La ministre de la culture informe les entreprises imposées à l’impôt sur les sociétés d’après leur bénéfice réel qu’elles peuvent bénéficier de la réduction d’impôt sur les sociétés prévue à l’article 238 bis-0 A du code général des impôts égale à 90 % des versements qu’elles pourraient effectuer, dans la limite de 50 % de l’impôt dû au titre de l’exercice considéré, en participant à l’acquisition par l’Etat, pour le musée national de la Renaissance – Château d’Ecouen, d’un plat ovale aux armes du connétable Anne de Montmorency, représentant le Festin des dieux, par Léonard Limosin, émail peint sur cuivre, Limoges, 1555.
Ce remarquable bassin en cuivre émaillé est signé de Léonard Limosin (vers 1505-1576/1577), reconnu comme le plus grand émailleur de son temps. Grand spécialiste du portrait et émailleur du roi, il a réalisé des objets exceptionnels, notamment pour Henri II. En bon état général de conservation, cet objet, daté de 1555, aurait probablement appartenu au connétable Anne de Montmorency (1493-1567). Il est orné au revers d’une composition en grisaille et dans son fond d’un épisode de l’histoire de Psyché, la figurant accueillie au banquet des dieux pour boire l’ambroisie. L’originalité de cette scène, reprise d’un récit de l’écrivain Apulée de Madaure et représentée par les gravures d’un artiste désigné sous le nom de « Maître au dé », provient notamment de la représentation de certains personnages mythologiques en membres de la Cour. Ainsi, le banquet est présidé par un Jupiter à l’apparence du roi Henri II, comparable à d’autres de ses portraits, à la gauche duquel se trouve Junon sous les traits de Catherine de Médicis, qui pointe du doigt un Hercule assis sur sa peau de lion, ressemblant au connétable de Montmorency. Au-dessus de la scène principale, les armoiries d’Anne de Montmorency sont surmontées de la couronne ducale et bordées par le collier de l’ordre de Saint-Michel d’où surgissent deux dextrochères avec inscription sur le phylactère : à gauche, le cri de guerre des Montmorency et à droite, la devise familiale. Cette pièce majeure, dont les traits stylistiques, la précision des portraits et la virtuosité technique sont caractéristiques de l’art du maître du portrait émaillé, fait la synthèse entre l’antique et le XVIe siècle à la manière de l’Ecole de Fontainebleau.
Le présent avis d’appel au mécénat d’entreprise porte sur 150 000 euros.
Les offres de versement, établies selon le modèle prévu par l’instruction de la direction générale des impôts 4-C-6-02 n° 184 du 24 octobre 2002, doivent être adressées à la direction générale des patrimoines et de l’architecture, service des musées de France, 182, rue Saint-Honoré, 75001 Paris, où les dossiers relatifs aux trésors nationaux et œuvres présentant un intérêt majeur pour le patrimoine national peuvent être consultés par les entreprises intéressées.