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Rénovation d’ampleur 2026 : un logement classé D perd-il l’aide CEE au 1er septembre ?

L’arrêté du 17 août 2026, publié au Journal officiel le 23 août, modifie à très court terme les aides à la rénovation d’ampleur. À compter du 1er septembre, les fiches CEE BAR-TH-174 pour les maisons individuelles et BAR-TH-175 pour les appartements individuels sont recentrées sur les logements dont le DPE initial est classé E, F ou G. Un propriétaire d’un logement classé D peut donc perdre l’accès à cette rénovation d’ampleur, mais cette évolution ne supprime pas toutes les aides à la rénovation ni tous les certificats d’économies d’énergie.

La difficulté tient à la date juridique du projet. Une opération engagée avant le 1er septembre n’est pas traitée comme une opération nouvelle engagée après cette date. Le devis, l’offre du demandeur de CEE, l’audit, le DPE, la demande MaPrimeRénov’ et les échanges avec l’entreprise doivent être examinés ensemble. Le propriétaire doit aussi distinguer une décision de l’Agence nationale de l’habitat d’un refus opposé par un fournisseur d’énergie ou un délégataire CEE. Les voies de contestation, les délais et les preuves ne sont pas les mêmes.

I. Logement classé D, E, F ou G : quelles aides restent ouvertes en 2026 ?

A. Un logement classé D est-il exclu de la rénovation d’ampleur au 1er septembre ?

L’arrêté du 17 août 2026 est le texte qui déclenche l’urgence actuelle. Son objet est clairement identifié : il modifie les fiches BAR-TH-174 et BAR-TH-175, ainsi que la bonification Coup de pouce « Rénovation d’ampleur ». Le texte officiel indique que le périmètre des logements éligibles est recentré « aux logements de classes énergétiques E à G ». Il précise également : « les dispositions entrent en vigueur le 1er septembre 2026 et s’appliquent aux opérations engagées à compter de cette date ». Le texte complet peut être consulté sur l’arrêté du 17 août 2026 publié par Légifrance.

La réponse est donc oui pour les opérations nouvelles relevant de BAR-TH-174 ou BAR-TH-175 : un DPE initial classé D ne permet plus, à lui seul, d’entrer dans la fiche de rénovation d’ampleur à compter du 1er septembre. Cette règle ne signifie pas qu’un logement D devient juridiquement impropre à toute rénovation aidée. Elle signifie que le propriétaire ne peut plus présenter une rénovation globale sous le dispositif précis qui vise la maison individuelle ou l’appartement individuel rénové en profondeur.

Le classement D doit être lu au regard de l’article L. 173-1-1 du Code de la construction et de l’habitation. Ce texte prévoit que les bâtiments sont classés « par niveau de performance décroissant » et distingue les catégories A, B, C, D, E, F et G. Il place la classe D parmi les logements « assez peu performants », tandis que les classes E, F et G correspondent aux trois niveaux visés par la nouvelle restriction. La définition légale figure dans l’article L. 173-1-1 du Code de la construction et de l’habitation.

Il faut surtout éviter trois confusions.

Premièrement, la classe énergétique à prendre en compte est celle du logement avant les travaux. Le fait que le programme projeté puisse faire passer le logement de D à B ou à C ne transforme pas rétroactivement le DPE initial en étiquette E, F ou G. Une présentation artificielle du projet, un DPE choisi pour sa seule apparence favorable ou une modification tardive des pièces exposeraient le dossier à un contrôle et à une demande de remboursement.

Deuxièmement, la restriction concerne les opérations de rénovation d’ampleur des fiches BAR-TH-174 et BAR-TH-175. Elle ne fait pas disparaître le mécanisme CEE dans son ensemble. La page officielle de la consultation publique l’énonçait en ces termes : « Un logement de classe A à D pourra toutefois continuer à mobiliser les fiches CEE de rénovation par geste. » Le propriétaire d’un logement D doit donc demander une étude distincte : un changement de chauffage, une isolation déterminée ou une autre opération standardisée peut rester envisageable si les conditions propres à la fiche concernée sont réunies.

