Cabinet Kohen Avocats · Paris

—

Maître Reda KOHEN intervient en droit immobilier, droit des sociétés et droit des affaires à Paris. Première analyse : 80 € TTC, réponse personnelle sous 24 heures.

100 % confidentiel · Secret professionnel · Sans engagement

Barreau de Paris Immobilier, sociétés, affaires Fiche CNB avocat.fr
Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Mauvais conseil en investissement financier : recours après sanction AMF

Le 2 avril 2026, l’Autorite des marches financiers a annonce une sanction contre Kerdiz Finance et Conseil, conseiller en investissements financiers, et contre deux de ses dirigeants. La decision vise des manquements professionnels lies notamment a la presentation du statut du conseiller, a la commercialisation de titres et aux diligences attendues dans l’interet des clients. Le total des sanctions pecuniaires atteint 450 000 euros, avec des interdictions temporaires d’exercer l’activite de conseiller en investissements financiers pendant cinq ans.

Pour un client qui a perdu de l’argent apres un placement conseille, cette actualite pose une question simple : une sanction AMF suffit-elle a recuperer les sommes investies ? La reponse est non, pas automatiquement. Mais elle peut devenir une piece importante dans un dossier civil, surtout si elle revele un defaut de conseil, une information trompeuse, un conflit d’interets, une absence de verification du profil investisseur ou une recommandation incompatible avec les objectifs du client.

L’enjeu n’est donc pas seulement de se plaindre du placement. Il faut reconstruire le chemin du conseil : qui a recommande le produit, avec quel statut, sur quels documents, avec quelle information sur le risque, quelle remuneration, quel niveau de connaissance du client et quelles alertes avant ou apres la souscription.

Conseiller en investissements financiers : ce que les internautes cherchent vraiment

Les donnees Google Ads du run montrent une demande nette sur les formulations de base : « conseiller investissement financier », « conseiller en investissement financier » et « conseil en investissement financier » atteignent chacune 1 000 recherches mensuelles moyennes en France, avec un CPC haut observe a 9,26 euros. Le terme « conseil en investissement » ressort aussi comme boulevard SEO avec 590 recherches mensuelles, concurrence faible et CPC haut a 9,26 euros.

Cela signifie que le sujet ne se limite pas aux sanctions AMF. L’internaute cherche souvent a comprendre a qui il a eu affaire, si le professionnel avait le droit de recommander le produit, et comment agir lorsque le placement ne correspond pas a ce qui lui avait ete presente.

La sanction AMF donne le contexte chaud. Le besoin commercial est plus concret : obtenir un avis sur la responsabilite du conseiller, chiffrer la perte de chance, identifier l’assureur responsabilite civile professionnelle et agir avant que la prescription ne ferme le recours.

Une sanction AMF n’indemnise pas directement le client

La Commission des sanctions de l’AMF sanctionne des manquements a la reglementation financiere. Elle peut prononcer une sanction pecuniaire, un avertissement, un blame ou une interdiction d’exercer. En revanche, elle ne remplace pas une action indemnitaire devant le juge civil.

Pour recuperer de l’argent, le client doit generalement engager une reclamation amiable puis, si necessaire, une action en responsabilite contre le conseiller, son assureur, ou parfois un autre intervenant de la chaine de commercialisation. La sanction AMF peut aider a demontrer la faute, mais il faut encore prouver le lien avec le placement souscrit et le prejudice subi.

Exemple : si l’AMF reproche a un CIF d’avoir presente de facon inexacte son statut ou d’avoir conseille des titres dont la commercialisation posait difficulte, le client doit montrer que son propre investissement entre dans le perimetre des manquements, que ces manquements ont influence sa decision, et que le risque contre lequel il aurait du etre alerte s’est realise.

Les obligations essentielles du CIF

Le conseiller en investissements financiers est defini par l’article L. 541-1 du code monetaire et financier. Il intervient notamment pour le conseil en investissement, le conseil portant sur des services d’investissement ou certaines operations sur biens divers.

L’article L. 541-8-1 du meme code fixe le socle des obligations. Le CIF doit agir de maniere honnete, loyale et professionnelle. Il doit exercer son activite avec competence, soin et diligence. Il doit surtout se procurer, avant le conseil, les informations necessaires sur les connaissances du client, son experience en matiere d’investissement, sa situation financiere, ses objectifs, sa capacite a subir des pertes et sa tolerance au risque.

Cette collecte n’est pas une formalite administrative. Elle conditionne l’adaptation du conseil. Si le client ne communique pas les informations necessaires, le conseiller doit s’abstenir de recommander l’operation. Le CIF doit aussi communiquer une information exacte, claire et non trompeuse, comprendre les instruments financiers recommandes, formaliser le conseil dans une declaration d’adequation ecrite et constituer un dossier.

En pratique, les questions utiles sont les suivantes :

  • le professionnel etait-il bien immatricule et adherent a une association professionnelle agreee ?
  • la lettre de mission a-t-elle ete signee avant le conseil ?
  • le questionnaire investisseur etait-il complet, date et coherent ?
  • la declaration d’adequation explique-t-elle vraiment pourquoi le produit correspondait au profil du client ?
  • les risques de perte en capital, d’illiquidite, de defaillance de l’emetteur ou de conflit d’interets etaient-ils expliques clairement ?
  • la remuneration du conseiller et ses liens avec le promoteur du produit etaient-ils indiques ?

Ce que les juges regardent en cas de mauvais placement

La jurisprudence recente confirme que le dossier se joue sur la preuve du conseil et sur la qualification du prejudice.

Dans un arret du 2 juillet 2025, la chambre commerciale de la Cour de cassation rappelle qu’un manquement du conseiller peut priver l’investisseur d’une chance d’eviter le risque realise. La formule est importante : le prejudice n’est pas toujours le remboursement integral du capital investi. Il peut etre une perte de chance, calculee en pourcentage selon la probabilite que le client aurait refuse le placement s’il avait ete correctement informe.

Le tribunal judiciaire de Paris, dans un jugement du 18 fevrier 2025 relatif a des placements conseilles par un CIF, a retenu que le professionnel n’avait pas justifie avoir recueilli les connaissances, l’experience, la situation financiere et les objectifs des investisseurs avant les souscriptions. Le tribunal a aussi examine la presentation des promesses de rachat, le risque de liquidite et la realite des garanties annoncees. L’indemnisation a ete accordee au titre de la perte de chance.

La cour d’appel de Versailles, le 29 janvier 2026, a egalement condamne l’assureur d’un CIF dans un dossier d’investissements massifs dans des societes liees au conseiller. La cour retient notamment des manquements de formalisation, d’information, de collecte du profil et de prevention des conflits d’interets. Elle accorde une indemnisation importante au titre d’une perte de chance de ne pas investir, ainsi qu’un prejudice moral.

Ces decisions montrent une ligne claire : le client ne gagne pas parce que le placement a baisse. Il gagne lorsque la baisse revele un risque qui aurait du etre explique, evite ou mis en perspective au moment du conseil.

Les preuves a reunir avant de reclamer

Un recours contre un conseiller en investissement financier se prepare comme un dossier de preuve. Il faut eviter la reclamation generale du type « le placement etait mauvais ». Elle laisse trop de place a la defense classique : tout investissement comporte un risque.

Les pieces prioritaires sont :

  • la lettre de mission et les documents d’entree en relation ;
  • le questionnaire de connaissance client, le profil investisseur et les mises a jour ;
  • la declaration d’adequation ou le rapport de mission ;
  • les plaquettes commerciales, simulations, courriels, messages et comptes rendus de rendez-vous ;
  • les bulletins de souscription, pactes, contrats, conditions generales et avenants ;
  • les documents mentionnant les risques, les garanties, les promesses de rachat ou la liquidite ;
  • les preuves de remuneration ou de commissionnement du conseiller si elles existent ;
  • les releves montrant les sommes versees, les remboursements recus, la valeur actuelle et les pertes ;
  • les alertes AMF, courriers de l’emetteur, procedures collectives, liquidations ou refus de rachat.

Il faut aussi verifier l’assureur responsabilite civile professionnelle du CIF. Dans plusieurs dossiers, l’action utile n’est plus seulement dirigee contre le conseiller, surtout s’il a cesse son activite, mais contre son assureur, sous reserve des garanties, franchises, plafonds et conditions de reclamation.

Prescription : ne pas attendre la fin de toutes les procedures

La prescription depend des faits, des contrats et de la date a laquelle le client a connu ou aurait du connaitre les elements lui permettant d’agir. En matiere de mauvais conseil financier, le debat porte souvent sur le point de depart : date de souscription, date de revelation du risque, date de perte effective, liquidation de l’emetteur, refus de remboursement, ou alerte suffisamment precise.

La cour d’appel de Versailles, le 29 janvier 2026, rappelle que le delai ne court pas automatiquement a la souscription lorsque le dommage est lie a la realisation d’un risque de perte. Cela ne signifie pas qu’il faut attendre passivement. Plus le client tarde apres les premieres alertes, plus la discussion devient risquee.

En pratique, des qu’un placement devient illiquide, que le rachat promis n’intervient pas, qu’une societe support est en difficulte ou qu’une sanction AMF concerne le professionnel, il faut dater les alertes et envoyer une reclamation structuree.

Que faire apres une sanction AMF visant le conseiller ?

La bonne methode consiste a separer cinq etapes.

Premiere etape : identifier le statut exact du professionnel. Etait-il CIF, courtier, conseiller en gestion de patrimoine, intermediaire en assurance, agent lie, demarcheur bancaire et financier, ou simple apporteur ? Le regime applicable et l’assureur peuvent changer.

Deuxieme etape : verifier si le placement du client correspond aux faits vises par la sanction. Une decision AMF peut concerner une periode, un produit, une gamme, un comportement ou une procedure interne. Il faut etablir le rattachement au dossier individuel.

Troisieme etape : comparer le profil investisseur reel et le produit recommande. Un placement non cote, illiquide, expose a une perte totale, ou dependant d’une promesse de rachat fragile n’est pas traite comme un fonds prudent ou un produit liquide.

Quatrieme etape : chiffrer le prejudice. Le chiffrage peut inclure une perte de chance, une perte de revenus, une immobilisation du capital ou un prejudice moral, mais chaque poste doit etre justifie. Il faut aussi tenir compte des sommes recuperees, des avantages fiscaux, des procedures collectives et des perspectives de remboursement.

Cinquieme etape : choisir la voie d’action. Selon le dossier, il peut s’agir d’une reclamation amiable, d’une mediation, d’une mise en demeure, d’une action contre le CIF, d’une action directe contre l’assureur, ou d’une action visant plusieurs acteurs de la commercialisation.

Paris et Ile-de-France : ou agir ?

Pour un investisseur situe a Paris ou en Ile-de-France, la competence depend de la qualite des parties et du fondement de l’action. Un particulier agissant contre un conseiller ou son assureur releve souvent d’une juridiction civile. Une societe ayant investi sa tresorerie peut poser des questions plus commerciales, notamment si plusieurs professionnels ou contrats d’affaires sont en cause.

Le point important n’est pas seulement le tribunal. Il faut preparer un dossier qui parle le langage du juge : obligations reglementaires, documents remis avant la souscription, incoherences du profil client, information insuffisante sur les risques, lien de causalite et chiffrage prudent.

Pour un dirigeant ou une PME, ce sujet rejoint le droit des affaires à Paris et en Île-de-France lorsque le placement a ete souscrit avec la tresorerie de la societe, ou lorsque la perte fragilise la relation avec les associes, la banque ou les creanciers.

Sources utiles

Besoin d’un avis rapide sur votre dossier.

Consultation telephonique en 48 heures avec un avocat du cabinet.

Le cabinet analyse les documents de souscription, le profil investisseur, les alertes AMF et les recours possibles contre le conseiller ou son assureur.

Pour un dossier a Paris ou en Ile-de-France, appelez le cabinet au 06 46 60 58 22 ou utilisez le formulaire de contact.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».