obligation de fond reste de louer un logement décent avec des équipements en bon état. L’article 7 de la loi du 6 juillet 1989 met à la charge du locataire l’entretien courant du logement, des équipements mentionnés au contrat et les menues réparations ainsi que l’ensemble des réparations locatives définies par décret en Conseil d’Etat, sauf si elles sont occasionnées par vétusté, malfaçon, vice de construction, cas fortuit ou force majeure. La nuance compte : ce qui relève de la vétusté, d’un vice de construction ou d’une malfaçon reste au bailleur, y compris le remplacement d’une chaudière hors d’usage. Le locataire entretient, le bailleur remplace : toute la frontière des litiges tient dans cette phrase. En pratique, le bailleur avisé joint au bail la dernière attestation, programme un rappel annuel et conserve les factures de remplacement, tandis que le locataire garde chaque attestation deux ans et signale par écrit tout dysfonctionnement, surtout une odeur de gaz, qui impose d’aérer sans toucher aux interrupteurs, de quitter le logement et d’appeler les secours depuis l’extérieur, puis de prévenir le bailleur par écrit.

Un cas mérite une attention particulière parce qu’il inverse les rôles : le bail qui confie l’entretien au bailleur ou le bailleur qui mandate lui-même un prestataire pour tout l’immeuble, comme le faisait l’office public de l’habitat avec sa société de maintenance dans l’affaire jugée à Montpellier. La règle de base ne change pas pour le locataire : même quand le bailleur organise la visite, l’occupant doit ouvrir sa porte aux dates proposées, en vertu de l’obligation d’accès pour l’entretien normal des locaux. Le montage le plus sûr, des deux côtés, consiste à tout écrire : le bailleur notifie les créneaux par lettre recommandée ou remise en main propre, le locataire confirme ou propose une autre date dans un délai raisonnable, et chacun conserve ses courriers. Quand le dialogue se grippe, ces échanges datés deviennent les pièces maîtresses du procès, comme l’ont été à Montpellier les mises en demeure de 2020 et 2023 et la sommation de 2024. À l’inverse, le locataire qui organise lui-même l’entretien n’a pas à accepter n’importe quel intervenant imposé sans base contractuelle : si le bail met l’entretien à sa charge sans désigner de prestataire, il choisit un professionnel qualifié de son choix, pourvu que l’attestation soit établie dans les règles.

II. Quand l’entretien manque : l’assurance, le bail et le juge

A. Pas d’amende, mais une exclusion de garantie à manier avec prudence

Première bonne nouvelle pour le locataire distrait : il n’existe aucune contravention pour défaut d’entretien de chaudière. Le service public est formel : La réglementation ne prévoit pas de sanction en l’absence d’entretien annuel de la chaudière. Aucune amende n’est donc applicable. Aucun policier ne verbalisera un locataire sans attestation, et aucun tribunal correctionnel ne s’en saisira. Mais cette absence de sanction pénale ne rend pas l’obligation facultative : ses effets se jouent sur le terrain civil, celui de l’assurance et du bail, où les conséquences financières dépassent largement le prix d’une visite.

Sur l’assurance, la règle de base protège plutôt l’assuré : Les pertes et les dommages occasionnés par des cas fortuits ou causés par la faute de l’assuré sont à la charge de l’assureur, sauf exclusion formelle et limitée contenue dans la police. Toutefois, l’assureur ne répond pas des pertes et dommages provenant d’une faute intentionnelle ou dolosive de l’assuré. Autrement dit, même une négligence, comme l’oubli de l’entretien, reste en principe couverte, sauf si la police contient une exclusion à la fois formelle et limitée. La Cour de cassation a précisé la portée de ce type de clause dans un arrêt du 14 octobre 2021, à propos d’une copropriété victime d’un dégât des eaux : la police excluait l’assurance de dommages ou responsabilité ayant pour origine un défaut d’entretien ou de réparation incombant à l’assuré, caractérisé et connu de lui La Haute juridiction a jugé qu’une telle stipulation constitue bien une exclusion de garantie soumise à l’exigence de formalisme, et non une simple condition d’ouverture de la garantie échappant à ce contrôle (Cour de cassation, deuxième chambre civile, 14 octobre 2021, pourvoi n° 20-14.094, cassation partielle). Pour l’occupant, la leçon est double : l’assureur peut opposer le défaut d’entretien, mais seulement s’il prouve une clause claire et circonscrite, et un défaut [caractérisé et connu] de l’assuré, ce qui suppose plus qu’un simple oubli allégué après coup.

