Cabinet Kohen Avocats · Paris

Maître Reda KOHEN intervient en droit immobilier, droit des sociétés et droit des affaires à Paris. Première analyse offerte, réponse personnelle sous 24 heures.

100 % confidentiel · Secret professionnel · Sans engagement

Barreau de Paris Immobilier, sociétés, affaires Fiche CNB avocat.fr
Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Annuaire de facturation électronique : que faire si votre entreprise est mal routée avant septembre 2026 ?

La reforme de la facturation electronique ne commencera pas seulement le jour ou les entreprises devront emettre leurs factures au nouveau format. Elle commence avant, avec une question tres concrete : votre entreprise est-elle correctement identifiable dans l’annuaire de la facturation electronique ?

A partir du 1er septembre 2026, toutes les entreprises assujetties a la TVA devront pouvoir recevoir des factures electroniques. Les grandes entreprises et les ETI devront aussi les emettre. Pour les PME et micro-entreprises, l’emission obligatoire suivra ensuite, mais la reception des factures entrantes les concernera des la premiere echeance.

L’administration presente l’annuaire comme l’outil permettant d’identifier les destinataires et de router les factures vers la bonne plateforme. Les pages officielles du ministere de l’Economie sur l’ouverture de l’annuaire de la facturation electronique et du site impots.gouv.fr sur les plateformes agreees confirment que le sujet est desormais operationnel.

Le risque n’est pas seulement fiscal ou informatique. Une erreur d’annuaire peut bloquer une facture fournisseur, retarder un paiement, faire naitre des penalites, nourrir une mise en demeure ou creer un contentieux entre deux entreprises qui pensaient chacune avoir fait le necessaire.

Ce sujet releve directement du droit des affaires, car il touche a la preuve de la facture, a l’execution du contrat, au paiement et a la responsabilite des prestataires qui interviennent dans le circuit.

Pourquoi l’annuaire devient un point de risque contractuel

L’annuaire de la facturation electronique doit permettre a la plateforme du fournisseur d’identifier le bon destinataire, puis de transmettre la facture vers la plateforme de reception de ce destinataire.

Dans une entreprise simple, le circuit peut sembler evident : un SIREN, une plateforme, un service comptable. Dans la pratique, beaucoup de situations sont plus fragiles. Une societe peut avoir plusieurs etablissements, plusieurs marques commerciales, plusieurs filiales, un expert-comptable qui gere certaines factures, un logiciel de facturation distinct de la plateforme agreee, ou une comptabilite fournisseurs centralisee au siege.

Une facture peut donc etre emise au bon client, mais adressee au mauvais etablissement. Elle peut viser le bon SIREN, mais etre envoyee vers une adresse de facturation qui n’est plus utilisee. Elle peut etre transmise a une plateforme qui n’est pas celle effectivement choisie par l’entreprise. Elle peut aussi rester bloquee parce qu’un prestataire a mal renseigne les parametres ou n’a pas acheve la migration.

Dans ces hypothèses, le litige ne portera pas uniquement sur la reforme fiscale. Il portera sur une question plus simple : la facture a-t-elle ete transmise dans un circuit exploitable par le destinataire ?

Les erreurs d’annuaire a verifier en priorite

La premiere erreur est l’absence pure et simple de l’entreprise dans le circuit attendu. Elle peut concerner une societe nouvellement creee, une entreprise qui vient de changer de forme, une structure qui n’a pas encore choisi sa plateforme ou une entite dont l’organisation comptable n’a pas ete finalisee.

La deuxieme erreur est l’identite approximative. Un fournisseur peut connaitre une enseigne, un nom commercial ou une marque, alors que la facture doit viser la societe exploitante. Cette confusion est frequente dans les groupes, les franchises, les restaurants, les commerces multi-sites, les agences et les societes qui utilisent des noms commerciaux differents de leur denomination sociale.

La troisieme erreur est le mauvais etablissement. Un SIRET secondaire peut commander la prestation, tandis que le siege paie les factures. Si le routage est mal parametre, la facture peut arriver dans un flux qui ne correspond pas au service valideur.

La quatrieme erreur est la mauvaise plateforme. L’entreprise peut avoir signe avec un prestataire logiciel, mais celui-ci peut passer lui-meme par une plateforme agreee. La question importante n’est donc pas seulement le nom du logiciel utilise. Il faut savoir quelle plateforme agreee emet, recoit et transmet effectivement les factures.

La cinquieme erreur est l’absence de preuve interne. Beaucoup d’entreprises vont corriger les parametres au fil de l’eau, sans conserver les captures d’ecran, les tickets support, les confirmations du prestataire ou les tests de transmission. Or ces preuves peuvent devenir decisives si un fournisseur reclame des interets de retard.

Que faire si une facture n’arrive pas ou arrive au mauvais endroit ?

Il faut d’abord separer la dette et le circuit de facturation.

Si la prestation a ete executee, si la marchandise a ete livree et si le prix est conforme au contrat, l’entreprise ne doit pas soutenir trop vite que la dette n’existe pas. Une erreur technique de transmission ne supprime pas automatiquement l’obligation de payer.

En revanche, l’erreur peut etre determinante pour discuter la date de reception, la mise en paiement, les penalites, l’indemnite forfaitaire de recouvrement et la mauvaise foi qui pourrait etre reprochee au client.

Le premier reflexe consiste a identifier la facture litigieuse : numero, date, montant, fournisseur, bon de commande, contrat, prestation ou livraison concernee.

Le deuxieme reflexe consiste a demander au fournisseur la preuve de transmission : plateforme utilisee, identifiant destinataire, etablissement vise, statut de la facture, date de depot, eventuel accusé technique et message d’erreur.

Le troisieme reflexe consiste a interroger la plateforme ou le prestataire de l’entreprise. Il faut demander quel identifiant et quelle adresse de reception etaient actifs a la date de transmission, puis si une erreur de routage, de parametre ou de rattachement a ete constatee.

Le quatrieme reflexe consiste a repondre par ecrit au fournisseur. Le message doit rester factuel. Il doit rappeler que la facture est en cours d’identification, demander une retransmission vers le bon circuit si necessaire, reserver les droits de l’entreprise sur les penalites de retard et eviter toute reconnaissance maladroite d’un retard imputable au client.

Cette reaction est aussi importante que la correction technique. En contentieux, une entreprise qui a reagi vite, conserve les preuves et propose un canal de resolution sera mieux placee qu’une entreprise qui laisse s’accumuler les relances.

Peut-on contester les penalites de retard ?

Oui, mais pas automatiquement.

Un fournisseur peut reclamer des interets de retard et l’indemnite forfaitaire de recouvrement lorsque le paiement n’intervient pas dans les delais. Mais encore faut-il verifier si la facture a ete recue et traitable dans des conditions normales.

Si le fournisseur a envoye la facture a la mauvaise entite, au mauvais etablissement ou par une plateforme qui ne correspond pas au circuit declare, le client peut contester le point de depart du retard. Il peut aussi soutenir que les penalites ne doivent pas courir pendant la periode ou la facture etait techniquement inaccessible ou mal routee.

La discussion est differente si le client avait lui-meme donne une information erronee, s’il n’avait pas choisi de plateforme, s’il avait laisse son prestataire sans instruction ou s’il avait recu la facture par un autre canal sans reagir. Dans ce cas, la contestation des penalites sera plus delicate.

La preuve fait donc la difference. Il faut conserver les contrats, les conditions de paiement, les bons de commande, les courriels de parametrage, les statuts de facture, les tickets ouverts aupres du support et les captures d’ecran de l’annuaire ou de la plateforme.

Le meme raisonnement vaut pour le fournisseur. S’il craint que son client utilise la reforme comme pretexte pour retarder le paiement, il doit documenter son propre envoi : facture conforme, destinataire exact, plateforme utilisee, statut de transmission et relances adressees au bon interlocuteur.

Quelle responsabilite pour la plateforme, l’editeur ou l’expert-comptable ?

L’erreur d’annuaire peut venir du client, du fournisseur, de la plateforme, de l’editeur du logiciel, de l’expert-comptable ou d’un integrateur.

La responsabilite dependra du contrat signe et du role exact de chacun. Un prestataire qui s’est seulement engage a fournir un logiciel n’a pas les memes obligations qu’un prestataire qui a accepte de parametrer le circuit de reception, de rattacher les etablissements, de tester les flux et d’accompagner la migration.

Il faut donc relire le contrat et les annexes techniques. Les points a verifier sont simples : qui choisit la plateforme agreee, qui declare ou met a jour les donnees de routage, qui teste la reception, qui conserve les journaux de transmission, qui intervient en cas d’incident, dans quels delais et avec quel niveau de responsabilite.

Si le contrat est flou, il faut reconstruire les faits. Qui a donne les instructions ? Qui a confirme que l’entreprise etait prete ? Qui avait acces aux parametres ? Qui a recu les alertes ? Qui a laisse l’erreur se prolonger ?

Les juridictions examinent classiquement, dans les litiges informatiques, les obligations contractuelles, les cahiers des charges, les tests, les anomalies, les relances et les preuves d’execution. Une decision recente de la cour d’appel de Versailles du 17 decembre 2025, identifiee via Judilibre, illustre ce raisonnement pour un projet applicatif affecte de defaillances fonctionnelles. L’idee utile est transposable : il ne suffit pas d’affirmer qu’un outil ne marche pas, il faut montrer le besoin contractuel, le defaut, les alertes et le prejudice.

Dans un litige de facturation electronique, le prejudice peut prendre plusieurs formes : penalites reclamees par un fournisseur, blocage d’une commande, perte d’un escompte, rupture de relation commerciale, couts de correction, mobilisation du service comptable ou atteinte a la tresorerie.

Comment securiser l’entreprise avant septembre 2026

La verification doit commencer par l’identite juridique. Il faut partir du SIREN, du ou des SIRET, de la denomination sociale, de l’adresse du siege et de la liste des etablissements utilises pour commander ou payer.

Ensuite, il faut cartographier les flux. Quels fournisseurs facturent le siege ? Quels fournisseurs facturent un etablissement ? Quelles factures passent par l’expert-comptable ? Quelles factures sont validees par un service achat ? Quelles factures doivent etre rapprochees d’un bon de commande ?

Il faut aussi designer un responsable interne. Une personne doit pouvoir repondre rapidement a un fournisseur, contacter la plateforme, ouvrir un ticket, valider une correction et conserver les preuves. Sans responsable identifie, les messages circulent entre le dirigeant, la comptabilite, l’expert-comptable et le prestataire, avec un risque de silence au moment le plus important.

Un test de reception doit etre realise avant l’echeance. Il doit porter sur une facture simple, mais aussi sur les cas sensibles : acompte, avoir, facture d’un etablissement secondaire, facture avec bon de commande, facture envoyee a une societe d’un meme groupe et facture d’un fournisseur habituel.

Enfin, les documents contractuels doivent etre mis a jour. Les bons de commande, les fiches fournisseurs, les instructions de facturation et les contrats-cadres doivent indiquer le bon destinataire, le bon etablissement, la bonne plateforme ou les consignes permettant d’eviter une confusion.

Le cabinet a deja traite les litiges lies a une facture electronique rejetee par une plateforme agreee et les situations ou une plateforme de facturation n’est pas agreee. L’annuaire intervient encore plus en amont : il conditionne le chemin par lequel la facture doit arriver.

Paris et Ile-de-France : attention aux groupes, agences et etablissements secondaires

A Paris et en Ile-de-France, beaucoup d’entreprises utilisent une organisation multi-sites : siege a Paris, agence a Boulogne-Billancourt, entrepot en Seine-Saint-Denis, boutique dans les Hauts-de-Seine, filiale a Nanterre ou societe holding a Versailles.

Cette organisation augmente le risque de mauvais routage. Un fournisseur peut facturer l’agence qui a commande, alors que le contrat est porte par le siege. Une plateforme peut rattacher une facture a un etablissement inactif. Une societe du groupe peut recevoir une facture qui concerne une autre entite.

En cas de litige, le tribunal competent dependra du contrat, de la clause attributive eventuelle, du siege des parties et de la nature du contentieux. Mais devant le tribunal de commerce de Paris, Nanterre, Bobigny, Creteil ou Versailles, les questions de preuve resteront tres concretes : quelle societe a commande, quelle societe devait payer, quel identifiant a ete utilise, quelle plateforme etait declaree et qui a ete alerte.

Pour une entreprise francilienne, la bonne preparation consiste donc a aligner trois documents : l’extrait Kbis ou les donnees Sirene, le contrat ou bon de commande, et les informations de reception de facture. Si ces trois niveaux ne correspondent pas, le risque de blocage augmente.

Les pieces a reunir si le paiement est deja bloque

Si une facture est deja bloquee, il faut reunir un dossier court et exploitable.

Ce dossier doit contenir le contrat, le bon de commande, la facture, les conditions de paiement, les preuves de livraison ou d’execution, les relances, les captures de statut de transmission, les messages d’erreur, les tickets ouverts aupres de la plateforme et les echanges avec l’expert-comptable ou le prestataire.

Il faut aussi conserver les elements qui montrent la correction : nouvelle adresse de routage, confirmation de la plateforme, retransmission de la facture, validation interne, mise en paiement ou contestation motivee.

Ce dossier permettra de choisir la bonne position. Il peut justifier une demande de retransmission, une contestation de penalites, une mise en demeure du prestataire, une negociation avec le fournisseur ou, si le litige s’aggrave, une action en paiement ou en responsabilite.

La reforme de la facturation electronique ne dispense pas les entreprises de payer ce qu’elles doivent. Mais elle impose de nouvelles preuves de transmission, de reception et de traitement. C’est sur ce terrain que les premiers contentieux vont se jouer.

Besoin d’un avis rapide sur votre dossier.

Vous avez une facture bloquee, une erreur d’annuaire ou un desaccord avec un fournisseur sur la reception d’une facture electronique.

Le cabinet peut organiser une consultation telephonique en 48 heures avec un avocat du cabinet.

Contactez-nous au 06 46 60 58 22 ou via notre formulaire de contact.

A Paris et en Ile-de-France, nous pouvons analyser les pieces, identifier le bon canal de reponse et securiser la position a adresser au fournisseur, au client ou au prestataire.

Envoyez vos pièces. Recevez une stratégie.

Transmettez les pièces de votre dossier au cabinet. Maître Reda KOHEN vous répond personnellement sous 24 heures avec une première analyse stratégique.

Première analyse offerte
Réponse personnelle sous 24 h
100 % confidentiel
Jusqu’à 1 Go de pièces

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Maître Reda Kohen, avocat en droit immobilier et droit des affaires à Paris

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture