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Rachat de Huel par Danone : abonnement, commandes et données des clients, quels droits en France après le feu vert du 20 août 2026 ?

Le 20 août 2026, la Competition and Markets Authority britannique a annoncé qu’elle autorisait, au terme de son examen de phase 1, le projet d’acquisition de Huel Limited par Danone Holdings (UK). Cette actualité ne concerne pas seulement les actionnaires. Huel vend directement aux consommateurs des produits alimentaires et des formules d’abonnement, travaille avec des prestataires et exploite des données de commande, de paiement, de livraison et de fidélisation. Le changement de contrôle peut donc susciter des questions très concrètes en France : une commande déjà payée reste-t-elle valable, un abonnement peut-il être modifié, qui répond d’un remboursement, quelles informations peuvent être transmises au nouveau groupe et que doivent vérifier les partenaires commerciaux ?

Le feu vert de la CMA ne vaut ni résiliation automatique des contrats ni autorisation générale de modifier les conditions de vente. Il porte sur le contrôle des concentrations au Royaume-Uni et ne remplace pas l’analyse des règles françaises de consommation, de contrats, de données personnelles et de concurrence. La première étape consiste à distinguer la date de l’autorisation, la date de réalisation de l’opération et l’identité de la société qui reste votre cocontractant. La seconde consiste à conserver les preuves de l’engagement pris et à agir selon le problème réellement rencontré : prélèvement contesté, livraison, retrait, changement de prix, utilisation des données ou rupture d’un contrat professionnel.

I. Rachat de Huel par Danone : le feu vert du 20 août 2026 modifie-t-il vos contrats ?

A. Autorisation de concurrence, réalisation de l’opération et maintien des engagements

La CMA a examiné le projet d’acquisition annoncé par Danone Holdings (UK) et a indiqué, le 20 août 2026, qu’il n’y avait pas lieu de renvoyer l’opération à une enquête approfondie de phase 2. La décision est importante pour le calendrier du rapprochement, mais elle ne répond pas à toutes les questions liées aux contrats français. Une autorité de concurrence vérifie si une concentration risque de réduire sensiblement la concurrence sur les marchés concernés. Elle ne prononce pas, dans cette même décision, la résiliation d’un abonnement individuel, la remise en cause d’une commande ou la transmission automatique de chaque fichier client.

Il faut aussi séparer trois événements qui sont souvent confondus dans les communications commerciales :

  1. la signature de l’accord entre Danone et les actionnaires ou propriétaires de Huel ;
  2. l’obtention des autorisations réglementaires, dont celle annoncée par la CMA ;
  3. la réalisation effective de l’acquisition, avec le transfert du contrôle et la mise en place de la nouvelle organisation.

Tant que la réalisation n’est pas intervenue, le projet peut encore dépendre de conditions prévues dans les documents de transaction. Une autorisation de concurrence ne signifie donc pas nécessairement que le jour même, un nouveau vendeur apparaît sur toutes les factures ou que toutes les conditions générales changent. Après la réalisation, la société qui exploite le service peut aussi rester la même personne morale. Dans une acquisition de titres, les actions ou parts changent de mains, tandis que la société conserve en principe ses contrats, ses dettes, ses créances et ses obligations. Cette mécanique n’est pas celle d’une cession isolée d’un fonds ou d’un portefeuille de contrats.

La conséquence pratique est simple : regardez le nom et l’identifiant du vendeur figurant sur votre confirmation de commande, votre facture, vos conditions d’abonnement et vos relevés bancaires. Le logo Danone, une nouvelle charte graphique ou une annonce de rapprochement ne suffisent pas à démontrer une novation. Pour un consommateur, une commande acceptée reste analysée à partir des documents remis au moment de la vente. Pour un partenaire, l’entité signataire, la clause de changement de contrôle et les conditions de cession sont déterminantes.

Cette protection repose d’abord sur l’article 1103 du Code civil, qui dispose : Les contrats légalement formés tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faits. Elle est complétée par l’article 1104 du Code civil : Les contrats doivent être négociés, formés et exécutés de bonne foi. Cette disposition est d’ordre public. Un changement d’actionnaire ne fait pas disparaître ces obligations. La société qui a vendu un produit, encaissé un paiement ou accepté une prestation doit organiser la continuité du service et la réponse aux réclamations.

La question peut être différente pour un contrat conclu avec une société du groupe Danone, avec un distributeur français ou avec un prestataire logistique. Dans ce cas, il faut examiner la notification envoyée, la nouvelle signature proposée et la clause qui autorise ou interdit une cession. Le fait que la marque commerciale reste visible ne suffit pas à identifier le débiteur juridique. Inversement, l’apparition d’une nouvelle marque ne suffit pas à libérer l’ancienne société de ses engagements.

B. Abonnement, fournisseurs, marque et données : quelles conséquences pour les cocontractants ?

Un abonnement Huel peut comporter plusieurs relations juridiques : le contrat de vente des produits, le mandat de prélèvement, la livraison récurrente, les conditions de fidélité, l’espace personnel et, parfois, une autorisation distincte pour les communications commerciales. Ces éléments ne doivent pas être traités comme un seul bloc. Une entreprise peut changer son capital ou son actionnaire sans pouvoir imposer, par la même opération, un nouveau prix, une nouvelle fréquence ou une nouvelle finalité d’utilisation des données.

L’article 1193 du Code civil rappelle : Les contrats ne peuvent être modifiés ou révoqués que du consentement mutuel des parties, ou pour les causes que la loi autorise. Une nouvelle condition de vente peut donc être proposée, mais son opposabilité dépend de la manière dont elle est portée à la connaissance du client et de la nature de la modification. Une clause prévue dès l’origine peut autoriser une évolution dans une limite définie ; elle ne transforme pas pour autant toute modification unilatérale en changement valable.

Le titulaire d’un abonnement doit vérifier quatre éléments lorsque les conditions changent : le prix total, la fréquence et la date du prochain envoi, la possibilité de suspendre ou d’annuler, et le délai laissé avant la prise d’effet. Une modification présentée dans un email général ne doit pas être confondue avec une acceptation expresse d’un nouveau contrat. Conservez l’ancienne version des conditions, le message de notification, la capture du compte client et le relevé du prélèvement. Ces documents permettent de comparer l’engagement initial et la demande nouvelle.

Pour les fournisseurs, fabricants, agences, transporteurs et distributeurs, la vérification doit porter sur les clauses de changement de contrôle, d’intuitu personae, de sous-traitance, d’exclusivité, de propriété intellectuelle et de confidentialité. L’article 1216 du Code civil encadre la cession d’un contrat et prévoit, en principe, l’accord du cocontractant lorsque le cédant transfère sa qualité de partie. L’article 1216-1 du Code civil précise les effets de la cession sur la libération du cédant et sur la responsabilité qui peut subsister. Il faut donc lire l’acte de cession, et non déduire la réponse de l’annonce publique.

La jurisprudence récente est utile pour comprendre la séparation entre l’actif économique et le contrat. Dans un arrêt de la chambre commerciale du 18 février 2026, pourvoi n° 23-23.681, la Cour de cassation a jugé qu’une cession d’un fonds comprenant des marques n’emportait pas automatiquement la cession d’un contrat de distribution sélective ni, lorsque les conventions étaient indivisibles, celle d’une licence. La Cour formule ainsi la règle : La cession d’un fonds de commerce qui comprend la cession de la propriété des droits sur des marques n’emporte pas, sauf stipulation contraire de l’acte de cession, cession du contrat de distribution sélective des produits revêtus de ces marques, ni, en cas d’indivisibilité de ce contrat et d’une licence d’exploitation desdites marques, la cession de cette licence. L’arrêt est accessible sur le site de la Cour de cassation, com., 18 février 2026, n° 23-23.681.

Cette décision ne transpose pas automatiquement l’opération Danone-Huel, qui est présentée comme une acquisition du contrôle de Huel. Elle donne cependant un réflexe de lecture : la marque, le site, le stock, le fichier et le contrat sont des objets juridiques distincts. Pour un partenaire commercial, la question centrale sera : la société qui a promis la prestation reste-t-elle partie au contrat, ou une cession formelle est-elle proposée ? Si une licence de marque, une exclusivité ou un accord de distribution doit être transféré, la clause correspondante mérite un examen propre.

Les fournisseurs doivent aussi surveiller le risque de déséquilibre dans la relation commerciale. L’article L. 442-1 du Code de commerce sanctionne notamment le fait de soumettre un partenaire à un déséquilibre significatif ou d’obtenir un avantage sans contrepartie proportionnée ; il encadre également la rupture brutale d’une relation commerciale établie en l’absence d’un préavis écrit suffisant. Une demande de baisse immédiate, de remise rétroactive, de nouveau délai de paiement ou de transfert gratuit de données doit être documentée. Une opération de croissance externe ne permet pas, à elle seule, de vider une relation commerciale de ses garanties.

Les données personnelles constituent un autre volet. Le règlement général sur la protection des données impose de vérifier la finalité, la base juridique, l’information des personnes, la sécurité et la limitation de la conservation. Les articles 5, 6, 13, 14, 28 et 32 du règlement (UE) 2016/679, dit RGPD, fournissent le cadre à examiner. La vente d’une société ne transforme pas, par elle-même, un abonnement en consentement illimité à des campagnes marketing du nouvel actionnaire. Il faut identifier le responsable du traitement, les finalités annoncées, les destinataires, les prestataires et les éventuels transferts hors de l’Espace économique européen.

Le client doit distinguer les données nécessaires à l’exécution de la commande des données utilisées pour la prospection. L’adresse de livraison, les informations de paiement nécessaires à l’encaissement, l’historique de commandes et les éléments utiles au service après-vente peuvent relever de fondements différents. Une opposition aux communications commerciales n’efface pas nécessairement les données qui doivent être conservées pour la preuve, la comptabilité ou la gestion d’un litige. En revanche, elle doit être enregistrée et respectée selon la finalité concernée.

II. Quels droits et quelles actions en France après le feu vert de la CMA ?

A. Commande, livraison, remboursement et retrait : que peut faire le consommateur ?

La première démarche consiste à partir d’un incident précis. Un changement de propriétaire ne suffit pas à établir une faute. En revanche, une commande non livrée, un prélèvement sans livraison, une impossibilité d’annuler, un remboursement non exécuté ou une modification de prix non acceptée crée une question juridique identifiable. Notez la date de commande, la référence, le montant, la date annoncée, la date du prélèvement, les échanges avec le service client et le statut affiché dans l’espace personnel.

Avant la conclusion d’un contrat à distance, le professionnel doit fournir les informations exigées par l’article L. 221-5 du Code de la consommation, notamment les caractéristiques essentielles, le prix, les modalités d’exécution, la durée et les conditions de résiliation lorsqu’elles s’appliquent. Pour un abonnement, la présentation du prix récurrent et de la prochaine échéance est déterminante. Une offre qui rend difficile l’identification du renouvellement ou qui présente une réduction sans expliquer la période suivante peut être contestée au regard de l’information délivrée.

La livraison obéit à un calendrier. L’article L. 216-1 du Code de la consommation impose au professionnel de délivrer le bien à la date ou dans le délai annoncé ; si aucun délai n’est convenu, le délai maximal légal doit être pris en compte. Pour une commande récurrente, vérifiez si le compte indique une date d’expédition ou une date de réception. Ces notions ne se confondent pas. Les annonces logistiques, le suivi de colis et la preuve de remise servent à déterminer si l’obligation a été exécutée.

Lorsque le délai est dépassé, envoyez une demande écrite qui rappelle la commande et laisse une échéance raisonnable, sauf urgence ou inexécution définitive. Demandez soit la livraison dans le délai légalement applicable, soit l’annulation et le remboursement lorsque les conditions sont réunies. Évitez les échanges uniquement téléphoniques : un email ou une lettre permet de prouver la date de la réclamation et la réponse apportée. Si le prélèvement continue alors que l’abonnement a été résilié ou que la prestation n’est plus fournie, joignez le relevé bancaire et la confirmation de résiliation.

Le droit de rétractation doit être distingué de l’annulation commerciale. L’article L. 221-18 du Code de la consommation prévoit en principe un délai de quatorze jours pour les contrats à distance. Pour une livraison régulière de biens, le délai se calcule selon les règles propres à la réception du premier bien. Le délai et les exceptions peuvent varier selon la nature du produit, son scellement, sa personnalisation ou le service déjà exécuté. Avant d’invoquer le retrait, identifiez le type de bien reçu, son état et l’information donnée sur le formulaire de rétractation.

Si le contrat est valablement rétracté, le remboursement obéit à l’article L. 221-24 du Code de la consommation. Le professionnel doit rembourser les sommes dues, y compris les frais de livraison correspondant au mode standard lorsque le texte l’impose, dans le délai prévu par la loi. Le remboursement ne doit pas être remplacé par un avoir sans accord valable du consommateur. Conservez la preuve de l’exercice du droit, la preuve de retour et la date à laquelle le professionnel a récupéré le bien ou reçu la preuve de son expédition.

Une livraison qui ne correspond pas au produit commandé relève aussi de la garantie légale de conformité. L’article L. 217-3 du Code de la consommation met à la charge du vendeur la délivrance d’un bien conforme au contrat et prévoit le régime applicable aux défauts de conformité qui apparaissent dans le délai légal. Une boîte endommagée, un produit différent, une quantité incorrecte ou une caractéristique annoncée absente doivent être photographiés avant toute destruction de l’emballage. Le recours doit être dirigé vers le vendeur identifié sur la facture, même si le colis a été préparé par une autre société.

Les présentations de produits et les messages promotionnels doivent aussi rester exacts. L’article L. 121-2 du Code de la consommation vise les pratiques commerciales trompeuses, notamment lorsqu’une présentation contient des indications fausses ou de nature à induire en erreur sur les caractéristiques essentielles, la composition, la disponibilité, l’origine ou les résultats attendus. Une formule nutritionnelle, une promesse de livraison, une réduction liée à un abonnement ou l’origine d’un produit doivent être appréciées au regard de la présentation globale, pas d’un seul mot isolé.

La démarche peut être graduée :

  1. récupérer les documents contractuels et les preuves de paiement ;
  2. écrire au vendeur ou au service réclamation avec une demande précise et un délai ;
  3. contester le prélèvement auprès de la banque lorsque cela correspond à un paiement non autorisé, sans croire que cette démarche règle à elle seule le litige contractuel ;
  4. utiliser le dispositif de médiation indiqué par le professionnel lorsque les conditions sont remplies ;
  5. préparer une mise en demeure puis, si nécessaire, une demande devant la juridiction compétente.

À Paris et en Île-de-France, la compétence dépend de la nature du litige, du domicile du consommateur, du lieu d’exécution et des règles protectrices applicables aux contrats de consommation. Le consommateur ne doit pas accepter une clause de juridiction ou une procédure étrangère sans vérifier sa portée. Pour une demande liée à une livraison, un abonnement ou un remboursement, le dossier doit commencer par la facture et par le parcours de commande ; la dimension Danone-Huel ne remplace jamais cette analyse factuelle.

B. Partenaires, distributeurs et dirigeants : quelles vérifications avant d’accepter une nouvelle relation ?

Un fournisseur ou un distributeur ne se trouve pas dans la même situation qu’un consommateur. Il peut être lié par des minimums de volume, une exclusivité, une clause de référencement, une licence de marque, des engagements de qualité, des délais de paiement, des audits, des obligations de rappel ou des engagements de confidentialité. Le feu vert de la CMA peut accélérer la réorganisation, mais il ne dispense pas de relire chaque engagement avant de signer un avenant ou de modifier les flux de données.

La première vérification porte sur la personne qui demande la modification. Demandez un document identifiant l’entité, son siège, son numéro d’immatriculation et son pouvoir de signature. Une adresse email aux couleurs du groupe ne prouve pas que la personne est habilitée. Comparez la nouvelle entité avec celle de la facture, du contrat-cadre et des paiements reçus. Si une société change de nom mais conserve le même numéro, la situation n’est pas identique à celle d’une cession de contrat à une autre personne morale.

La deuxième vérification porte sur le changement de contrôle. Certaines clauses permettent une résiliation si un concurrent prend le contrôle ; d’autres imposent une information préalable ou un accord. Une clause peut être rédigée autour des titres, du contrôle indirect, du changement de bénéficiaire effectif ou de la perte d’une autorisation. Il faut relever le délai, la forme de notification, la sanction et l’articulation avec les obligations de continuité. Une clause ambiguë ne doit pas être appliquée mécaniquement sans mesurer le risque de rupture fautive.

La troisième vérification concerne la cession des droits et obligations. L’article 1216 du Code civil exige une analyse de l’accord des parties et de la forme de la cession. Si l’accord initial autorise une cession à une société affiliée, cette autorisation peut être limitée par la nature du contrat ou par les obligations personnelles du cocontractant. Le contrat de distribution, la licence de marque, le contrat logistique et l’accord de traitement de données peuvent suivre des régimes différents.

Un arrêt de la chambre commerciale du 25 octobre 2023, pourvoi n° 21-20.156, illustre l’importance de la rédaction. Dans cette décision, la Cour de cassation a retenu qu’une cession d’éléments d’activité ne transférait pas, par elle-même, les obligations personnelles du cédant lorsqu’aucune clause expresse ou disposition légale ne le prévoyait. La référence officielle est disponible dans la décision de la Cour de cassation, com., 25 octobre 2023, n° 21-20.156. Cette solution rappelle qu’une reprise économique ne répond pas, à elle seule, à la question de la personne qui doit exécuter ou garantir une obligation déterminée.

La quatrième vérification concerne la fixation du prix et les demandes de renégociation. Une intégration à un grand groupe peut s’accompagner d’une nouvelle grille tarifaire, d’une centralisation des achats, d’un portail fournisseur ou de conditions de paiement différentes. N’acceptez pas une modification rétroactive sans vérifier la clause de prix, la période concernée, la contrepartie et la preuve de l’acceptation. Si le partenaire impose une condition disproportionnée ou menace une rupture immédiate, l’analyse doit inclure le régime des pratiques restrictives et de la rupture brutale, en plus du droit commun des contrats.

La cinquième vérification concerne les données et la sécurité. Un prestataire qui reçoit des adresses, historiques d’achat, données de livraison, informations de contact ou statistiques de consommation doit savoir pour quelle finalité il les traite. Si une nouvelle société intervient comme responsable du traitement ou comme sous-traitant, l’information, le contrat de sous-traitance, les mesures de sécurité et la liste des destinataires doivent être mis à jour. Le changement d’actionnaire ne justifie pas une exportation illimitée de fichiers vers toutes les entités du groupe. Les accès, les habilitations, les durées de conservation et les transferts internationaux doivent être vérifiés.

La sixième vérification concerne les obligations de conformité produit. Si l’offre Huel évolue, un fabricant, un importateur, un distributeur ou un logisticien peut être impliqué dans l’étiquetage, la traçabilité, les allégations, le retrait ou la gestion d’un incident. Conservez les spécifications reçues, les versions d’étiquettes, les certificats, les analyses et les échanges de validation. Si une promesse commerciale devient incompatible avec le produit réellement livré, la responsabilité peut se déplacer entre les acteurs selon leur rôle, mais le partenaire qui a validé une présentation ne doit pas perdre la preuve de ses réserves.

