Cabinet Kohen Avocats · Paris

Maître Reda KOHEN intervient en droit immobilier, droit des sociétés et droit des affaires à Paris. Première analyse offerte, réponse personnelle sous 24 heures.

100 % confidentiel · Secret professionnel · Sans engagement

Barreau de Paris Immobilier, sociétés, affaires Fiche CNB avocat.fr
Maître Reda KOHEN, avocat au Barreau de Paris
Maître Reda KOHEN
Avocat au Barreau de Paris

Pacte Dutreil 2026 : que faire avant une donation ou une succession d’entreprise ?

Depuis la loi de finances 2026, le Pacte Dutreil n’est plus seulement un sujet de transmission patrimoniale. Pour un dirigeant, un héritier ou un repreneur familial, c’est devenu un sujet de preuve : quels actifs sont réellement professionnels, qui conserve les titres, pendant combien de temps, et comment éviter qu’un contrôle fiscal remette en cause l’exonération de 75 % ?

Le sujet monte parce que beaucoup de familles actionnaires ont préparé leur transmission avec les anciennes habitudes : une holding familiale, des titres opérationnels, parfois de l’immobilier, des véhicules ou des actifs placés dans la société. Or le resserrement 2026 vise précisément les actifs qui ne servent pas exclusivement l’activité professionnelle et allonge l’engagement individuel de conservation. Avant de signer une donation, de déposer une déclaration de succession ou de restructurer une holding, il faut donc vérifier le dossier comme un dossier contentieux potentiel.

L’objectif pratique est simple : conserver l’avantage Dutreil lorsqu’il est justifié, éviter une donation fragile et préparer les pièces avant que l’administration ne les demande.

Ce qui change avec le Pacte Dutreil 2026

Le régime Dutreil reste fondé sur l’article 787 B du Code général des impôts : les parts ou actions d’une société exerçant une activité industrielle, commerciale, artisanale, agricole ou libérale peuvent bénéficier, sous conditions, d’une exonération partielle de droits de mutation à titre gratuit.

La réforme 2026 ne supprime pas le mécanisme. Elle le recentre sur l’entreprise opérationnelle. Deux points doivent être traités en priorité.

D’abord, l’assiette de l’exonération doit être purgée des actifs qui ne sont pas exclusivement affectés à l’activité professionnelle. En pratique, ce point vise les biens de confort ou de placement logés dans la société : logement non affecté à l’exploitation, objet d’art, véhicule de tourisme, bijou ou actif patrimonial détaché du besoin professionnel réel. Le risque n’est pas toujours la perte totale du régime, mais une discussion sur la fraction de valeur réellement exonérable.

Ensuite, la durée d’engagement individuel de conservation est portée de quatre à six ans. La famille ne doit donc plus raisonner seulement au jour de l’acte. Elle doit vérifier la capacité réelle des donataires ou héritiers à conserver les titres, à organiser les droits de vote, à financer les droits restants et à supporter une éventuelle mésentente familiale pendant une période plus longue.

Textes utiles : la loi de finances 2026, l’article 787 B du Code général des impôts et la doctrine BOFiP sur les transmissions d’entreprise sous Dutreil.

Les trois vérifications à faire avant de signer

La première vérification porte sur l’activité. Une société patrimoniale qui gère principalement son propre patrimoine mobilier ou immobilier ne se traite pas comme une société commerciale opérationnelle. Lorsqu’une holding est interposée, il faut pouvoir démontrer son rôle réel : animation du groupe, participation active à la conduite de la politique des filiales, services rendus, gouvernance, procès-verbaux, conventions et facturation cohérente.

La deuxième vérification porte sur les actifs. Il faut dresser un inventaire simple : actifs indispensables à l’exploitation, actifs utiles mais discutables, actifs clairement personnels ou somptuaires. Cette cartographie doit être rapprochée de la comptabilité, des immobilisations, des contrats de financement, des factures, des assurances et de l’usage effectif du bien. Un véhicule peut être professionnel dans un dossier et contestable dans un autre. Un immeuble peut être affecté à l’exploitation ou seulement logé dans la structure pour des raisons patrimoniales.

La troisième vérification porte sur les personnes. Qui signe l’engagement collectif ou unilatéral ? Qui exerce la fonction de direction exigée ? Qui reçoit les titres ? Les enfants ou héritiers veulent-ils conserver les titres pendant six ans ? Existe-t-il un pacte d’associés, des clauses d’agrément, des clauses de sortie, une assurance-décès ou une organisation du vote qui évite le blocage ? Le Dutreil échoue souvent moins par ignorance du taux de 75 % que par manque d’anticipation sur la gouvernance après transmission.

Donation, succession, holding : les situations les plus sensibles

La donation de titres est le cas le plus préparé. Elle permet de choisir le calendrier, de purger certains actifs en amont, de documenter l’activité et de bâtir une gouvernance familiale. Mais elle peut devenir dangereuse si elle est signée trop vite pour profiter du régime, sans audit des actifs ni simulation des obligations de conservation.

La succession est plus urgente. En cas de décès du dirigeant, les héritiers doivent souvent gérer en même temps l’entreprise, les banques, les associés, les salariés, le notaire et l’administration fiscale. Si aucun engagement n’a été préparé, il faut regarder très vite si un engagement post mortem est possible et si les conditions matérielles sont réunies. Le délai de réaction devient alors un enjeu de preuve.

La holding animatrice est le terrain le plus exposé. Une holding passive qui détient seulement des titres ou des actifs patrimoniaux ne suffit pas. Il faut des éléments concrets : stratégie de groupe, assistance administrative ou financière, direction effective, animation des filiales, moyens humains ou matériels, conventions et traces de décisions. La doctrine BOFiP sur la transmission de parts ou actions de sociétés doit être lue avec les pièces du dossier, pas comme une simple checklist fiscale.

Que faire si un actif risque d’être exclu ?

Il ne faut pas maquiller le dossier. Il faut qualifier l’actif et décider.

Si l’actif est réellement professionnel, il faut préparer la preuve : usage, affectation, contrat, photos, factures, assurance, amortissement, lien avec le chiffre d’affaires ou la production. Une simple inscription comptable ne suffit pas toujours à convaincre.

Si l’actif est mixte ou discutable, il faut chiffrer la fraction de valeur exposée et envisager une restructuration avant transmission. Cela peut passer par une cession, une distribution, un apport, une sortie de l’actif de la société ou une documentation plus solide de son affectation. Chaque option a des conséquences fiscales, sociales, bancaires et parfois commerciales.

Si l’actif est manifestement personnel, il vaut mieux l’identifier avant signature. Le danger n’est pas seulement le redressement fiscal. C’est aussi le conflit familial lorsque certains héritiers découvrent, après coup, que l’avantage annoncé ne couvre pas toute la valeur transmise.

Quels documents préparer avant le notaire ou l’administration ?

Un dossier Dutreil 2026 doit contenir plus qu’un acte de donation.

Il faut réunir les statuts, pactes d’associés, registres de mouvements de titres, procès-verbaux, organigramme capitalistique, comptes annuels, liste des immobilisations, conventions intragroupe, contrats de direction, baux, contrats de financement, attestations, justificatifs d’affectation des actifs et éléments prouvant l’activité opérationnelle.

Pour une holding, il faut ajouter les documents qui démontrent l’animation : décisions stratégiques, reporting groupe, conventions d’assistance, factures de services, comptes rendus de comités, échanges avec les filiales, preuve de moyens internes et décisions de gestion dépassant la simple détention de participations.

Pour les héritiers ou donataires, il faut documenter l’engagement de conservation, la fonction de direction lorsque nécessaire, les contraintes de liquidité, les clauses de sortie et les risques de cession forcée. Un divorce, une mésentente, un besoin de trésorerie ou une dette personnelle peuvent fragiliser l’engagement sur six ans.

Que faire si la donation est déjà signée ?

Il faut auditer le dossier sans attendre un contrôle. La première étape consiste à relire l’acte, les engagements, les attestations et les valeurs déclarées. La deuxième consiste à vérifier si les actifs discutables existaient déjà au jour de la transmission et s’ils étaient correctement qualifiés. La troisième consiste à préparer un dossier de preuves actualisé, surtout lorsque la société a évolué depuis l’acte.

Si une erreur est détectée, il faut arbitrer entre correction spontanée, documentation complémentaire, réorganisation future ou stratégie de défense. Le bon réflexe dépend du montant en jeu, de la nature de l’erreur, de la bonne foi du contribuable et du risque de remise en cause partielle ou totale.

L’erreur à éviter est d’attendre la proposition de rectification pour reconstruire l’histoire. En matière Dutreil, la preuve se prépare avant le débat fiscal.

Paris et Île-de-France : pourquoi anticiper avec plusieurs conseils

À Paris et en Île-de-France, les dossiers Dutreil concernent souvent des groupes familiaux, holdings, sociétés immobilières accessoires, sociétés commerciales avec actifs mixtes ou entreprises dont les héritiers ne travaillent pas tous dans l’activité. Le risque n’est pas uniquement fiscal : il touche aussi la gouvernance, les pactes d’associés, les baux commerciaux, les garanties bancaires et la sortie éventuelle d’un héritier.

Avant signature, il est utile de coordonner le notaire, l’expert-comptable, l’avocat fiscaliste et l’avocat en droit des affaires. Le notaire sécurise l’acte, l’expert-comptable chiffre les valeurs et les actifs, l’avocat fiscaliste anticipe l’assiette exonérable, et l’avocat d’affaires sécurise la gouvernance, les clauses d’agrément, les pouvoirs et les conflits d’associés.

Le cabinet peut intervenir sur ce dernier volet, en lien avec la page Droit des affaires du cabinet.

Checklist d’urgence avant une transmission Dutreil

Avant de signer, posez sept questions.

La société a-t-elle une activité opérationnelle clairement documentée ? Les actifs exclus ou discutables sont-ils identifiés et valorisés ? La holding, si elle existe, est-elle réellement animatrice ? Les donataires peuvent-ils conserver les titres pendant six ans ? La fonction de direction est-elle sécurisée ? Les pactes et statuts évitent-ils le blocage familial ? Les preuves sont-elles prêtes si l’administration demande le dossier dans plusieurs années ?

Si une seule réponse est incertaine, il faut ralentir la signature ou prévoir une clause de calendrier. Une transmission Dutreil réussie n’est pas celle qui obtient mécaniquement l’exonération de 75 % le jour de l’acte. C’est celle qui résiste à un contrôle fiscal et à un conflit familial plusieurs années plus tard.

Besoin d’un avis rapide sur votre dossier.

Vous préparez une donation de titres, une succession d’entreprise ou une restructuration de holding familiale.
Le cabinet propose une consultation téléphonique en 48 heures avec un avocat du cabinet pour identifier les risques de gouvernance, de preuve et de contentieux.

Appelez le 06 46 60 58 22 ou utilisez le formulaire de contact.

Pour les dossiers situés à Paris et en Île-de-France, l’analyse peut intégrer la compétence des juridictions commerciales, les statuts, les pactes d’associés et les risques de blocage familial.

Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Maître Reda Kohen, avocat en droit immobilier et droit des affaires à Paris

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture