Avocat conventions réglementées à Paris : sécuriser les contrats entre dirigeant, associé et société.

Dernière mise à jour le 1er mai 2026
Tribunal de commerce de Paris SAS SARL SA SASU Dirigeant Associé minoritaire Commissaire aux comptes

Une convention réglementée est un contrat conclu entre la société et l'un de ses dirigeants ou associés, ou une personne qui leur est liée. Elle doit suivre une procédure d'autorisation et d'approbation précise, sous peine de sanctions civiles et de mise en cause personnelle du dirigeant. Le cabinet identifié ces conventions dans le quotidien de l'entreprise, structure la procédure adaptée à la forme sociale, documente le prix de marché et défend le dirigeant ou l'associé contestataire devant le tribunal de commerce.

Toutes formes sociales SA, SAS, SARL, SCA, SCS
Dirigeant et associé Conseil et défense des deux côtés
Cabinet à Paris 17e 11 rue Margueritte, 75017
Audit annuel Recensement et procédure structurée

Convention réglementée : identifier le conflit d'intérêts

Une convention réglementée n'est pas un contrat exotique réservé aux grands groupes. C'est tout contrat passé entre la société et l'une des personnes qui la dirige, l'une des personnes qui la contrôle, ou une entreprise dans laquelle ces personnes sont elles-mêmes intéressées. Le mécanisme protège la société contre des contrats déséquilibrés négociés en interne, sans contrepoids du marché.

Le périmètre est défini par renvoi : article L. 225-38 du Code de commerce pour la SA, L. 227-10 pour la SAS, L. 223-19 pour la SARL. Le texte vise les conventions intervenues directement ou par personne interposée, ainsi que les conventions auxquelles le dirigeant est indirectement intéressé. C'est la zone grise la plus dangereuse : un bail signé avec une SCI familiale, une prestation facturée par une société soeur du dirigeant, un compte courant rémunéré par un associé majoritaire.

Quatre signaux qui doivent déclencher l'audit du cabinet

Bail entre société et dirigeant

Local loué à la société par le dirigeant, son conjoint ou une SCI familiale qu'il contrôle. Toujours une convention réglementée.

À documenter par expertise locative.

Prestation entre sociétés liées

Holding qui facture des frais de management à sa filiale. Convention réglementée si les dirigeants sont communs.

Justifier la réalité et le coût horaire.

Compte courant rémunéré

Avance d'un associé ou dirigeant à la société, avec intérêts. Le taux et la convention de blocage doivent être autorisés.

Référence taux fiscal maximum article 39.

Garantie ou caution personnelle

Société qui garantit l'engagement personnel du dirigeant ou inversement. Caractérise un intérêt indirect.

Vérifier la contrepartie pour la société.

Autorisation et approbation : respecter la procédure

La procédure se décline selon la forme sociale, mais elle suit toujours trois temps. Premier temps : information de l'organe collégial avant la signature. Deuxième temps : autorisation préalable du conseil d'administration ou du conseil de surveillance, lorsqu'il en existe un. Troisième temps : approbation a posteriori par les actionnaires ou les associés sur rapport spécial du commissaire aux comptes ou du président.

Pour la SA classique, le L. 225-38 impose l'autorisation préalable motivée du conseil d'administration. Pour la SAS, le L. 227-10 n'exige pas d'autorisation préalable, mais une présentation aux associés sur rapport. Pour la SARL, le L. 223-19 impose une approbation par l'assemblée, sans le vote du gérant ou de l'associé intéressé. Confondre les régimes coûte cher : un dirigeant qui applique le régime SAS à une SA s'expose à la nullité de la convention et à sa propre responsabilité.

Jurisprudence vérifiée

Cass. com., 17 septembre 2025, n° 23-20.052 (Kaeser compresseurs). La Cour casse l'arrêt qui avait écarté la responsabilité du dirigeant alors qu'il avait omis de solliciter l'autorisation préalable du conseil de surveillance pour une convention dont il était intéressé. Elle juge que « le non-respect de la procédure des conventions réglementées constitue, en soi, une infraction aux dispositions législatives applicables en la matière et une faute au sens de l'article L. 225-251 ». Aucun élément supplémentaire de dissimulation n'est exigé. Lire la décision sur courdecassation.fr.

Pièces à préparer pour passer la convention en règle

Dirigeant TPE/PME

Liste des sociétés dans lesquelles il détient une participation, mandats sociaux, conventions signées au nom de la société sur les trois derniers exercices.

Erreur fréquente : ne pas signaler les sociétés liées au commissaire aux comptes.

Associé minoritaire

Procès-verbaux des assemblées, rapports spéciaux du commissaire aux comptes des cinq dernières années, statuts à jour, courriers d'opposition.

Erreur fréquente : agir hors délai de prescription.

Commissaire aux comptes

Conventions communiquées par le dirigeant, projet de rapport spécial, courriers d'alerte, échanges avec la direction.

Erreur fréquente : recevoir l'information trop tard pour rédiger le rapport.

Holding ou société soeur

Convention de prestations, time sheets, factures, méthode de calcul des honoraires, comparaison avec un coût de marché.

Erreur fréquente : facturer sans formaliser le périmètre.

Bail, prestation, compte courant : cas fréquents

Trois schémas concentrent la majorité des dossiers reçus au cabinet. Chacun appelle un traitement précis : qualifier la convention, choisir la procédure et documenter le prix de marché. Le réflexe inverse, qui consiste à laisser courir parce que la convention paraît bénigne, est celui qui aboutit aux contentieux les plus durs deux ou trois exercices plus tard.

Trois dossiers traités récemment

SCI familiale qui loue 38 000 euros par an à la SAS

Dirigeant fondateur d'une SAS qui loue son local commercial à sa propre SAS via une SCI familiale détenue avec son conjoint. Convention soumise au régime de l'article L. 227-10. Avis d'expert immobilier obtenu, prix de marché documenté à 38 000 euros par an pour 180 m² en zone Paris 11e. Convention présentée aux associés sur rapport, validée sans observation.

Honoraires : forfait 3 200 euros HT pour audit, expertise et rapport.

Compte courant non rémunéré, contestation 145 000 euros

Compte courant d'associé alimenté par le gérant majoritaire d'une SARL pour un solde moyen de 480 000 euros, sans intérêts. Contestation par l'associé minoritaire au motif d'absence d'approbation et d'opacité. Convention requalifiée puis annulée par jugement, condamnation au remboursement de 145 000 euros au titre du préjudice. Le cabinet a défendu l'associé minoritaire victorieux.

Procédure de quatorze mois devant le tribunal de commerce de Paris.

Management fees holding-filiale, 240 000 euros, indemnité 88 000 euros

Holding qui facture 240 000 euros annuels de prestations de direction à sa filiale opérationnelle, sans détail des temps passés ni effectivité prouvée. Requalification fiscale partielle obtenue par l'administration, action en responsabilité du dirigeant intéressé pour faute de gestion, indemnisation de la filiale pour 88 000 euros. Le cabinet a structuré la transaction pour solder le contentieux.

Transaction signée en huit mois sans plaider.

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Décider en fonction de votre situation

Ce tableau résume les arbitrages les plus fréquents observés en cabinet sur les dossiers de conventions réglementées. Chaque ligne décrit une situation concrète, le risque associé, le document qui le couvre et la décision à prendre.

Situation Risque principal Document à prévoir Décision recommandée
Bail signé avec une SCI du dirigeant ou de son conjoint Loyer hors prix de marché et nullité de la convention Expertise locative, rapport spécial du commissaire aux comptes Documenter le prix de marché et passer la convention en assemblée
Holding qui facture des management fees à la filiale Requalification fiscale et action en responsabilité du dirigeant Convention de prestations, time sheets, comparables marché Formaliser la convention et tenir un suivi mensuel des temps
Compte courant d'associé rémunéré ou bloqué Avantage indu reproché au gérant majoritaire Convention de compte courant, justificatif du taux de marché Faire approuver chaque année le solde et les conditions
Augmentation de la rémunération exceptionnelle du dirigeant Confusion entre rémunération institutionnelle et convention Décision de l'organe compétent, motivation, comparables sectoriels Distinguer la fixation par l'assemblée et la convention spécifique
Cession d'un actif de la société à une société soeur Vente à prix avantageux et faute de gestion Évaluation indépendante, autorisation préalable motivée Faire évaluer par un expert tiers et documenter la procédure
Garantie de la société pour un emprunt personnel du dirigeant Contrepartie absente et risque pénal d'abus de bien social Convention détaillant l'intérêt social, autorisation expresse Refuser sauf contrepartie réelle pour la société et autorisation

Convention interdite ou non approuvée : mesurer le risque

Le droit distingue trois statuts. La convention courante conclue à des conditions normales sort du régime contraignant : elle suit le régime ordinaire. La convention réglementée non approuvée produit néanmoins ses effets, mais expose la personne intéressée et les dirigeants à la réparation des conséquences dommageables pour la société. La convention interdite, par exemple un emprunt accordé par la société à son dirigeant personne physique, est nulle de plein droit.

Pour la SA, l'article L. 225-42 permet l'annulation de la convention conclue sans autorisation préalable du conseil d'administration si elle a eu des conséquences dommageables. L'action se prescrit par trois ans à compter de la convention, sauf dissimulation. La nullité peut être couverte par un vote ultérieur de l'assemblée sur rapport spécial. Pour la SAS et la SARL, la convention non approuvée n'est pas annulée mais la responsabilité du dirigeant intéressé reste engagée.

Jurisprudence vérifiée

Cass. com., 4 mai 2010, n° 09-13.205 (publiée au Bulletin). La Cour juge que « la détermination de la rémunération du gérant d'une société à responsabilité limitée par l'assemblée des associés ne procédant pas d'une convention, le gérant peut, s'il est associé, prendre part au vote ». La fixation de la rémunération du gérant se distingue donc du régime des conventions réglementées de l'article L. 223-19. Lire la décision sur courdecassation.fr.

Ce que le cabinet vérifie avant d'agir

Forme sociale exacte

SA, SAS, SARL, SCA. Le régime applicable change le plafond et la procédure.

Date de signature

Date exacte pour calculer la prescription triennale et identifier la dissimulation éventuelle.

Existence d'un préjudice

Conséquences dommageables pour la société, chiffrées et documentées.

Possibilité de régularisation

Vote ultérieur de l'assemblée sur rapport spécial pour couvrir la nullité.

Preuve du prix de marché : documenter avant contestation

Le contentieux des conventions réglementées tourne souvent moins sur le défaut de procédure que sur le déséquilibre économique. Une convention validement approuvée mais conclue à un prix anormal expose le dirigeant à la responsabilité civile et, dans certains cas, à des qualifications pénales. La preuve du prix de marché est donc le coeur de la défense. Elle se construit en amont, pas après l'assignation.

Trois piliers documentaires permettent de tenir la position. Premier pilier : une étude indépendante (expert immobilier, expert-comptable, conseil sectoriel) datée d'avant la signature de la convention. Deuxième pilier : la traçabilité de la prestation effectivement fournie, notamment via un suivi des temps pour les management fees. Troisième pilier : la cohérence avec les conditions pratiquées avec des tiers comparables. L'absence d'un seul de ces piliers fragilise l'ensemble.

Comment le cabinet vous accompagne

Audit du périmètre des conventions

Recensement des conventions sur les trois derniers exercices, qualification (courante / réglementée / interdite).

Construction du dossier de prix de marché

Pilotage des expertises, time sheets, comparables, mémo de motivation pour le procès-verbal d'autorisation.

Procédure d'autorisation et d'approbation

Rédaction du procès-verbal d'autorisation préalable et coordination du rapport spécial du commissaire aux comptes.

Régularisation des conventions antérieures

Mise en place d'une assemblée de couverture sur rapport spécial pour les conventions non approuvées dans les délais.

Défense en contentieux

Représentation devant le tribunal de commerce de Paris en demande (associé minoritaire) ou en défense (dirigeant).

Pour aller plus loin sur la gouvernance d'entreprise

Cette page traite spécifiquement les conventions réglementées. Pour les autres sujets de gouvernance, le cabinet a publié plusieurs dossiers thématiques. Choisissez le dossier qui correspond à votre besoin opérationnel.

Une convention non documentée aujourd'hui devient une faute de gestion demain. Mieux vaut quelques heures d'audit en amont qu'un contentieux de plusieurs années sur des conventions de routine.

Quelques chiffres utiles aux conventions réglementées

3 ans Prescription action en nullité SA Article L. 225-42, à compter de la convention sauf dissimulation.
10 % Seuil actionnaire visé Article L. 225-38, fraction des droits de vote déclenchant le régime.
5 ans Prescription action en responsabilité Article 2224 du Code civil pour les actions personnelles ou mobilières.
0 vote Voix du dirigeant intéressé Article L. 223-19, le gérant ou associé intéressé ne vote pas.

La timeline d'une convention réglementée

Une convention réglementée suit un ordre chronologique précis selon la forme sociale. Sauter une étape ou inverser l'ordre fragilise la convention et expose le dirigeant à sa responsabilité personnelle.

Identification du caractère réglementé

Audit du périmètre par renvoi au L. 225-38, L. 227-10 ou L. 223-19 selon la forme sociale.

Information du conseil et du commissaire aux comptes

Communication du projet de convention, des conditions financières et de l'intérêt pour la société.

Autorisation préalable motivée

Pour la SA : conseil d'administration ou de surveillance. Pour la SAS, étape facultative selon les statuts.

Signature de la convention

Mention dans le procès-verbal d'autorisation, conservation de la documentation prix de marché.

Rapport spécial et approbation par les associés

Présentation à l'assemblée générale annuelle sur rapport du commissaire aux comptes ou du président.

Suivi annuel et révision

Renouvellement de l'autorisation chaque exercice pour les conventions à exécution successive.

Maître Reda Kohen, avocat en droit des sociétés à Paris

Le cabinet

Maître Reda Kohen, avocat à Paris

Inscrit au Barreau de Paris, le cabinet accompagne dirigeants, associés et commissaires aux comptes sur les conventions réglementées. La pratique couvre l'audit du périmètre, la procédure d'autorisation, la documentation du prix de marché, la régularisation des conventions antérieures et le contentieux devant le tribunal de commerce de Paris.

Barreau de Paris Droit des sociétés Gouvernance Contentieux commercial

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Questions fréquentes sur les conventions réglementées

Quelle différence entre une convention courante et une convention réglementée ?

Une convention courante est conclue dans le cours normal de l'activité de la société et à des conditions habituelles du marché. Elle échappe à la procédure d'autorisation et d'approbation des conventions réglementées (article L. 227-11 pour la SAS, article L. 225-39 pour la SA). Une convention réglementée concerne au contraire un acte non habituel ou conclu à des conditions spécifiques : bail entre le dirigeant et la société, prestations entre sociétés liées, garantie de la société pour un emprunt personnel du dirigeant. La frontière n'est pas toujours évidente : un loyer pratiqué au prix de marché peut être courant, le même loyer surévalué bascule en convention réglementée.

Qui doit approuver la convention réglementée selon la forme sociale ?