Troisièmement, une offre commerciale qui emploie indistinctement les mots « prime énergie », « MaPrimeRénov’ » et « Coup de pouce » ne suffit pas à établir un droit. Le dispositif CEE repose sur des obligations imposées à certains vendeurs d’énergie. L’article L. 221-1 du Code de l’énergie prévoit notamment que les personnes soumises à ces obligations peuvent s’en libérer « soit en réalisant, directement ou indirectement, des économies d’énergie, soit en acquérant des certificats d’économies d’énergie ». L’article L. 221-7 ajoute que les certificats peuvent être délivrés lorsque l’action, « additionnelle par rapport à leur activité habituelle », permet une économie d’énergie supérieure au seuil réglementaire. Ces deux textes sont accessibles sur Légifrance pour l’article L. 221-1 et pour l’article L. 221-7.

Le résultat pratique dépend alors de la fiche, du demandeur de CEE, de la date d’engagement et des caractéristiques du projet. Un fournisseur peut annoncer une prime, mais le propriétaire doit obtenir la référence exacte de l’opération, les conditions de l’offre, la date de validité et la liste des pièces demandées. Une somme affichée dans une simulation n’est pas encore une décision d’attribution.

B. Quelles aides restent accessibles à un logement E, F ou G ?

Pour les logements E, F et G, le changement ne crée pas un droit automatique à une somme déterminée. Il confirme en revanche que ces classes restent au cœur du parcours de rénovation d’ampleur en 2026, sous réserve des autres critères. Le ministère de la Transition écologique a indiqué lors de la réouverture du guichet que « la rénovation d’ampleur est à nouveau ouverte à tous les ménages, mais uniquement pour les logements classés E, F ou G au diagnostic de performance énergétique (DPE) ». La même information précise qu’un rendez-vous personnalisé avec un conseiller France Rénov’ est obligatoire avant le dépôt de la demande. La source officielle est la page du ministère consacrée à la réouverture de MaPrimeRénov’.

MaPrimeRénov’ rénovation d’ampleur et les CEE sont liés dans certains parcours, mais ils ne sont pas juridiquement identiques. MaPrimeRénov’ est attribuée par l’Anah selon les règles de la prime de transition énergétique. Les CEE sont délivrés ou valorisés par un demandeur habilité dans le cadre du Code de l’énergie. Un dossier peut comporter les deux volets, mais un refus de l’un ne se conteste pas automatiquement devant la même autorité que le refus de l’autre.

Les conditions annoncées par l’administration pour MaPrimeRénov’ rénovation d’ampleur doivent être vérifiées avant toute signature. Le logement doit être situé en France métropolitaine, constituer une résidence principale, être achevé depuis au moins quinze ans et présenter un DPE E, F ou G. Le propriétaire bailleur doit s’engager à louer le bien comme résidence principale pendant la durée requise ; le propriétaire occupant doit respecter la condition d’occupation applicable au versement du solde. Les propriétaires occupants, bailleurs, usufruitiers, acquéreurs munis de leur compromis et titulaires d’un droit réel conférant l’usage du bien figurent parmi les bénéficiaires présentés par l’administration. La fiche officielle de Bercy sur MaPrimeRénov’ rénovation d’ampleur détaille ces conditions et rappelle que le nu-propriétaire seul n’est pas éligible à cette aide.

Le programme de travaux doit également poursuivre un gain énergétique suffisant. L’administration présente une rénovation d’ampleur comme un ensemble permettant un gain d’au moins deux classes et comprenant au moins deux gestes d’isolation. Les travaux doivent être cohérents avec l’audit énergétique et respecter les caractéristiques techniques applicables. La page officielle indique notamment que les travaux ne doivent pas prévoir un chauffage fonctionnant majoritairement avec des énergies fossiles et que les équipements doivent respecter les critères réglementaires. Les travaux doivent être réalisés par des professionnels RGE lorsque cette condition est exigée par le parcours.

