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MaPrimeRénov’ bailleur 2026 : obligation de louer, remboursement et hausse de loyer

Depuis la réouverture du guichet MaPrimeRénov’ le 23 février 2026, de nombreux propriétaires bailleurs relancent des travaux dans un logement loué ou destiné à être loué. La question n’est plus seulement de savoir si la prime peut être obtenue. Il faut aussi vérifier ce que le bailleur devra faire après les travaux.

Le point sensible est simple : lorsqu’un propriétaire bailleur touche MaPrimeRénov’, il prend des engagements. Il doit louer le logement comme résidence principale dans un délai précis. Il doit conserver cette location pendant plusieurs années. Il doit informer le locataire. Il ne peut pas utiliser la totalité du coût des travaux subventionnés pour justifier une hausse de loyer.

Ces obligations sont souvent découvertes trop tard. Le bailleur a déposé son dossier, signé le devis, fait intervenir l’entreprise RGE, puis il vend le bien, le laisse vacant, le transforme en location courte durée ou augmente le loyer comme si l’aide publique n’existait pas. Le risque est alors financier : remboursement partiel de la prime, contestation du locataire, dossier Anah fragilisé et litige sur les justificatifs.

Le cabinet intervient en droit immobilier pour vérifier les dossiers de travaux, les baux, les aides Anah et les recours lorsque le bailleur ou le locataire conteste les conséquences de MaPrimeRénov’.

Un propriétaire bailleur peut demander MaPrimeRénov’

MaPrimeRénov’ n’est pas réservée au propriétaire occupant. La fiche officielle de Bercy sur MaPrimeRénov’ parcours par geste rappelle que l’aide est accessible aux propriétaires occupants et aux propriétaires bailleurs, sous conditions.

Le logement doit être occupé comme résidence principale. Pour un bailleur, cela signifie que le logement rénové doit être destiné à la location d’habitation principale, et non à un usage librement interchangeable. La location saisonnière, la résidence secondaire, le logement laissé vide ou la mise à disposition ponctuelle ne sécurisent pas l’engagement attendu.

Le logement doit aussi remplir les conditions propres au parcours choisi. Pour le parcours par geste, Bercy indique notamment que le logement doit être construit depuis au moins quinze ans en métropole, sauf exception liée au remplacement d’une chaudière au fioul. Les travaux doivent en principe être réalisés par une entreprise RGE lorsque cette qualification est exigée.

Le dépôt du dossier est une étape décisive. La demande de subvention doit être déposée avant le démarrage des travaux. L’accusé de réception du dossier ne vaut pas accord définitif de l’Anah. Un bailleur prudent attend la décision d’octroi avant de lancer le chantier, sauf situation expressément admise pour certains travaux urgents.

Le bailleur doit louer dans l’année suivant le paiement du solde

La règle la plus importante concerne le délai de mise en location. Pour MaPrimeRénov’ parcours par geste, la fiche Bercy précise que le propriétaire bailleur dispose d’un délai maximum d’un an à compter de la demande de paiement du solde de la prime pour louer le logement rénové.

Ce délai doit être compris concrètement. Il ne suffit pas d’avoir un projet locatif. Il faut pouvoir démontrer que le logement est effectivement loué comme résidence principale dans le délai requis. Le bail, l’état des lieux d’entrée, l’attestation d’assurance habitation, les quittances et les échanges avec le locataire deviennent des pièces utiles.

Le bailleur doit donc anticiper la commercialisation du logement. S’il attend la fin du chantier pour découvrir que le logement n’est pas louable, que le DPE reste insuffisant, que la copropriété bloque certains travaux ou que le marché local ne permet pas de trouver rapidement un locataire, il prend un risque sur son engagement.

Dans un dossier contentieux, la chronologie compte :

  • date de dépôt de la demande MaPrimeRénov’ ;
  • date de décision d’octroi ;
  • date de démarrage des travaux ;
  • date de facture ;
  • date de demande de paiement du solde ;
  • date de signature du bail ;
  • date d’entrée effective du locataire.

Cette chronologie permet de vérifier si le bailleur est dans les temps ou s’il doit préparer une explication documentée.

L’engagement de location dure six ans

Le bailleur ne doit pas seulement louer rapidement. Il doit s’engager à louer le bien comme résidence principale pendant six ans. Si cet engagement n’est pas respecté, l’aide peut être remise en cause.

La même fiche officielle précise que le non-respect de l’engagement expose le bailleur au remboursement d’une partie de l’aide versée pour chaque année non louée. Le risque n’est donc pas théorique. Il peut apparaître si le bailleur vend le logement, reprend le bien pour lui-même, le transforme en meublé touristique, le laisse vacant après le départ du locataire ou change d’affectation sans vérifier les conséquences.

Le bailleur doit aussi surveiller les événements qui paraissent indépendants de sa volonté. Un locataire peut donner congé. Des travaux complémentaires peuvent devenir nécessaires. Une copropriété peut retarder un chantier en parties communes. Un arrêté administratif peut perturber l’occupation. Ces événements doivent être documentés. Il faut conserver les annonces de relocation, les mandats d’agence, les échanges avec les candidats, les devis et les justificatifs de démarches.

En pratique, si le logement cesse d’être loué, le bailleur ne doit pas rester silencieux. Il doit reconstituer le dossier et vérifier s’il existe une obligation d’information ou une demande à adresser à l’Anah. Plus le dossier est traité tard, plus la discussion se réduit à une contestation de remboursement.

Le locataire doit être informé des travaux financés

Le propriétaire bailleur doit informer son locataire que des travaux financés par MaPrimeRénov’ parcours par geste ont été réalisés. Cette information n’est pas une formalité secondaire. Elle sert à rendre le dossier transparent, notamment lorsque les travaux ont une incidence sur la jouissance du logement, les charges, le confort thermique ou la discussion sur le loyer.

L’information doit être écrite. Un mail peut suffire s’il est clair et conservé. Pour un dossier sensible, une lettre recommandée ou un courrier remis contre signature peut être plus prudent.

Le courrier doit indiquer :

  • la nature des travaux réalisés ;
  • la période du chantier ;
  • les entreprises intervenues ;
  • le fait que MaPrimeRénov’ a financé une partie des travaux ;
  • les conséquences pratiques pour le locataire ;
  • les documents utiles si le locataire les demande.

Le bailleur doit éviter les formulations vagues. « Des travaux de rénovation ont été faits » ne dit pas grand-chose. Il vaut mieux écrire que les fenêtres ont été remplacées, que la ventilation a été modifiée, qu’un système de chauffage a été installé ou qu’un audit a accompagné les travaux.

Cette information protège aussi le bailleur. Si le locataire conteste ensuite une hausse de loyer, un trouble de jouissance ou une retenue liée au chantier, le bailleur pourra montrer ce qui a été fait, quand et avec quelle aide.

Peut-on augmenter le loyer après des travaux financés par MaPrimeRénov’ ?

Le bailleur ne peut pas raisonner comme si l’aide publique n’avait pas existé. Bercy indique que, si le propriétaire bailleur envisage de réévaluer le loyer, il doit déduire le montant de MaPrimeRénov’ du montant des travaux d’amélioration ou de mise en conformité justifiant cette réévaluation.

Autrement dit, la prime ne doit pas servir deux fois : une première fois pour financer les travaux, une seconde fois pour augmenter le loyer sur la base d’un coût que le bailleur n’a pas intégralement supporté.

Exemple simple. Un bailleur réalise 12 000 euros de travaux. Il reçoit 4 000 euros de MaPrimeRénov’. S’il invoque ces travaux pour discuter le loyer, il ne peut pas présenter les 12 000 euros comme une dépense entièrement restée à sa charge. La base utile doit être retraitée de l’aide reçue.

La question de la hausse de loyer dépend ensuite du bail, de la date, du type de location, de la zone géographique, de l’encadrement applicable et des règles propres aux logements énergivores. À Paris et dans plusieurs communes d’Île-de-France, l’encadrement des loyers et les règles sur les compléments de loyer imposent une vérification plus fine.

Le bailleur doit donc préparer un dossier de calcul :

  • bail en cours ;
  • dernier loyer appliqué ;
  • indice de révision éventuel ;
  • factures de travaux ;
  • montant exact de la prime ;
  • autres aides reçues ;
  • DPE avant et après travaux ;
  • courrier adressé au locataire.

Un locataire qui reçoit une hausse de loyer après des travaux subventionnés peut demander le détail. Si la réponse ne distingue pas le coût réel supporté par le bailleur et la part financée par l’aide, la contestation devient plus sérieuse.

Quand le remboursement de la prime peut devenir un vrai risque

Le remboursement partiel peut se discuter dans plusieurs situations. La plus évidente est l’absence de location dans le délai d’un an. Une autre situation fréquente concerne l’interruption de la location avant la fin des six ans.

Le risque peut aussi apparaître lorsque les pièces remises dans le dossier ne correspondent pas à la réalité. Un devis trop vague, une facture différente, une entreprise non qualifiée lorsqu’elle devait l’être, des travaux commencés avant l’accord sans exception applicable ou une occupation non conforme peuvent fragiliser le dossier.

Il faut distinguer deux litiges.

D’abord, le litige avec l’administration ou l’Anah. Il porte sur l’octroi, le paiement, le contrôle ou la restitution de l’aide. Il nécessite de reprendre le dossier administratif, les notifications, les conditions de l’aide et les justificatifs.

Ensuite, le litige avec le locataire. Il peut porter sur la hausse de loyer, la décence du logement, les troubles pendant les travaux, la baisse de charges attendue, la performance énergétique ou l’information donnée. Ce litige relève davantage du bail d’habitation et des preuves échangées entre bailleur et locataire.

Les deux dossiers se croisent souvent. Un bailleur qui a mal informé son locataire peut aussi avoir mal préparé son dossier Anah. Un locataire qui conteste une hausse de loyer peut révéler que l’aide n’a pas été correctement déduite du coût invoqué.

MaPrimeRénov’, DPE et passoires thermiques : attention aux raccourcis

MaPrimeRénov’ ne dispense pas le bailleur des règles de location applicables au logement. Si le logement reste énergétiquement fragile après les travaux, il faut vérifier sa classe DPE, sa décence énergétique et les restrictions applicables aux logements classés F ou G.

Le sujet est d’autant plus sensible que les règles de rénovation énergétique ont été modifiées en 2026. Bercy rappelle que le guichet a rouvert pour l’ensemble des ménages et des parcours, mais aussi que certains gestes ne sont plus financés depuis le 1er janvier 2026 dans le parcours par geste. Le bailleur ne doit donc pas reprendre un ancien plan de financement sans vérifier les règles actuelles.

Si le dossier porte sur un logement classé F ou G, il faut lire ensemble :

  • la notification MaPrimeRénov’ ;
  • le DPE ;
  • les devis ;
  • le bail ;
  • l’éventuel congé ou renouvellement ;
  • les règles de hausse de loyer ;
  • les restrictions propres aux logements énergivores.

Le cabinet a déjà traité les conséquences d’une hausse de loyer sur un logement F ou G dans un article dédié : DPE 2026 et hausse de loyer : recours du locataire. Pour un bailleur, le bon réflexe consiste à vérifier le DPE avant de promettre une rentabilité ou une revalorisation de loyer.

Paris et Île-de-France : les points de vigilance pour un bailleur

À Paris et en Île-de-France, MaPrimeRénov’ bailleur se combine souvent avec trois difficultés : copropriété, encadrement des loyers et tension locative.

En copropriété, certains travaux privatifs supposent une coordination avec le syndic, l’assemblée générale ou les parties communes. Une ventilation, une évacuation, une isolation, un chauffage ou des menuiseries peuvent toucher l’aspect extérieur ou les équipements collectifs. Le bailleur doit vérifier le règlement de copropriété et les autorisations nécessaires avant de signer les devis.

En zone soumise à encadrement des loyers, le bailleur doit vérifier le loyer de référence, le loyer majoré, l’existence éventuelle d’un complément de loyer et les règles applicables à la révision. Les travaux financés en partie par MaPrimeRénov’ ne permettent pas de contourner ces règles.

Enfin, la tension locative ne dispense pas de respecter l’engagement de location. Le bailleur doit pouvoir prouver ses démarches si le logement n’est pas loué immédiatement. Une annonce, un mandat d’agence, des visites, des candidatures refusées pour motif objectif et des échanges datés peuvent aider à expliquer une période de vacance.

Les pièces à préparer avant de demander ou contester l’aide

Avant de déposer un dossier ou de répondre à une demande de remboursement, le bailleur doit réunir :

  • le titre de propriété ;
  • le bail en cours ou le projet de bail ;
  • le DPE ;
  • les devis signés ;
  • les qualifications RGE des entreprises ;
  • la décision d’octroi de MaPrimeRénov’ ;
  • les factures ;
  • la demande de paiement du solde ;
  • le justificatif de versement de la prime ;
  • le courrier d’information au locataire ;
  • les preuves de mise en location ;
  • les échanges avec l’Anah ou France Rénov’.

Si le litige porte sur le loyer, il faut ajouter le bail, les quittances, les révisions déjà appliquées, les travaux invoqués et le calcul de la hausse proposée.

Si le litige porte sur le remboursement de la prime, il faut reconstituer la chronologie exacte. Les dates sont souvent plus importantes que les explications générales.

Que faire si le dossier est déjà fragile ?

Le bailleur doit d’abord éviter les décisions irréversibles. Vendre le bien, transformer la location en meublé touristique, augmenter le loyer ou relouer sous un autre régime sans analyse peut aggraver le risque.

La première étape consiste à relire la notification d’aide et les engagements signés. La deuxième consiste à comparer ces engagements avec la situation réelle du logement. La troisième consiste à écrire un tableau simple : engagement, preuve disponible, difficulté, action corrective.

Si le locataire conteste, il faut répondre par écrit, produire les éléments utiles et éviter les calculs approximatifs. Si l’Anah demande des explications ou un remboursement, il faut respecter les délais de réponse et joindre les pièces dans un ordre clair.

Un dossier MaPrimeRénov’ bailleur se gagne rarement par une formule générale. Il se sécurise par les pièces : bail, dates, factures, preuve de location, information du locataire et calcul du loyer.

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Le cabinet peut organiser une consultation téléphonique en 48 heures avec un avocat pour vérifier un dossier MaPrimeRénov’ bailleur, une demande de remboursement, une hausse de loyer après travaux ou un litige avec le locataire.

Pour un logement situé à Paris ou en Île-de-France, l’objectif est de contrôler les engagements de location, les pièces Anah, le DPE, le bail et les recours possibles avant qu’une erreur administrative ne devienne un contentieux.

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Source : Cour de cassation – Base Open Data « Judilibre » & « Légifrance ».

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