En SA classique, l'autorisation préalable revient au conseil d'administration ou au conseil de surveillance, l'approbation finale à l'assemblée générale ordinaire sur rapport spécial du commissaire aux comptes (article L. 225-38). En SAS, il n'y a pas d'autorisation préalable obligatoire, sauf clause statutaire spécifique : les associés statuent sur rapport du commissaire aux comptes ou du président (article L. 227-10). En SARL, l'assemblée des associés statue sur rapport du gérant ou du commissaire aux comptes ; le gérant ou l'associé intéressé ne prend pas part au vote (article L. 223-19).

Que se passe-t-il si la convention réglementée n'est pas approuvée ?

La convention non approuvée produit néanmoins ses effets : elle n'est pas annulée automatiquement. Mais la personne intéressée et, le cas échéant, les autres dirigeants supportent les conséquences dommageables pour la société (article L. 227-10 pour la SAS, article L. 223-19 pour la SARL). En SA, l'article L. 225-42 permet à la société d'agir en nullité dans un délai de trois ans à compter de la convention, prolongé en cas de dissimulation. La nullité peut être couverte par un vote ultérieur de l'assemblée sur rapport spécial.

Comment prouver qu'une convention est conclue au prix de marché ?

La preuve repose sur trois piliers documentaires datés d'avant la signature. Premier pilier : une étude indépendante (expertise immobilière, avis d'expert sectoriel, étude de prix de transfert). Deuxième pilier : la traçabilité de la prestation effectivement fournie, notamment par des time sheets pour les management fees et un suivi mensuel de l'exécution. Troisième pilier : la comparaison avec les conditions pratiquées avec des tiers comparables. L'absence d'un seul de ces piliers fragilise la défense en cas de contestation.

Un dirigeant peut-il être indirectement intéressé à une convention ?

Oui, et c'est le cas le plus fréquent. L'article L. 225-38 vise expressément les conventions auxquelles le dirigeant est indirectement intéressé. Sont concernées : les conventions avec une société dans laquelle le dirigeant détient une participation, occupe un mandat social ou a un conjoint impliqué ; les conventions avec un proche parent ; les conventions avec une SCI familiale dont le dirigeant ou son conjoint est associé. Le dirigeant qui doute doit faire trancher la qualification par le conseil ou le commissaire aux comptes avant la signature.

Une holding qui facture des management fees à sa filiale est-elle concernée ?

Très souvent oui. Si le dirigeant de la filiale est aussi associé ou dirigeant de la holding, la convention de prestations entre dans le périmètre de l'article L. 227-10 (SAS) ou L. 223-19 (SARL). Cette convention doit être documentée par un contrat précis, des time sheets justifiant les diligences réelles, une méthode de tarification cohérente avec un coût de marché, et une approbation annuelle. À défaut, la convention s'expose à la requalification fiscale et à l'action en responsabilité du dirigeant intéressé pour faute de gestion.

Le compte courant d'associé est-il une convention réglementée ?

Le compte courant d'associé en lui-même n'est pas systématiquement une convention réglementée, mais ses modalités le sont presque toujours. La convention de blocage, la rémunération à un taux supérieur au taux fiscal, la stipulation d'une garantie ou la fixation de conditions de remboursement doivent suivre la procédure des conventions réglementées. En SARL, l'avance non rémunérée d'un gérant non associé est soumise à approbation préalable. La pratique du cabinet : faire approuver chaque année les conditions du compte courant en même temps que les comptes annuels.

Quelle est la prescription pour contester une convention réglementée ?

Pour la SA, l'action en nullité de la convention conclue sans autorisation préalable se prescrit par trois ans à compter de la convention (article L. 225-42). Si la convention a été dissimulée, le délai court à compter de la révélation. Pour l'action en responsabilité contre le dirigeant intéressé, la prescription quinquennale de l'article 2224 du Code civil s'applique. L'associé minoritaire qui découvre une convention suspecte doit donc agir rapidement, en commençant par une expertise de gestion (article L. 223-37 pour la SARL, L. 225-231 pour la SA).

Quel rôle joue le commissaire aux comptes ?