L’arrêté du 17 août 2026 renforce en outre l’exigence de décarbonation pour la fiche BAR-TH-174 relative à la maison individuelle. Son objet officiel précise que cette fiche est conditionnée aux maisons dont la production de chauffage et d’eau chaude sanitaire est totalement décarbonée après travaux. Il ne faut pas transposer automatiquement cette condition à chaque logement ou à chaque fiche : la maison et l’appartement ne relèvent pas exactement de la même annexe, et le dossier doit être comparé à la version applicable à sa date d’engagement.

Le propriétaire doit réunir, avant le dépôt ou l’engagement, un dossier lisible composé au minimum des éléments suivants :

  • le DPE initial complet, son numéro d’enregistrement et, si nécessaire, sa mise à jour ;
  • l’audit énergétique et le scénario de travaux retenu ;
  • les devis détaillés des entreprises, leurs qualifications et la date de la visite préalable lorsqu’elle est requise ;
  • les échanges avec France Rénov’, l’Accompagnateur Rénov’ et le demandeur de CEE ;
  • le titre de propriété, le compromis ou le justificatif du droit réel invoqué ;
  • les avis d’imposition et les justificatifs d’occupation ou de location ;
  • l’offre CEE, la référence de la fiche, la date d’engagement et les modalités de versement ;
  • les factures, attestations sur l’honneur, photographies et rapports de contrôle à conserver après les travaux.

Le cas du nu-propriétaire mérite une attention particulière. Dans son arrêt du 10 mars 2026, la cour administrative d’appel de Lyon, n° 24LY00258, a jugé que « la seule qualité de nu-propriétaire d’un logement ne confère pas à son titulaire de droit d’usage sur ce logement ». Elle a toutefois distingué cette situation de celle d’un titulaire d’un autre droit réel conférant l’usage. L’arrêt rappelle aussi qu’un prêt à usage, même conclu avec l’usufruitier, ne rend pas nécessairement son bénéficiaire titulaire d’un droit réel opposable à l’Anah. Le texte intégral de cette décision est disponible sur Légifrance, CAA de Lyon, 10 mars 2026, n° 24LY00258.

Cette décision ne tranche pas l’ensemble des dossiers CEE, mais elle montre le niveau de contrôle des qualités du demandeur. Une donation, un usufruit, une indivision, un compromis de vente ou une détention par société ne produisent pas les mêmes effets. L’identité du bénéficiaire doit être la même dans les devis, le dossier d’aide, l’attestation et les demandes de paiement, sauf mandat régulièrement établi.

II. Date d’engagement, refus de prime et recours : quelles démarches faut-il engager ?

A. Comment préserver un dossier engagé avant le 1er septembre 2026 ?

La date du 1er septembre ne se traite pas par une simple affirmation orale. Le propriétaire doit prouver la version du dispositif applicable à l’opération. L’annexe officielle de la fiche BAR-TH-174 demande notamment la « Date d’engagement de l’opération (ex : acceptation du devis) ». Cette mention est un indice central, mais elle doit être replacée dans l’ensemble du dossier : offre CEE, acceptation, devis, nature exacte des travaux, identification du bénéficiaire, version de la fiche et demandes du délégataire.

Pour une opération CEE hors Anah, la première démarche est d’adresser au demandeur ou au délégataire une demande écrite de confirmation. Le message doit demander :

  • la référence de la fiche BAR-TH-174 ou BAR-TH-175 retenue ;
  • la version de la fiche applicable au jour de l’engagement ;
  • la définition retenue de la date d’engagement ;
  • la confirmation que le DPE, le logement et le bénéficiaire satisfont les conditions ;
  • les pièces déjà reçues et celles qui manquent ;
  • le traitement prévu pour la transition entre la version antérieure et celle applicable au 1er septembre.

Une réponse téléphonique peut être utile pour comprendre le dossier, mais elle ne remplace pas cette confirmation écrite. Les courriels, PDF, captures de l’espace client et accusés de dépôt doivent être exportés avec leur date. Un devis signé le 31 août ne suffit pas si l’offre CEE a été établie après le changement, si le bénéficiaire n’est pas celui de la fiche ou si le projet a été substantiellement modifié. Inversement, un demandeur qui refuse un dossier ancien doit expliquer la raison exacte de ce refus et la pièce qui, selon lui, manque à la date d’engagement.

La page officielle de la consultation publique apporte une information pratique importante sur la transition. Elle indique que les modifications s’appliquent aux opérations engagées à compter du 1er septembre et que, pour les opérations engagées jusqu’au 31 août dans les anciennes versions, les demandeurs de CEE hors Anah devront recenser les opérations et transmettre la liste avant le 18 septembre 2026. Cette page est un document de préparation administrative, non une autorisation de fabriquer une date. Elle doit être utilisée pour demander au demandeur CEE la procédure de recensement effectivement appliquée. Elle est accessible sur la consultation du ministère relative aux fiches BAR-TH-174 et BAR-TH-175.

Le traitement est différent lorsque l’aide est demandée à l’Anah. Pour le parcours MaPrimeRénov’ rénovation d’ampleur, la page ministérielle indique que le dossier de demande d’aide déposé à compter du 1er septembre relève des nouvelles règles et que la transition se lit à partir de la date d’engagement prévue par le texte. Le propriétaire doit conserver l’accusé de réception du dépôt, le numéro de dossier, la date et l’intégralité des pièces téléversées. Une simple création de compte ou une simulation enregistrée ne doit pas être présentée comme un dépôt complet.

Le propriétaire ne doit pas commencer des travaux sur la seule promesse d’une prime. La fiche officielle de Bercy rappelle que le demandeur reçoit un accusé de réception, attend la décision de l’Anah puis, après confirmation, signe le devis et commence les travaux selon les règles du parcours. Une entreprise ou un mandataire qui incite à démarrer avant la sécurisation du dossier peut engager sa responsabilité si cette instruction a fait perdre une aide, mais cette responsabilité doit être prouvée par des documents précis.

Le contrat d’accompagnement ou de travaux peut aussi devenir le support d’un recours. L’article 1103 du Code civil pose que « Les contrats légalement formés tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faits ». L’article 1104 ajoute que les contrats doivent être négociés, formés et exécutés de bonne foi. Ces règles sont consultables sur l’article 1103 du Code civil et l’article 1104 du Code civil. Elles ne transforment pas une estimation en attribution administrative, mais elles permettent d’examiner une promesse contractuelle, une obligation d’information, un conseil défaillant ou une prestation facturée alors que le professionnel savait le dossier incompatible.

Si l’entreprise, le mandataire ou l’accompagnateur a manqué à son engagement, l’article 1217 du Code civil prévoit que la partie envers laquelle l’engagement n’a pas été exécuté peut notamment « obtenir une réduction du prix », « provoquer la résolution du contrat » ou « demander réparation des conséquences de l’inexécution ». Les sanctions compatibles peuvent être cumulées. La demande doit cependant relier la faute au préjudice : perte d’une prime, coût d’un audit inutile, travaux engagés à perte, surcoût de financement ou perte de chance d’obtenir une aide sous l’ancienne version. Le texte est consultable sur l’article 1217 du Code civil.

Les propriétaires parisiens et franciliens doivent ajouter une vérification locale à ce contrôle national. Dans une copropriété, l’accord de l’assemblée générale, l’accès aux parties communes, le calendrier du syndic et les autorisations d’urbanisme peuvent retarder l’opération. À Paris comme dans les autres départements d’Île-de-France, ces contraintes ne remplacent pas le DPE ni la date d’engagement, mais elles peuvent expliquer une modification du devis ou un décalage du chantier. Le procès-verbal d’assemblée, les courriels du syndic et les autorisations doivent donc être classés avec le dossier d’aide.

B. Comment contester un refus de CEE ou de MaPrimeRénov’ ?

Le premier réflexe consiste à identifier l’auteur de la décision. Un refus émis par l’Anah au titre de MaPrimeRénov’ est une décision administrative. Un refus d’un fournisseur d’énergie, d’un délégataire ou d’un mandataire CEE peut relever d’une relation contractuelle ou d’une décision prise dans le cadre du dispositif des certificats. La lettre reçue doit être conservée avec sa date, son motif, la fiche visée et les voies de recours. Il faut demander une décision écrite lorsque le refus n’est donné que par téléphone.