La frontière tracée par le Code des assurances mérite d’être lue jusqu’au bout : si la simple négligence reste couverte sauf exclusion formelle et limitée, l’assureur ne répond pas des pertes et dommages provenant d’une faute intentionnelle ou dolosive de l’assuré. Oublier de prendre rendez-vous pendant deux ans relève de la négligence ; obturer volontairement une ventilation, trafiquer un détecteur ou remettre en route une chaudière condamnée par le technicien bascule vers l’intentionnel, avec une perte de garantie quasi certaine et un risque pénal en cas de blessure. Entre les deux, une zone grise nourrit le contentieux : le locataire qui a reçu une mise en demeure du bailleur, un avis de danger du technicien ou une alerte de l’assureur, puis n’a rien fait, s’expose à voir son inaction requalifiée. C’est une raison supplémentaire de répondre par écrit à tout signalement et de conserver les preuves de diligence : en assurance comme en justice, l’assuré qui démontre sa bonne foi part de beaucoup plus haut que celui qui ne produit rien.

Second garde-fou, souvent décisif : le lien entre le manquement et le sinistre. La cour d’appel de Toulouse l’a illustré le 8 avril 2026 dans un litige opposant une propriétaire à ses anciens locataires et à leur assureur après l’incendie d’une maison avec cheminée. La cour relève que si les locataires n’ont pas respecté leur obligation de ramonage annuel en ce qu’au jour de l’incendie le dernier ramonage remontait à 15 mois, l’expert n’a pas retenu ce manquement comme cause du sinistre Faute de lien causal établi par l’expertise judiciaire, et faute d’interdiction d’usage stipulée au bail, la propriétaire a été déboutée et condamnée aux dépens ainsi qu’à 5 000 euros au titre des frais irrépétibles (cour d’appel de Toulouse, 3e chambre, 8 avril 2026, RG 23/02530, confirmation). Transposé à la chaudière, l’enseignement vaut pour les deux camps : le locataire ne peut pas se croire à l’abri derrière un manquement sans conséquence, mais le bailleur ou l’assureur qui invoque l’absence d’entretien doit démontrer que ce défaut a causé ou aggravé le dommage. Une attestation manquante n’est pas une preuve automatique de responsabilité, et une attestation en règle n’efface pas un vice d’installation imputable au bailleur.

En pratique, trois réflexes protègent l’occupant après un sinistre. D’abord, relire sa police d’assurance habitation avant tout litige, en cherchant la rubrique des exclusions : une clause qui vise le défaut d’entretien doit être rédigée en termes précis et limités pour être opposable, et toute ambiguïté profite à l’assuré. Ensuite, déclarer le sinistre rapidement et par écrit, en joignant la dernière attestation d’entretien si elle existe, sans reconnaître par écrit une négligence qui n’est pas établie. Enfin, en cas de contestation sur l’origine du dommage, demander une expertise contradictoire plutôt que de subir seul celle de l’assureur : comme l’a montré l’affaire toulousaine, c’est l’expert judiciaire, et non l’affirmation d’une partie, qui départage la cause réelle de l’incendie. Ces gestes ne garantissent aucun résultat, mais ils évitent les deux erreurs qui coûtent le plus cher : l’absence totale de preuve d’entretien et l’acceptation passive d’un refus de garantie non démontré.