Le commissaire aux comptes établit le rapport spécial sur les conventions réglementées présenté à l'assemblée. Ce rapport décrit les conventions, indique leur objet, les conditions essentielles et l'identité des personnes intéressées. Le commissaire ne porte pas de jugement sur l'opportunité de la convention, il informe les associés. En l'absence de commissaire aux comptes, c'est le président qui établit ce rapport en SAS. Un rapport bâclé ou incomplet expose le commissaire à une responsabilité civile et professionnelle, et fragilise la convention.

Peut-on régulariser une convention oubliée ?

Oui, dans plusieurs cas. Pour la SA, la nullité d'une convention non autorisée peut être couverte par un vote ultérieur de l'assemblée générale sur rapport spécial du commissaire aux comptes exposant les circonstances. Pour la SAS et la SARL, la convention non approuvée n'est pas nulle ; il suffit de la présenter à la prochaine assemblée pour qu'elle soit régulièrement approuvée. La régularisation n'efface toutefois pas la responsabilité éventuelle du dirigeant pour les conséquences dommageables déjà subies.

Quelles conventions sont totalement interdites ?

L'article L. 225-43 (SA) et L. 223-21 (SARL) interdisent à la société de consentir aux dirigeants personnes physiques (et à certains proches) un emprunt, un découvert en compte courant ou une caution. Ces conventions sont nulles de plein droit, sans possibilité de couverture par une approbation ultérieure. L'interdiction ne concerne pas les dirigeants personnes morales (sociétés mères, holdings). Pour la SAS, les statuts peuvent prévoir des interdictions équivalentes.

La rémunération du dirigeant est-elle une convention réglementée ?

Non, lorsque la rémunération est fixée par l'organe collégial compétent (assemblée des associés en SARL, conseil d'administration ou assemblée en SA selon les statuts). La Cour de cassation l'a clairement jugé (Cass. com., 4 mai 2010, n° 09-13.205). Le dirigeant peut donc participer au vote sur sa propre rémunération en SARL, à condition qu'il s'agisse d'une fixation institutionnelle. En revanche, une convention spécifique sur un avantage particulier (stock-options, retraite chapeau, indemnité de départ) bascule dans le régime des conventions réglementées.

Une convention avec un actionnaire détenant 5 % est-elle visée ?

Non. Le seuil légal est fixé à 10 % des droits de vote. Seules les conventions conclues entre la société et un actionnaire dépassant ce seuil entrent dans le périmètre de l'article L. 225-38 (SA) ou L. 227-10 (SAS). En SARL, le régime vise tous les associés sans condition de seuil (article L. 223-19). Cette différence est cruciale : un actionnaire minoritaire d'une SAS qui détient 7 % peut conclure librement une convention avec la société, alors qu'un associé de SARL est toujours soumis à la procédure.

Quel est le coût d'un audit des conventions réglementées par le cabinet ?

Les honoraires varient selon le périmètre et le nombre de conventions à auditer. Pour une PME standard avec 5 à 15 conventions sur trois exercices, le forfait s'établit autour de 3 000 à 6 500 euros HT pour un audit complet, la qualification et un mémo de régularisation. Pour un groupe avec holding et plusieurs filiales, la mission passe en facturation au temps passé avec budget plafonné. Le contentieux est facturé séparément, en fonction de l'enjeu et de la juridiction. Un devis détaillé est remis après une première analyse du dossier.

Le tribunal de commerce de Paris est-il compétent pour les contentieux ?

Oui, lorsque la société a son siège dans le ressort. Le tribunal de commerce de Paris est compétent pour les actions en nullité d'une convention réglementée, l'action en responsabilité contre le dirigeant intéressé et l'expertise de gestion. Pour les sociétés siégeant hors Île-de-France, le tribunal de commerce du siège est compétent. Les pactes d'actionnaires peuvent prévoir une clause attributive de compétence ou d'arbitrage. Le cabinet plaide régulièrement devant le tribunal de commerce de Paris en demande comme en défense.