Pour MaPrimeRénov’, le recours administratif préalable prévu par le décret du 14 janvier 2020 doit être vérifié avant de saisir le tribunal. La cour administrative d’appel de Lyon, dans l’arrêt n° 24LY00258, a rappelé que l’introduction du recours contentieux était subordonnée à un recours administratif auprès du directeur général de l’Anah. Dans cette affaire, la décision implicite née du silence de l’Anah s’était substituée à la décision initiale. Le recours devait donc viser la bonne décision et respecter son propre délai. Une contestation adressée uniquement à l’entreprise qui a monté le dossier ne remplace pas ce recours administratif.

La décision de Lyon est particulièrement utile pour deux raisons. D’une part, elle montre qu’un refus initial peut être remplacé par une décision implicite après le recours préalable. D’autre part, elle rappelle que la qualité du demandeur doit être examinée au regard du droit invoqué. La cour a finalement validé le refus concernant le nu-propriétaire qui ne démontrait pas un droit réel immobilier opposable conférant l’usage du logement. Le raisonnement ne permet pas à l’Anah de refuser mécaniquement tous les dossiers d’indivision ou d’usufruit : il faut qualifier le droit et vérifier les pièces.

Après la décision administrative qui clôt le recours préalable, le délai contentieux est en principe de deux mois. L’article R. 421-1 du Code de justice administrative dispose : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. » Il précise aussi qu’une demande de paiement n’est recevable qu’après une décision de l’administration sur une demande préalable. Le texte est disponible sur Légifrance, article R. 421-1 du Code de justice administrative. La notification doit être conservée, car elle détermine souvent le point de départ du délai.

Une demande de référé-provision n’est pas une solution automatique pour récupérer rapidement une prime. Dans l’ordonnance de référé du 16 mars 2026, CAA de Nancy, n° 26NC00218, un mandataire demandait une provision de 28 020,40 euros correspondant au solde d’une prime de rénovation énergétique. La cour a rappelé que le juge pouvait accorder une provision uniquement lorsque l’existence de l’obligation n’était pas sérieusement contestable. Elle a cité l’article R. 541-1 du Code de justice administrative : « Le juge des référés peut, même en l’absence d’une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l’a saisi lorsque l’existence de l’obligation n’est pas sérieusement contestable. » Comme la décision d’attribution mentionnait un montant estimatif, la cour a jugé que la créance ne présentait pas ce caractère et a rejeté la demande de provision. L’ordonnance est accessible sur Légifrance, CAA de Nancy, 16 mars 2026, n° 26NC00218.

Cette décision enseigne que le propriétaire doit distinguer une notification estimative, une décision d’attribution sous conditions et une créance définitivement exigible. Les devis, factures, rapports de conformité et contrôles de l’Anah peuvent modifier le solde. Un montant inscrit dans une simulation ne suffit pas à établir une dette immédiatement recouvrable. En revanche, un refus qui contredit une décision définitive, une pièce régulièrement acceptée ou une erreur matérielle peut justifier une analyse plus ferme.

Les litiges CEE ont leur propre logique de dossier. Le Conseil d’État, dans sa décision du 21 juillet 2021, n° 447144, a examiné des demandes de certificats liées au pôle national des certificats d’économies d’énergie. La décision montre l’importance des demandes de pièces, des dossiers complets et de la qualification des courriers adressés par l’administration. Elle indique notamment, pour la partie non admise du pourvoi, qu’« aucun des moyens soulevés n’est de nature à permettre son admission ». Le numéro ECLI et le texte intégral figurent sur la décision du Conseil d’État n° 447144.

Une autre décision du Conseil d’État, du 19 janvier 2018, n° 403470, concerne une contestation relative à une aide de l’Anah et à une éco-prime. Elle rappelle l’intérêt de qualifier l’aide revendiquée et l’autorité qui l’a attribuée avant de choisir le juge et le recours. Le texte est disponible sur Légifrance, Conseil d’État, n° 403470. La référence est utile lorsque le dossier mêle une subvention publique, un programme de travaux et une promesse commerciale présentée comme une prime énergie.