B. Le refus d’accès au technicien peut coûter le bail lui-même

Le cas le plus rude pour le locataire n’est pas financier, il est existentiel : la perte du logement. La loi oblige le locataire de permettre l’accès aux lieux loués pour la préparation et l’exécution de travaux d’amélioration des parties communes ou des parties privatives du même immeuble, de travaux nécessaires au maintien en état ou à l’entretien normal des locaux loués, de travaux d’amélioration de la performance énergétique à réaliser dans ces locaux et de travaux qui permettent de remplir les obligations mentionnées au premier alinéa de l’article 6. L’entretien annuel de la chaudière entre dans ces travaux d’entretien normal : refuser durablement la visite du prestataire mandaté, c’est violer une obligation essentielle du bail, pas une simple clause de confort.

Le tribunal judiciaire de Montpellier en a tiré toutes les conséquences le 10 novembre 2025, dans une affaire opposant un office public de l’habitat à sa locataire. Le bailleur établissait trois ans sans entretien malgré de nombreux passages et relances par courrier recommandé, avec une mise en demeure de juillet 2020, une autre d’avril 2023 visant un entretien non réalisé depuis janvier 2021, puis une sommation par commissaire de justice en 2024, jusqu’au procès-verbal constatant que l’intervention du technicien de proxiserve est impossible. Le juge en a déduit que ces manquements constituent des faits répétés, suffisamment graves, pour justifier la résiliation du contrat, à effet du prononcé du présent jugement, avant d’ordonner l’expulsion avec concours de la force publique passés deux mois après le commandement de quitter les lieux, de fixer une indemnité d’occupation de 376,66 euros par mois et de condamner la locataire aux dépens et à 500 euros de frais irrépétibles (tribunal judiciaire de Montpellier, juge des contentieux de la protection, 10 novembre 2025, RG 25/01397, premier ressort). Trois ans de refus, quatre relances écrites, un constat d’huissier : la résiliation judiciaire, prononcée sur le fondement de l’inexécution du contrat, suppose un dossier de preuves méthodique, pas une simple attestation manquante.

Que doit faire le bailleur face à un locataire qui ne répond pas ? La méthode qui ressort des décisions gagnantes tient en quatre gestes : proposer par écrit des créneaux de visite avec un préavis raisonnable, mettre en demeure par lettre recommandée en rappelant l’obligation d’accès, faire constater l’impossibilité par commissaire de justice, puis saisir le juge des contentieux de la protection. La résiliation obtenue ouvre la procédure d’expulsion du locataire avec ses délais protecteurs, dont la notification au représentant de l’État et le délai de deux mois après commandement. Et lorsque le différend mêle loyers, charges, travaux et troubles, l’analyse d’un cabinet d’avocats en droit immobilier à Paris aide à ordonner les démarches entre mise en demeure, conciliation et choix du bon juge. À l’inverse, le locataire qui reçoit une mise en demeure a intérêt à réagir vite : commander l’entretien, transmettre l’attestation et conserver la preuve de l’envoi fait généralement tomber l’argument de la gravité, car le juge apprécie souverainement si le manquement justifie encore la rupture au jour où il statue.

Conclusion

L’entretien annuel de la chaudière se résume à un réflexe d’automne : commander la visite avant l’engorgement de fin d’année, exiger l’attestation sous quinze jours, la conserver deux ans et la transmettre au bailleur. Le locataire d’une installation individuelle en assume l’initiative et le coût, sauf clause contraire du bail ; le propriétaire et le syndic assument le collectif. Aucune amende ne sanctionne l’oubli, mais le dépôt de garantie, la garantie d’assurance et, dans les cas extrêmes de refus d’accès répété, le bail lui-même sont en jeu. Et quand le sinistre survient, tout se joue sur deux questions que les décisions de 2021 à 2026 encadrent strictement : la police contenait-elle une exclusion formelle et limitée opposable, et le défaut d’entretien a-t-il vraiment causé le dommage. Commander l’entretien à temps, c’est s’offrir la meilleure des assurances : n’avoir ni l’une ni l’autre question à trancher.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».