La responsabilité contractuelle se prépare avant le dommage. L’article 1217 du Code civil énumère les sanctions de l’inexécution, parmi lesquelles la suspension de sa propre obligation, l’exécution forcée, la réduction du prix, la résolution et la réparation du dommage, sous réserve des conditions propres à chaque mesure. L’article 1231-1 du Code civil prévoit que le débiteur peut être condamné à des dommages et intérêts en raison de l’inexécution ou du retard, sauf justification par la force majeure. Une suspension de livraison ou de paiement ne doit donc pas être décidée sans relire le contrat, mesurer la gravité du manquement et adresser une notification proportionnée.

Les négociations de sortie doivent enfin être traitées avec prudence. Dans un arrêt du 18 septembre 2024, pourvoi n° 23-10.183, la chambre commerciale a rappelé que la dissimulation intentionnelle d’une information déterminante peut caractériser un dol et a jugé que la réticence dolosive, laquelle rend toujours excusable l’erreur provoquée. La décision officielle est publiée par la Cour de cassation, com., 18 septembre 2024, n° 23-10.183. Cette règle ne transforme pas chaque information non communiquée en dol. Elle invite à poser par écrit les questions essentielles : changement de contrôle, maintien d’une exclusivité, transfert de données, évolution des volumes, modification des conditions de paiement et continuité des garanties.

Pour une société française qui travaille avec Huel, Danone ou un intermédiaire du groupe, le dossier doit contenir au minimum le contrat signé, ses annexes, les avenants, les notifications, les factures, les bons de commande, les données de livraison, les échanges sur le changement de contrôle et les preuves de réserve. Si le partenaire demande une signature rapide, demandez quelle obligation cesse, quelle obligation commence, quelle entité garantit l’exécution et quelle date produit effet. Une réunion peut préparer l’accord ; elle ne remplace pas un écrit clair lorsqu’une clause prévoit une forme particulière.

Une entreprise qui envisage de quitter la relation doit aussi calculer les conséquences. Une résiliation immédiate peut exposer à une demande de dommages et intérêts, à une perte de stock, à une rupture de chaîne d’approvisionnement ou à la mise en œuvre d’une clause pénale. À l’inverse, rester silencieux face à une modification non autorisée peut être interprété comme une acceptation selon les circonstances, les échanges et l’exécution postérieure. La réponse la plus sûre consiste à exprimer une réserve précise, à ne pas valider les nouvelles conditions par inadvertance et à proposer un calendrier de transition.

Conclusion

Le feu vert annoncé par la CMA le 20 août 2026 lève un obstacle de concurrence sur le projet Danone-Huel au Royaume-Uni ; il ne réécrit pas les contrats français. Pour un client, la priorité est de vérifier le vendeur indiqué sur la commande, l’échéance de l’abonnement, la preuve du paiement, la livraison et les règles de remboursement ou de retrait. Pour un fournisseur ou un distributeur, la priorité est d’identifier l’entité signataire, la clause de changement de contrôle, les conditions de cession, le régime de la marque, les données transmises et les garanties conservées.

La bonne réaction n’est donc ni d’annuler automatiquement un contrat en apprenant le rapprochement, ni d’accepter automatiquement une nouvelle condition au motif que Danone devient l’actionnaire de référence. Il faut comparer les documents avant et après l’opération, demander une notification formelle, formuler une réserve si nécessaire et choisir le recours adapté à l’incident. Les règles françaises du droit des contrats, de la consommation, des données personnelles et des relations commerciales restent applicables à chaque situation concrète. Pour approfondir l’analyse d’un contrat ou d’une opération, consultez également notre page consacrée aux avocats en droit des affaires à Paris.

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Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».