La responsabilité d’un professionnel peut être engagée en parallèle du recours administratif, mais les demandes ne doivent pas être mélangées. La décision du tribunal judiciaire d’Arras, RG n° 25/00339, publiée sur la base officielle de la Cour de cassation, illustre un contentieux civil lié à une prime énergie et aux documents nécessaires au montage de l’opération. La décision du tribunal judiciaire de Pontoise, RG n° 25/00497, accessible sur la base officielle de la Cour de cassation, concerne également les conséquences d’un accompagnement défaillant dans un programme de rénovation. Ces références ne donnent pas une indemnité automatique : elles invitent à examiner le mandat, les engagements écrits, les pièces demandées et la causalité du dommage.

Le dossier de contestation doit suivre une chronologie simple :

  1. conserver le DPE initial et toutes ses versions, l’audit et le programme de travaux ;
  2. classer les devis par date et identifier la personne qui les a acceptés ;
  3. récupérer l’offre CEE, la référence de la fiche, la preuve de la date d’engagement et les échanges avec le demandeur ;
  4. distinguer l’accusé de dépôt, la décision d’attribution, la demande de paiement et le refus ;
  5. demander le motif précis du refus et répondre point par point avec les pièces ;
  6. former le recours administratif exigé par le texte lorsqu’il s’agit de l’Anah ;
  7. calculer le délai de deux mois à partir de la notification de la décision contestable ;
  8. chiffrer séparément le préjudice imputé à l’Anah, au demandeur CEE, à l’entreprise ou au mandataire.

À Paris et en Île-de-France, une consultation utile doit aussi examiner le coût réel du chantier, les contraintes de copropriété, le mandat donné à l’accompagnateur et les échanges avec le syndic. Le lieu du logement ne permet pas de contourner les critères nationaux, mais il peut influencer l’organisation des travaux, la disponibilité des entreprises RGE, le calendrier des assemblées et la preuve des diligences accomplies. Une page de référence du cabinet en droit immobilier peut être consultée pour préparer les documents avant un échange sur le dossier.

Enfin, la contestation doit rester proportionnée. Un logement D ne peut pas être présenté comme éligible à BAR-TH-174 ou BAR-TH-175 après le 1er septembre uniquement parce qu’un commercial avait annoncé une prime avant la réforme. En revanche, le propriétaire peut demander l’examen d’une fiche CEE par geste, rechercher une faute dans le conseil donné, contester une mauvaise application de la transition ou réclamer la restitution d’un prix lorsque le professionnel a vendu une prestation incompatible avec les règles annoncées. La stratégie dépendra du document qui a créé l’engagement et de la preuve de la perte.

Conclusion

L’arrêté du 17 août 2026 ne retire pas toutes les aides aux logements classés D. Il ferme, pour les opérations engagées à compter du 1er septembre, l’accès des logements A à D aux fiches de rénovation d’ampleur BAR-TH-174 et BAR-TH-175, tandis que les fiches de rénovation par geste peuvent rester ouvertes sous leurs propres conditions. Les logements E, F et G restent au centre du parcours d’ampleur, mais leur DPE, leur audit, leur qualité de bénéficiaire, le programme de travaux et la décarbonation exigée doivent être vérifiés.

La priorité est de dater correctement l’opération. Avant de signer ou de démarrer, il faut obtenir la référence de la fiche, la version applicable, la confirmation écrite du demandeur de CEE et l’accusé de dépôt lorsqu’une demande Anah est en cause. Si un refus intervient, le propriétaire doit identifier son auteur, réunir les preuves, respecter le recours administratif préalable lorsqu’il s’impose et surveiller le délai contentieux. La perte d’une aide peut aussi révéler un manquement de l’entreprise, du mandataire ou de l’accompagnateur, mais cette demande suppose de démontrer une promesse, une faute et un préjudice directement liés.

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Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».